Le président américain Donald Trump a affiché publiquement son désaccord avec le pape Léon XIV, hier dimanche 12 avril 2026, après une allocution du souverain pontife appelant à la fin des conflits armés dans le monde. Selon Le Figaro, le chef de l’État républicain a qualifié Léon XIV de « libéral » et de « personne qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité », tout en l’accusant de soutenir indirectement des régimes hostiles aux États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a déclaré qu’il n’était « pas un grand fan » du pape Léon XIV, lors d’une conférence de presse à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland.
  • Le président américain a reproché au souverain pontife son positionnement sur l’arme nucléaire iranienne et son opposition à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier 2026.
  • Léon XIV avait appelé samedi à un arrêt des conflits et dénoncé « l’idolâtrie du moi et de l’argent » ainsi que « les démonstrations de force » lors d’une veillée de prière pour la paix au Vatican.
  • Trump a publié un long message sur Truth Social, où il a accusé le pape de rencontrer des sympathisants de Barack Obama et de critiquer systématiquement sa politique.
  • Depuis son élection en mai 2025, Léon XIV, premier pape américain de l’histoire, a adopté une posture critique envers certaines décisions de l’administration Trump tout en maintenant le dialogue.

Une critique publique et directe du souverain pontife

Lors d’un déplacement à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, Donald Trump a pris la parole devant les journalistes pour commenter l’allocution de Léon XIV. Le président républicain a déclaré : « Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très libéral, et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité. » Il a ajouté que le pape « fait joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire », en faisant référence à l’Iran. Selon Le Figaro, ces propos ont été tenus alors que le Vatican venait de publier un message appelant à la fin des hostilités dans plusieurs régions du monde, notamment au Moyen-Orient.

Quelques heures plus tard, Donald Trump a prolongé sa critique sur Truth Social, le réseau social qu’il utilise pour s’exprimer directement. Il y a accusé le pape Léon XIV de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien, d’avoir critiqué l’intervention militaire américaine au Venezuela en janvier 2026 et d’entretenir des liens avec des sympathisants de l’ex-président démocrate Barack Obama. Le président a également reproché au souverain pontife de « critiquer le président des États-Unis », alors que lui-même affirme agir « exactement pour ce pour quoi il a été élu », à savoir réduire la criminalité et relancer l’économie.

Léon XIV dénonce les logiques de guerre et les inégalités

De son côté, Léon XIV a adopté un ton solennel lors de la veillée de prière pour la paix organisée samedi 11 avril 2026 à la basilique Saint-Pierre de Rome. Le pape, premier pontife américain de l’histoire, a appelé à un sursaut moral face aux conflits qui déchirent le monde. « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerres ! La véritable force se manifeste en servant la vie », a-t-il lancé devant une assemblée de fidèles et de dignitaires religieux. Il a également interpellé les dirigeants mondiaux : « Il existe des responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations. Arrêtez ! Il est temps de faire la paix ! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à celle où se planifient le réarmement et les actions meurtrières. »

Le pape n’a cité aucun pays ni aucun responsable politique par son nom, conformément à une tradition diplomatique du Vatican. Cependant, ses propos ont été interprétés comme une critique voilée de la politique étrangère américaine, notamment sur les questions de désarmement et de gestion des crises internationales. Depuis son élection en mai 2025, Léon XIV a régulièrement adopté des positions divergentes de celles de l’administration Trump, tout en maintenant des canaux de communication ouverts.

Un conflit diplomatique symbolique entre Washington et le Vatican

Les tensions entre Donald Trump et Léon XIV ne sont pas nouvelles. Le pape, qui a grandi à Chicago avant de devenir évêque puis cardinal, a déjà exprimé son opposition à plusieurs mesures de l’administration Trump, comme la menace d’« anéantir la civilisation iranienne » ou le « traitement inhumain des migrants aux États-Unis ». Dans un éditorial publié en janvier 2026, Le Figaro soulignait que Léon XIV saluait par ailleurs certains efforts de Trump, comme son plan de paix pour Gaza, tout en dénonçant ses excès.

La publication par Donald Trump d’une image générée par intelligence artificielle, le montrant en toge blanche et rouge apposant sa main sur le front d’un malade entouré de symboles patriotiques (drapeau américain, Statue de la Liberté, avions de chasse), a été perçue comme une provocation supplémentaire. L’image, accompagnée d’un message en majuscules (« DE FAÇON ÉCRASANTE »), a renforcé l’impression d’un bras de fer symbolique entre le pouvoir politique américain et l’autorité morale du Vatican. Ni la Maison-Blanche ni le Vatican n’ont immédiatement réagi à cette escalade rhétorique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des échanges entre Washington et le Vatican, alors que Léon XIV devrait poursuivre ses appels à la paix dans un contexte international toujours plus tendu. Les analystes s’attendent à ce que le pape maintienne sa ligne critique, tout en cherchant des points d’appui auprès d’autres leaders religieux ou politiques pour faire entendre sa voix. Du côté de l’administration Trump, les prochaines déclarations pourraient osciller entre fermeté et volonté de désamorcer la polémique, alors que les États-Unis restent engagés dans plusieurs dossiers sensibles, comme les négociations sur le nucléaire iranien ou la stabilisation du Venezuela.

Reste à voir si cette crise diplomatique, bien que symbolique, aura un impact sur les relations bilatérales entre les États-Unis et le Saint-Siège. Une rencontre entre les deux hommes n’est pas à exclure, mais aucune date n’a encore été évoquée. Pour l’heure, les observateurs s’interrogent sur la capacité de Léon XIV à peser sur la scène internationale, alors que son prédécesseur avait souvent joué un rôle de médiateur dans les crises majeures.

Selon ses déclarations, Donald Trump reproche au pape Léon XIV son positionnement sur plusieurs sujets, notamment son appel à la réduction des arsenaux nucléaires et sa critique de la politique sécuritaire américaine. Trump accuse également le pape de ne pas soutenir suffisamment la lutte contre la criminalité et d’entretenir des liens avec des opposants à son administration.

Oui. Depuis son élection en mai 2025, Léon XIV a adopté une posture critique envers plusieurs dirigeants, notamment en appelant à la fin des conflits au Moyen-Orient et en dénonçant les politiques migratoires restrictives de certains pays, dont les États-Unis. Cependant, il évite généralement de citer nommément ses interlocuteurs pour préserver une neutralité diplomatique.