Près de trois mois après l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a causé la mort de 41 personnes et fait 115 blessés le 1er janvier 2026, une imposture vient d’être révélée. Selon Le Figaro, un jeune homme de 20 ans s’est fait passer pour un pompier volontaire ayant intervenu sur les lieux du drame, en se rapprochant notamment de proches de victimes.
Ce qu'il faut retenir
- Un jeune homme de 20 ans s’est fait passer pour un pompier intervenu lors de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, selon Le Figaro.
- Il a approché plusieurs familles de victimes dès début janvier, affirmant avoir perdu deux amis dans l’incendie ou avoir été secouriste sur place.
- En réalité, il se trouvait à une fête à Anzère, à une vingtaine de kilomètres du lieu du drame, comme il l’a reconnu.
- Il s’est fait tatouer la date du 1er janvier 2026 et a participé à l’organisation d’un concert de soutien avant que sa supercherie ne soit découverte début mars.
- Une famille de victime a exprimé son pardon envers lui, malgré le préjudice causé.
Une supercherie révélée après trois mois d’infiltration
Dès le début du mois de janvier, le jeune homme, qui utilisait le prénom d’emprunt « Quentin », s’est insinué dans l’entourage de plusieurs familles endeuillées par le drame. Il s’est présenté tantôt comme un secouriste mobilisé sur les lieux de l’incendie, tantôt comme un client du bar ayant échappé aux flammes après y avoir perdu deux amis. Son infiltration a été si poussée qu’il accompagnait quotidiennement l’une de ces familles dans ses démarches administratives et judiciaires.
La supercherie a finalement été démasquée début mars, alors qu’il participait à l’organisation d’un concert de soutien prévu le 19 mars en mémoire des victimes. Un rappeur programmé pour l’événement a découvert la vérité, entraînant l’annulation immédiate du concert. Contacté par 24 Heures, relayé par Le Figaro, le jeune homme a reconnu avoir « pété un plomb » dans « une période compliquée ».
Des aveux et une explication psychologique
Lors de son entretien avec 24 Heures, il a confirmé ne pas s’être trouvé à Crans-Montana le soir du Nouvel An. « J’étais à une fête à Anzère le soir du drame et pas à Crans-Montana », a-t-il déclaré. Pourtant, il avait poussé le vice jusqu’à se faire tatouer la date du 1er janvier 2026, affirmant que « ce moment fait désormais partie de [sa] vie ».
Selon un psychiatre cité par Blick, ce type de comportement pourrait relever d’un mécanisme d’identification à une « communauté de victimes », déjà observé après certains attentats, comme ceux du Bataclan. Bien que son attitude ait pu causer du tort aux familles, l’une d’entre elles a indiqué au jeune homme lui pardonner, tout en saluant le soutien qu’il avait apporté.
Un soutien controversé auprès des familles de victimes
Le jeune homme avait notamment accompagné des proches de victime lors de l’audition mouvementée de Jessica Moretti, figure médiatique liée à l’affaire. Son rôle ambigu a soulevé des questions sur ses motivations réelles. Malgré l’impact émotionnel de son imposture, la famille qui l’a le plus soutenu a choisi de lui accorder son pardon. « Il nous a apporté un certain réconfort dans cette épreuve », a-t-on pu entendre de leur part, sans que leur identité ne soit révélée.
Cette affaire intervient alors que l’enquête sur les causes de l’incendie, dont les origines restent floues, continue de mobiliser les autorités suisses. Plusieurs négligences ont été pointées du doigt, notamment dans la gestion des issues de secours du bar Le Constellation.
Le contexte de l’incendie et ses conséquences
L’incendie du bar Le Constellation, survenu dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, reste l’un des drames les plus meurtriers de Suisse ces dernières années. Les investigations ont révélé des dysfonctionnements dans la sécurité du établissement, mais aucune cause définitive n’a encore été établie. Les familles des victimes, ainsi que les survivants, continuent de réclamer justice et transparence.
Dans ce climat de deuil et d’incompréhension, l’imposture du jeune homme a ajouté une dimension supplémentaire de souffrance pour certaines victimes indirectes. Son comportement, bien que condamné moralement, soulève des interrogations sur les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans de telles situations.
Cette affaire rappelle également les dérives possibles après des drames collectifs, où la frontière entre soutien authentique et récupération personnelle peut devenir ténue. Les associations de victimes appellent désormais à une vigilance accrue pour éviter de nouvelles manipulations.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a été rendue publique concernant d’éventuelles poursuites. Les autorités suisses n’ont pas encore communiqué sur une éventuelle enquête ou sanction à son encontre, comme le rapporte Le Figaro.
L’enquête se poursuit, avec pour objectif de déterminer les causes exactes du sinistre. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant plusieurs mois, selon les informations disponibles.
