Alors que 42 sélections nationales sont déjà qualifiées pour la Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, six places restent encore à attribuer, selon nos confrères de France 24. Ces ultimes billets seront décernés lors des barrages européens et intercontinentaux, qui opposeront 22 nations d’ici le mois de juin 2026. Parmi les candidats en lice, des équipes aussi variées que l’Irak, la Bolivie ou le Suriname pourraient rejoindre des géants du football comme la France, déjà qualifiée dans le groupe I.
Ce qu'il faut retenir
- La Coupe du monde 2026 comptera 48 équipes pour la première fois de son histoire, contre 32 auparavant.
- 42 sélections sont déjà qualifiées, laissant 6 places à pourvoir via les barrages européens et intercontinentaux.
- Les barrages mettront aux prises 22 équipes, dont 12 en Europe et 10 sur les autres continents.
- Le groupe I, où évolue la France, pourrait voir son effectif complété par l’un des trois pays cités en exemple : Irak, Bolivie ou Suriname.
- Les matchs de barrage sont programmés entre le 17 et le 30 juin 2026, avec des enjeux géopolitiques et sportifs majeurs.
Un format inédit pour la Coupe du monde 2026 : 48 équipes en compétition
Cette édition 2026 marquera un tournant historique pour la Coupe du monde, puisque l’organisateur a choisi d’élargir le plateau à 48 nations, une première depuis la création du tournoi en 1930. Ce changement, validé par la FIFA en 2017, vise à rendre la compétition plus inclusive et à offrir davantage de chances aux fédérations émergentes. Quatre places supplémentaires ont été attribuées par rapport à l’édition 2022 au Qatar, où 32 équipes s’étaient affrontées. Parmi les nouveaux venus attendus, on compte notamment des sélections africaines et asiatiques, tandis que l’Europe, avec ses 16 places, reste la confédération la plus représentée. Les barrages, qui se déroulent en deux phases distinctes – européenne et intercontinentale –, jouent un rôle clé dans cette équation complexe.
Côté calendrier, la compétition débutera le 11 juin 2026 avec un match d’ouverture aux États-Unis, avant de se conclure le 19 juillet sur une finale qui pourrait se tenir à New York, Los Angeles ou Toronto. Pour les 22 équipes engagées dans les barrages, l’enjeu est double : décrocher le dernier sésame pour le Mondial tout en évitant la honte d’une élimination à ce stade. Depuis 1998, année où le tournoi a été étendu à 32 équipes, les barrages ont toujours été un passage obligé pour les outsiders en quête d’un billet historique.
Les barrages européens : un parcours semé d’embûches pour 12 prétendants
En Europe, les barrages concernent 12 équipes issues des éliminatoires directs, réparties en trois voies distinctes. Ces dernières ont été déterminées en fonction des résultats des groupes de qualification. Parmi les favoris, on retrouve des habitués des grands tournois comme le Portugal, les Pays-Bas ou l’Italie, mais aussi des surprises comme la Turquie ou l’Ukraine, en pleine reconstruction après des années de conflits. Les matchs, joués en matches aller-retour, promettent des affrontements tendus, notamment pour les équipes issues de groupes serrés en qualifications. Par exemple, la Belgique, malgré sa « génération dorée », a dû passer par les barrages pour se qualifier en 2022, une expérience qui l’a rappelée à l’ordre.
Les trois vainqueurs de chaque voie se qualifieront directement. En cas d’égalité après les deux matchs, la règle des buts marqués à l’extérieur – encore en vigueur en 2026, bien que menacée d’abandon à l’avenir – pourrait jouer un rôle décisif. L’UEFA, qui supervise ces barrages, a confirmé que les dates retenues sont les 26 et 31 mars 2026 pour les demi-finales et finales, avec des matchs à enjeu fort sur le plan tactique et psychologique. Pour les nations comme la France, déjà qualifiée, ces barrages seront l’occasion d’observer de près les forces en présence avant le tirage au sort du Mondial, prévu pour décembre 2025.
Les barrages intercontinentaux : des duels planétaires pour les derniers billets
Du côté des barrages intercontinentaux, l’enjeu est tout aussi crucial : dix équipes issues de cinq confédérations différentes s’affrontent pour décrocher les trois dernières places disponibles. Le format, mis en place pour équilibrer les chances entre continents, prend la forme de matches à élimination directe. Les confédérations concernées sont l’Afrique (CAF), l’Asie (AFC), l’Amérique du Nord/Centrale/Caraïbes (CONCACAF), l’Amérique du Sud (CONMEBOL) et l’Océanie (OFC). Parmi les confrontations les plus attendues, on citera le duel entre l’Australie et le Pérou, ou encore celui opposant le Costa Rica à la Nouvelle-Zélande, deux rencontres qui pourraient rebattre les cartes dans les groupes déjà très compétitifs.
Ces barrages, souvent négligés par les médias européens, revêtent une importance symbolique pour les fédérations moins favorisées. Par exemple, le Suriname, petit pays d’Amérique du Sud de moins de 600 000 habitants, n’a plus participé à une Coupe du monde depuis 1978. Sa qualification en 2026 serait un exploit historique, tout comme celle de l’Irak, dont le football national a connu des hauts et des bas depuis les années 2000. La FIFA a d’ailleurs mis en avant lors de son dernier congrès que ces barrages permettaient de « démocratiser » l’accès à la Coupe du monde, un argument repris par Gianni Infantino, président de l’instance, pour justifier l’augmentation du nombre de participants.
Qui sont les favoris et les outsiders dans ce marathon des barrages ?
Côté européens, les observateurs s’attendent à une domination des grandes nations, mais avec des surprises possibles. Le Portugal, mené par Bernardo Silva et Bruno Fernandes, part favori dans sa voie, tout comme les Pays-Bas, malgré une génération moins flamboyante qu’à l’accoutumée. L’Italie, championne d’Europe en 2021, devra quant à elle se méfier de l’Ukraine, dont le football a connu un renouveau spectaculaire ces dernières années. L’Ukraine, finaliste surprise de l’Euro 2024, a démontré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures, mais les barrages restent une épreuve redoutable, où la moindre erreur se paie cash.
Sur le continent sud-américain, la Bolivie et le Venezuela sont les deux outsiders les plus en vue pour décrocher le dernier billet intercontinental. La Bolivie, dont le stade de La Paz (3 600 m d’altitude) est réputé pour son effet dissuasif, mise sur son collectif pour surprendre des nations comme le Chili ou l’Équateur. Du côté de l’Asie, l’Australie, qui a intégré la confédération asiatique en 2006, reste une valeur sûre, tout comme l’Iran, dont l’équipe féminine a marqué l’histoire en se qualifiant pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2021. Enfin, en Afrique, le Sénégal et le Maroc, deux équipes déjà présentes au Qatar, sont parmi les favoris pour représenter le continent.
« Les barrages sont une épreuve de vérité. Pour les petites nations, c’est souvent l’occasion de réaliser un exploit, mais pour les grandes, c’est un piège où l’on peut se faire surprendre. »
— Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France
Les enjeux géopolitiques et sportifs derrière ces barrages
Au-delà de l’aspect purement sportif, les barrages de 2026 revêtent une dimension géopolitique non négligeable. En Europe, la guerre en Ukraine a perturbé les éliminatoires, avec des matchs joués à l’étranger pour certaines équipes, comme la Biélorussie. L’UEFA a dû adapter son règlement, autorisant par exemple les sélections à jouer dans des stades neutres pour des raisons de sécurité. Ces ajustements rappellent que le football, même à ce niveau, n’est pas épargné par les tensions internationales.
En Amérique du Sud, la Bolivie et le Venezuela incarnent des trajectoires opposées : la première, malgré une économie fragile, mise sur son football pour se donner une visibilité, tandis que le Venezuela, riche en pétrole, investit massivement dans ses infrastructures sportives depuis les années 2010. Ces barrages sont aussi un test pour la FIFA, qui a promis une Coupe du monde « accessible » aux nations en développement. Avec six places à pourvoir, l’instance dirigeante devra veiller à ce que ces matchs soient équitables et médiatisés, sous peine de voir certains supporters et médias remettre en cause la légitimité du processus.
Une question reste en suspens : ces barrages parviendront-ils à offrir aux outsiders une chance réelle de briller, ou les grandes nations confirmeront-elles leur domination ? Une chose est sûre : pour l’Irak, la Bolivie ou le Suriname, l’opportunité est historique, et chaque match pourrait entrer dans la légende.
L’extension à 48 équipes a été validée par la FIFA en 2017 pour « rendre le tournoi plus inclusif et spectaculaire ». Cette décision s’inscrit dans une logique de croissance du football mondial, avec l’émergence de nouvelles nations, notamment en Afrique et en Asie. Elle permettra aussi d’augmenter les revenus commerciaux, un argument économique non négligeable pour l’instance dirigeante.
Les barrages européens se dérouleront les 26 et 31 mars 2026 pour les demi-finales et finales, tandis que les barrages intercontinentaux auront lieu entre le 17 et le 30 juin 2026. Ces fenêtres ont été choisies pour éviter les conflits avec d’autres compétitions majeures comme l’Euro 2024 ou la Gold Cup.
