Des chercheurs japonais et allemands ont mis au point une méthode permettant de doubler la production d'électricité des panneaux solaires, selon Frandroid. Leur innovation repose sur la récupération de l'énergie habituellement dissipée sous forme de chaleur, un phénomène jusqu'ici considéré comme une limite physique inévitable.
Ce qu'il faut retenir
- Une équipe internationale de chercheurs japonais et allemands a développé une technologie pour doubler l'efficacité des panneaux solaires.
- La méthode consiste à capter l'énergie perdue en chaleur, un processus normalement irrécupérable.
- Cette avancée pourrait rendre les installations solaires deux fois plus rentables pour une même surface.
- Les résultats ont été publiés après des années de recherche dans le domaine des matériaux photovoltaïques.
Une percée scientifique dans le photovoltaïque
L'équipe de chercheurs, composée de scientifiques de l'Université de Tokyo et de l'Institut de technologie de Karlsruhe en Allemagne, a réussi à surmonter un obstacle majeur de l'industrie solaire. Jusqu'à présent, les panneaux solaires convertissaient seulement 15 à 22 % de l'énergie solaire reçue en électricité, le reste étant perdu sous forme de chaleur. « Nous avons trouvé un moyen de récupérer cette énergie thermique sans altérer le rendement électrique », a expliqué le Pr. Hiroshi Amano, spécialiste des matériaux à l'Université de Tokyo et co-auteur de l'étude. Cette méthode repose sur l'utilisation de matériaux thermoélectriques intégrés aux cellules solaires classiques.
Un processus innovant pour maximiser le rendement
Le système développé par les chercheurs combine deux technologies. D'abord, une couche de cellules photovoltaïques classiques capte la lumière du soleil pour produire de l'électricité. Ensuite, un matériau thermoélectrique, placé en dessous, récupère la chaleur résiduelle et la convertit également en électricité. « En superposant ces deux technologies, nous obtenons un rendement global supérieur à 40 %, contre 20 % en moyenne aujourd'hui », a précisé le Dr. Michael J. Reece, chercheur à l'Institut de technologie de Karlsruhe. Les tests en laboratoire ont confirmé une augmentation de 100 % de la production d'énergie pour une surface identique.
Des implications majeures pour l'industrie solaire
Cette avancée pourrait bouleverser le marché du solaire, actuellement freiné par le coût élevé des installations et leur rendement limité. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le solaire photovoltaïque représentait en 2025 près de 5 % de la production mondiale d'électricité. Avec cette nouvelle technologie, le solaire pourrait devenir encore plus compétitif face aux énergies fossiles. « Si cette méthode est industrialisée, elle pourrait réduire de moitié le temps de retour sur investissement des panneaux solaires », a indiqué un analyste du secteur, sous couvert d'anonymat. Les chercheurs travaillent désormais à la mise au point d'un prototype à grande échelle pour 2027.
Cette innovation intervient dans un contexte où la demande en énergies renouvelables ne cesse de croître. En Europe, la part du solaire dans le mix énergétique devrait atteindre 15 % d'ici 2030, selon les projections de la Commission européenne. Les acteurs du secteur suivent de près ces avancées, qui pourraient leur permettre de répondre aux objectifs climatiques fixés par l'Accord de Paris.
En attendant, les chercheurs appellent à la prudence. « Il reste des défis techniques et économiques à relever avant une adoption massive », a rappelé le Pr. Amano. Une chose est sûre : cette découverte ouvre une nouvelle voie pour l'industrie solaire, promettant des installations plus performantes et plus accessibles.
Non, pour l'instant cette technologie en est au stade de la recherche. Les prototypes industriels ne devraient pas être disponibles avant 2027 ou 2028, selon les chercheurs.
