Des chercheurs du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer de Johns Hopkins, aux États-Unis, ont développé des exercices d'entraînement visuel qui pourraient réduire significativement le risque de démence. Ces exercices, similaires à des jeux sur ordinateur, visent à améliorer les capacités cognitives et ont montré des effets concrets sur la réduction du risque de démence.
À quoi ressemblent ces exercices de vitesse pour le cerveau ?
À la fin des années 90, les chercheurs américains ont recruté 2802 volontaires âgés de 65 ans et plus. Ces participants ont suivi des exercices d'entraînement à la vitesse de traitement pendant cinq semaines. Certains ont également bénéficié de quelques séances de rappel trois ans plus tard. Ces exercices consistent à repérer rapidement des détails visuels sur un écran d'ordinateur et à gérer des tâches de plus en plus complexes en un temps donné. Le logiciel adapte la difficulté en fonction des performances de chaque participant : plus la personne réussit, plus les stimuli se multiplient et plus le temps de réponse est raccourci.
Des résultats prometteurs après 20 ans de suivi
Les volontaires ont été suivis pendant 20 ans pour évaluer l'impact de ces exercices sur le développement de maladies neurodégénératives. Selon les résultats de l'étude, 40 % des participants ayant suivi un entraînement de vitesse et des séances de renforcement ont reçu un diagnostic de démence. À titre de comparaison, 49 % du groupe témoin ont développé une démence. Ces résultats suggèrent que ces exercices pourraient avoir un impact significatif sur la réduction du risque de démence.
Des exercices adaptés à chaque participant
Les chercheurs pensent que l'efficacité de ces exercices réside dans leur caractère adaptatif. Le programme ajuste le niveau de difficulté en fonction des performances de chaque participant. Les personnes les plus performantes passent à des tâches plus complexes, tandis que celles qui ont besoin de plus de temps travaillent à un rythme plus lent. Cette approche personnalisée permet de maintenir la motivation et l'engagement des participants.
Une intervention non pharmacologique prometteuse
"C'est remarquable, car cela suggère qu’une intervention non pharmacologique relativement modeste peut avoir des effets à long terme", explique la Dre Marilyn Albert, auteure principale de l’étude et directrice du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer de Johns Hopkins. "Il est possible que l’ajout de cet entraînement cognitif aux interventions visant à modifier les habitudes de vie puisse retarder l’apparition de la démence, même si cela reste à démontrer."
Perspectives et éléments à suivre
Ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses pour la prévention de la démence. Les chercheurs envisagent d'explorer davantage les mécanismes sous-jacents à ces effets bénéfiques et de développer des programmes d'entraînement cognitif accessibles à un plus large public. Les prochaines étapes pourraient inclure des études cliniques plus vastes et des analyses approfondies des données recueillies.
Les exercices utilisés dans cette étude sont des exercices d'entraînement à la vitesse de traitement. Ils consistent à repérer rapidement des détails visuels sur un écran d'ordinateur et à gérer des tâches de plus en plus complexes en un temps donné. Le logiciel adapte la difficulté en fonction des performances de chaque participant.
L'entraînement dure cinq semaines, avec des séances de rappel pour certains participants trois ans plus tard. Les exercices sont structurés de manière à augmenter progressivement la difficulté en fonction des performances de chaque participant.
Les prochains pas pour cette recherche incluent des études cliniques plus vastes et des analyses approfondies des données recueillies. Les chercheurs envisagent également de développer des programmes d'entraînement cognitif accessibles à un plus large public.
