Le chanteur italien Cosmo, figure incontournable de la scène indé transalpine, sort un nouvel album intitulé La Fonte. Selon Courrier International, cet opus marque un virage artistique vers une pop plus sensuelle et apaisée, loin des rythmes percutants de ses précédents travaux comme Cosmotronic ou L’ultima festa.
Ce qu'il faut retenir
- Cosmo, de son vrai nom Marco Jacopo Bianchi, publie La Fonte, un album électro-pop introspectif après des années de musique électronique plus énergique.
- L’artiste, âgé de 44 ans, annonce une tournée uniquement composée de concerts matinaux, une surprise pour son public habitué aux soirées tardives.
- Dans cet album, Cosmo aborde des thèmes comme la résilience et l’espoir, notamment dans le titre La fine, où il évoque la difficulté d’abandonner face à la destruction humaine.
- Plusieurs médias italiens, dont La Stampa et Il Corriere della Sera, saluent la maturité de l’artiste et la simplicité de La Fonte, loin des excès de l’actualité.
- Cosmo reste engagé politiquement, ayant milité contre l’interdiction des rave-parties sous le gouvernement de Georgia Meloni en 2022.
Un album né d’une période tourmentée
Pour Cosmo, La Fonte est bien plus qu’un simple projet musical : c’est une forme de thérapie. Dans une interview accordée à Il Corriere della Sera, l’artiste explique que cet opus reflète son besoin de se recentrer dans un contexte mondial agité. « Pour moi, cet album est une sorte de thérapie, dans laquelle je peux me lover dans une période aussi tourmentée », déclare-t-il. Le morceau La fine incarne cette quête de sens, où il affirme que « ce qui me console, c’est de savoir qu’il est impossible d’abandonner, car si une partie de l’humanité s’adonne à sa destruction, ce n’est pas le cas de tous les autres, qui s’y opposent. »
Ce titre, selon La Stampa, rappelle l’esprit musical des années 1980 en Italie, mêlant nostalgie et modernité. L’album puise son inspiration dans le folktronica, un genre associant sons acoustiques et numériques, popularisé par des artistes comme Lucio Battisti ou Enzo Carella. Pourtant, Cosmo y ajoute une touche contemporaine, notamment grâce à l’usage marqué du vocodeur.
Une tournée matinale, entre paradoxe et engagement
Autant dire que Cosmo n’a jamais été un artiste facile à cerner. Ni tout à fait mainstream, ni totalement underground, il a toujours refusé d’être enfermé dans une case. Avec La Fonte, il assume pleinement cette ambiguïté en proposant une tournée où les concerts ne débuteront qu’à huit heures du matin. Une initiative qui surprend, alors que l’artiste a toujours été associé aux nuits italiennes et aux rave-parties.
Pourtant, cette décision s’inscrit dans une logique cohérente. Cosmo a toujours vu la fête comme un espace d’union et de joie, et il souhaite désormais transmettre cette énergie dès le réveil. « Je fais de la chanson italienne », défend-il dans Il Corriere della Sera. « J’ai toujours été catégorisé un peu à part, comme celui qui ‘fait du son électronique’, mais en réalité, je fais de la chanson italienne. » Une façon de rappeler que son art transcende les étiquettes.
Cette tournée matinale n’est pas non plus un renoncement à ses convictions. Cosmo reste un militant engagé, notamment contre les politiques répressives du gouvernement Meloni. En 2022, il s’était élevé contre l’interdiction des rave-parties, un combat qui lui tient à cœur. Refusant le soft clubbing, une tendance actuelle qui prône des soirées plus douces, il préfère tracer sa propre voie.
Un refuge face au vacarme du monde
Pour La Voce, un journal piémontais où Cosmo a grandi, La Fonte est un « lieu symbolique, presque nécessaire : un espace dans lequel faire une pause pour récupérer de l’énergie, de la lucidité, du sens ». L’album célèbre l’amitié, l’amour, le rêve et la fraternité, devenant ainsi une réponse implicite au vacarme du temps présent. « Le choix de s’extraire d’une époque qui pousse à l’excès », souligne le journal.
Selon La Stampa, l’opus est conçu avec élégance et s’inscrit dans la continuité des meilleurs titres de Cosmo, tout en marquant une évolution vers une pop plus mature. Le titre même de l’album, La Fonte (« La Source »), évoque un retour aux fondamentaux, loin des tendances éphémères. « Cet album ne court pas après l’actualité mais la traverse de part en part et opte pour le chemin le plus difficile : celui de la simplicité », analyse La Voce.
Entre héritage et modernité
Dans un paysage musical italien marqué par les excès et les courants éphémères, Cosmo se distingue par sa capacité à mêler héritage et innovation. La Fonte incarne cette dualité : un album introspectif, presque intimiste, où les rythmes lents et les mélodies douces rappellent les grands noms de la chanson italienne du XXe siècle. Pourtant, l’utilisation du vocodeur et des arrangements modernes ancrent l’œuvre dans son époque.
Pour La Stampa, cet opus rappelle l’esprit des années 1980, une période où la pop italienne flirtait avec l’électronique sans jamais perdre sa dimension mélodique. Cosmo y ajoute une touche personnelle, celle d’un artiste qui a toujours navigué entre deux mondes. « J’ai toujours été catégorisé un peu à part, comme celui qui ‘fait du son électronique’, mais en réalité je fais de la chanson italienne », rappelle-t-il.
Avec La Fonte, Cosmo signe un album qui interroge autant qu’il console. Entre nostalgie et modernité, l’artiste propose une pause bienvenue dans un monde bruyant. Reste à savoir si cette douceur suffira à séduire un public habitué à l’énergie de ses anciens travaux.
L’artiste a expliqué vouloir transmettre une énergie positive dès le réveil, en phase avec la dimension apaisante de son nouvel album. Cette décision reflète aussi sa volonté de se réinventer et de surprendre son public, tout en restant fidèle à sa vision de la fête comme espace d’union et de joie.