Les crises sont omniprésentes dans notre quotidien. Politiques, sociales, économiques, géopolitiques, mais aussi personnelles et familiales. Elles se superposent, s'entrelacent et deviennent de moins en moins intelligibles. Selon nos confrères de Le Monde, le journaliste et essayiste Patrice Bollon explore cette notion complexe dans son dernier ouvrage.
Son livre, « Crise. Le mot, la chose, l’histoire », publié aux Éditions du Cerf, propose une analyse précise et informée de cette notion. Un modèle d'un genre rare, à mi-chemin entre érudition et actualité, qui débroussailles une idée que l'on croit comprendre.
Ce qu'il faut retenir
- Les crises sont devenues omniprésentes et complexes.
- Le terme « crise » vient du grec ancien et désigne un jugement.
- La médecine antique a adopté ce terme pour décrire un tournant décisif dans une maladie.
- La crise peut être une perturbation passagère ou une modification durable.
- Patrice Bollon explore ces ambiguïtés dans son dernier ouvrage.
L'origine du terme « crise »
L'histoire du terme commence chez les Grecs. Le substantif krisis, dérivé du verbe krinô (« séparer », « discerner », « juger »), désigne en premier lieu un jugement venant trancher un conflit. Du registre de la décision divine, on est vite passé au verdict des tribunaux : entre deux positions antagonistes dans un procès, cette krisis-sentence donne victoire à l’une au détriment de l’autre.
La médecine antique, depuis Hippocrate jusqu’à Galien, s’empare de ce terme juridique et lui offre une carrière distincte. Dans l’évolution d’une maladie, la « crise » incarne un tournant décisif, l’instant « critique » qui va déboucher sur la guérison ou sur la mort.
La préhistoire médicale de la notion
Dans cette préhistoire médicale de la notion, des ambiguïtés cruciales se repèrent déjà. En effet, si l’on admet qu’une rupture d’équilibre déclenche la dynamique de la crise, celle-ci peut-elle revenir à l’état initial ou bien produit-elle un nouvel ordre des choses ?
En d'autres termes, la crise est-elle perturbation passagère, destinée à s’effacer, ou modification durable, installant une organisation nouvelle ? Ces équivoques anciennes ne cesseront de hanter les différents usages modernes de la notion.
Les ambiguïtés de la crise
Ces ambiguïtés sont au cœur de l'analyse de Patrice Bollon. Le journaliste et essayiste explore les différentes facettes de la notion de crise, révélant ses facettes et ambiguïtés. Son ouvrage redessine, mine de rien, nos cartes mentales.
Bollon répond de manière précise, informée et éclairante aux questions sur la notion de crise. Son livre est un modèle d'un genre assez rare, à mi-chemin entre érudition et actualité.
La sortie du livre de Patrice Bollon marque une étape importante dans la compréhension de la notion de crise. Ses travaux pourraient influencer les futures recherches et discussions sur le sujet.
La notion de crise désigne un jugement venant trancher un conflit. Elle peut être une perturbation passagère ou une modification durable, installant une organisation nouvelle.
Les crises peuvent être politiques, sociales, économiques, géopolitiques, mais aussi personnelles et familiales. Elles se superposent, s'entrelacent et deviennent de moins en moins intelligibles.
