Les Français sont de plus en plus nombreux à utiliser l'arrondi en caisse pour soutenir des associations. Pourtant, contrairement aux dons classiques, ces contributions ponctuelles ne permettent pas de bénéficier d'un avantage fiscal. Comme le rapporte Ouest France, cette pratique, bien que généreuse, reste sans impact sur la déclaration d'impôts des donateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • L'arrondi en caisse est une méthode de don populaire qui permet d'arrondir le montant d'un achat au euro supérieur, la différence étant reversée à une association.
  • Contrairement aux dons classiques, ces contributions ne sont pas éligibles à une réduction d'impôt sur le revenu.
  • Les dons classiques, eux, ouvrent droit à une réduction fiscale de 66 % ou 75 % selon les organismes bénéficiaires.

Une pratique en hausse, mais sans avantage fiscal

Depuis plusieurs années, les enseignes de grande distribution et les commerçants proposent à leurs clients de participer à des collectes solidaires en arrondissant le montant de leurs achats. Une initiative qui séduit de plus en plus de Français, soucieux de contribuer à des causes caritatives. Selon Ouest France, cette pratique a pris de l'ampleur avec la multiplication des partenariats entre commerces et associations. Pourtant, malgré son caractère généreux, l'arrondi en caisse ne permet pas aux donateurs de bénéficier d'une réduction d'impôt, contrairement aux dons traditionnels.

Cette différence s'explique par le fait que les sommes collectées via l'arrondi sont considérées comme des dons ponctuels et anonymes. Or, pour ouvrir droit à un avantage fiscal, un don doit être traçable et déclaré par le donataire. « Les dons classiques, eux, font l'objet d'un reçu fiscal », explique un expert-comptable interrogé par Ouest France. « Cela permet à l'administration fiscale de vérifier l'éligibilité à la réduction d'impôt. »

Des dons classiques éligibles à une réduction d'impôt

Contrairement à l'arrondi en caisse, les dons classiques réalisés auprès d'associations reconnues d'utilité publique ou d'organismes d'intérêt général peuvent ouvrir droit à une réduction d'impôt. Celle-ci s'élève généralement à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Pour certains organismes, comme les associations d'aide aux personnes en difficulté, le taux peut atteindre 75 %. « Il est donc plus avantageux fiscalement de faire un don classique », souligne Ouest France.

Les Français qui souhaitent bénéficier de cet avantage fiscal doivent conserver leur reçu fiscal et le joindre à leur déclaration d'impôts. Les organismes agréés sont tenus de fournir ce document à leurs donateurs. « Cela permet de justifier la réduction d'impôt lors d'un contrôle fiscal », précise l'expert-comptable cité par Ouest France.

Pourquoi cette différence de traitement ?

La différence de traitement entre les dons classiques et l'arrondi en caisse s'explique par la nature même des deux types de contributions. Un don classique est généralement effectué de manière volontaire et déclarée, ce qui permet à l'administration fiscale de le tracer. En revanche, l'arrondi en caisse repose sur un geste spontané et anonyme, ce qui rend impossible toute traçabilité. « L'administration fiscale ne peut pas vérifier l'identité du donateur ni le montant exact du don », explique Ouest France.

Cette situation pose question dans un contexte où les Français sont de plus en plus sollicités pour participer à des collectes solidaires. Selon une enquête récente, près de 40 % des Français déclarent avoir déjà utilisé l'arrondi en caisse pour soutenir une association. Pourtant, cette pratique reste sans impact sur leur déclaration d'impôts. Une situation qui pourrait évoluer si les pouvoirs publics décidaient de revoir les critères d'éligibilité à la réduction d'impôt.

Et maintenant ?

Plusieurs associations et parlementaires pourraient relancer le débat sur l'éligibilité fiscale des arrondis en caisse. Une proposition de loi visant à reconnaître ces dons comme éligibles à une réduction d'impôt a déjà été déposée à l'Assemblée nationale. Si elle était adoptée, cette mesure pourrait entrer en vigueur dès 2027, sous réserve de son adoption définitive et de sa publication au Journal officiel.

En attendant, les Français qui souhaitent bénéficier d'un avantage fiscal tout en soutenant une cause caritative sont invités à privilégier les dons classiques. Ces derniers, bien que moins spontanés, offrent une traçabilité indispensable pour justifier une réduction d'impôt. Quant aux enseignes et associations, elles pourraient envisager de proposer des alternatives, comme la possibilité d'émettre un reçu fiscal pour les arrondis en caisse.

Un don classique est un versement volontaire et traçable réalisé auprès d'une association, permettant de bénéficier d'une réduction d'impôt. L'arrondi en caisse, en revanche, est un geste spontané et anonyme effectué lors d'un achat, sans impact fiscal.