Ebo Taylor, ce nom qui résonne comme une légende au sein du highlife ghanéen, s'est éteint le 7 février dernier, à l'âge vénérable de 90 ans. Sa disparition survient juste après l'ouverture d'un festival à son nom à Accra, qui célébrait la richesse de sa contribution à la musique africaine. C'est un véritable monument de la musique qui nous quitte, laissant derrière lui un héritage inégalé.
Un style musical aux multiples influences
Le highlife, c'est tout un programme ! Imaginez une fusion audacieuse de rythmes africains traditionnels, de jazz et de sonorités caribéennes. En décembre dernier, il a même été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Autant dire que c'est une reconnaissance de taille pour une musique qui a marqué des générations.
Une carrière hors du commun
Ebo Taylor, de son vrai nom Deroy Taylor, a vu le jour en 1936 à Cape Coast. Dès les années 1950, il est déjà sur scène, alors que le Ghana tout juste indépendant vibrait au son du highlife. Ses lignes de guitare, complexes et envoûtantes, ont rapidement fait parler d'elles. Et puis, il y a eu Londres, dans les années 60, où il a collaboré avec des figures comme Fela Kuti. Ensemble, ils ont pavé la voie à l'afrobeat, un genre qui mêle highlife, funk et soul.
Retour au bercail
De retour au Ghana, Ebo Taylor s'impose comme un arrangeur et producteur de talent, travaillant avec des artistes tels que Pat Thomas et CK Mann. Ses compositions, telles que "Love and Death" ou "Appia Kwa Bridge", ont retrouvé un second souffle à l'international grâce à des DJ qui ont su en extraire la quintessence pour les rééditer. Ses morceaux continuent d'inspirer, même aujourd'hui, nombre d'artistes hip-hop et R&B.
Des hommages unanimes
Depuis son départ, les hommages affluent de toutes parts. Le collectif Jazz Is Dead de Los Angeles le qualifie de pionnier, tandis que des artistes ghanéens comme Stonebwoy saluent sa mémoire. D'autres, comme l'écrivain nigérian Dami Ajayi, le décrivent comme un maestro du highlife. Le surnom affectueux "Oncle Ebo", souvent utilisé par ses fans, témoigne de la tendresse et de l'admiration que lui portaient ceux qui l'ont connu.
Une question de transmission
Ebo Taylor a-t-il totalement transmis sa passion à la nouvelle génération ? On pourrait se le demander. Ce qui est sûr, c'est que son influence continue de résonner sur la scène musicale actuelle. Sa disparition marque la fin d'une ère, mais aussi le début d'une nouvelle phase où son héritage pourrait bien prendre une dimension encore plus universelle.
Ebo Taylor a joué un rôle crucial dans le développement du highlife et de l'afrobeat, influençant ainsi des genres contemporains tels que le jazz, le hip-hop et le R&B.
Le highlife est une expression musicale riche qui intègre divers styles, reflétant l'histoire et la culture du Ghana et de l'Afrique de l'Ouest. Son inscription au patrimoine de l'Unesco souligne son importance culturelle mondiale.