Imaginez. La neige immaculée des Dolomites. Des athlètes en tenue impeccable. Et au milieu, une ombre qui s’étend : celle du fascisme. En 1941, l’Italie organise un événement sportif qui ressemble à s’y méprendre à des Jeux Olympiques. Mais derrière les médailles, se cache une bien sombre réalité.
Des Jeux Olympiques... sans l’être vraiment
L’idée ? Un championnat du monde de ski nordique à Cortina d’Ampezzo. Officiellement, c’est une compétition sportive comme une autre. Sauf qu’en 1941, l’Italie fasciste a déjà d’autres ambitions. Le pays devait accueillir les Jeux Olympiques d’hiver de 1944, mais la guerre en décide autrement. Résultat : Mussolini et ses alliés nazis transforment cet événement en vitrine de leur propagande.
On pourrait se demander pourquoi le ski ? Parce que c’est un sport qui se pratique en altitude, dans des paysages grandioses. Parfait pour impressionner. Parfait pour montrer une Italie forte, unie, victorieuse. Autant dire que les performances sportives passent au second plan.
(D’ailleurs, saviez-vous que Cortina est aujourd’hui une station huppée ? Un lieu de villégiature pour les stars et les milliardaires. Difficile d’imaginer que ce même endroit a servi de décor à une telle mascarade.)
La propagande sur la neige
Les organisateurs ont tout fait pour que cet événement ressemble à des Jeux Olympiques. Drapeaux, cérémonies, compétitions. Sauf qu’il y a un hic : seuls les pays de l’Axe sont invités. L’Allemagne nazie, bien sûr. Mais aussi la Finlande, la Suède, la Suisse, la Hongrie, la Roumanie. Bref, une belle brochette de régimes autoritaires ou neutres.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance est particulière. Les athlètes sont là, mais ils savent très bien pourquoi ils sont venus. C’est un peu comme si on leur disait : « Montrez au monde que vous êtes les meilleurs. Et surtout, montrez que nos régimes sont les plus forts. »
Et puis, côté organisation, c’est du grand spectacle. On construit des infrastructures, on aménage des pistes. Tout est fait pour impressionner. Pour montrer que l’Italie fasciste est capable de grandes choses. Même si, en réalité, c’est surtout une façon de détourner l’attention des difficultés économiques et des tensions politiques.
Un héritage trouble
Aujourd’hui, quand on parle de Cortina 1941, c’est surtout pour rappeler à quel point le sport peut être instrumentalisé. Ces « mini-JO » ont servi de vitrine à des régimes qui ont ensuite commis des crimes contre l’humanité. Difficile de ne pas y penser quand on voit les images d’archives.
Et puis, il y a cette question qui revient sans cesse : comment des athlètes ont-ils pu participer à un tel événement ? Certains l’ont fait par conviction. D’autres par peur. D’autres encore parce qu’ils n’avaient pas le choix. Bref, c’est tout le paradoxe du sport sous les régimes autoritaires.
Le truc, c’est que ces Jeux ont laissé une trace. Pas seulement dans l’histoire du sport, mais aussi dans celle de l’Italie. Parce que Cortina, aujourd’hui, c’est avant tout une station de ski de luxe. Un lieu où les riches viennent se détendre. Difficile d’imaginer que ce même endroit a servi de décor à une telle mascarade.
Et maintenant ?
Alors, que retenir de Cortina 1941 ? D’abord, que le sport n’est jamais neutre. Ensuite, que l’histoire a tendance à se répéter. Et enfin, que même dans les moments les plus sombres, il y a toujours des gens qui résistent.
Alors, la prochaine fois que vous irez skier à Cortina, pensez-y. Pensez à ces athlètes qui ont dû participer à une compétition qui n’en était pas vraiment une. Pensez à ces régimes qui ont utilisé le sport pour servir leurs intérêts. Et surtout, pensez à ce que cela signifie pour aujourd’hui.
L’Italie devait accueillir les Jeux Olympiques d’hiver de 1944, mais la guerre en a décidé autrement. Mussolini a alors transformé cet événement en une vitrine de propagande pour le régime fasciste et ses alliés nazis. C’était une façon de montrer la force et l’unité de l’Italie, malgré les difficultés économiques et politiques.
Seuls les pays de l’Axe ou neutres ont été invités. On y trouvait l’Allemagne nazie, la Finlande, la Suède, la Suisse, la Hongrie et la Roumanie. C’était une façon de montrer l’alliance entre ces régimes et de les présenter comme des modèles de force et de réussite.
Aujourd’hui, Cortina est une station de ski de luxe, connue pour ses paysages grandioses et son ambiance chic. Difficile d’imaginer que ce même endroit a servi de décor à une telle mascarade. Pourtant, l’histoire est là, et elle rappelle à quel point le sport peut être instrumentalisé.
