À un an de la présidentielle de 2027, les figures de la droite modérée se retrouvent sur une ligne commune contre le populisme. Édouard Philippe, président d’Horizons et maire du Havre, a salué dans une tribune publiée dimanche 12 avril 2026 dans La Tribune Dimanche le réquisitoire de Jean-François Copé contre les dérives du « charlatanisme moderne », selon Le Figaro. Les deux hommes, anciens cadres de l’UMP, partagent désormais une vision critique des simplifications politiques et des discours démagogiques.
Ce qu'il faut retenir
- Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a publié une tribune dans La Tribune Dimanche pour saluer l’analyse de Jean-François Copé sur le populisme.
- Copé, maire de Meaux, a réagi sur X en remerciant Philippe pour cette « lecture attentive et exigeante ».
- Les deux hommes dénoncent ensemble les « contrevérités », les « simplifications outrancières » et les « références historiques douteuses » propagées par les populistes.
- Ils défendent un cordon sanitaire entre la droite et le Rassemblement national, s’inscrivant dans la lignée de l’héritage gaulliste et chiraquien.
- Philippe a publié en 2025 Le prix de nos mensonges (JC Lattès), où il critiquait les solutions court-termistes, tandis que Copé publie en 2026 Quand les populistes trahissent le peuple (Plon).
Une convergence idéologique sur fond de course à l’Élysée
Alors que la présidentielle de 2027 se profile, Édouard Philippe, seul héritier politique d’Alain Juppé selon ses soutiens, et Jean-François Copé, figure historique de l’UMP et proche de Jacques Chirac, affichent une proximité inhabituelle. Tous deux ont été maires de grandes villes – Le Havre pour Philippe, Meaux pour Copé – et revendiquent une connaissance du « réel », ce qu’ils présentent comme le meilleur antidote aux discours simplificateurs.
Leurs positions respectives ont été publiées à quelques heures d’intervalle. D’un côté, Copé a publié un réquisitoire contre le populisme dans son dernier ouvrage, de l’autre, Philippe a consacré une tribune à saluer cette démarche. Une synchronisation qui n’a rien d’anodin, alors que les deux hommes sont cités parmi les favoris pour incarner une droite modérée et républicaine.
Copé, un « charpentier » du discours politique contre les illusions
Dans sa tribune, Philippe dresse un portrait élogieux de son ancien camarade de l’UMP. Il y voit un homme qui « préfère dire les choses franchement, quitte à ce que ça gratte un peu, mais les yeux dans les yeux, et avec un sens de la formule et de l’ironie parfois rude à encaisser ». Pour lui, Copé incarne une forme d’exigence intellectuelle rare dans un « monde politique rempli de figures maniant l’éloge empoisonné, l’encouragement hypocrite et la complaisance intellectuelle ».
Il met en avant la capacité de Copé à « déconstruire les méthodes du charlatanisme moderne », qu’il définit comme un mélange de « contrevérités, de simplifications outrancières, de références historiques douteuses et de cynisme aux intérêts bien compris ». Une critique qui vise autant le Rassemblement national que La France insoumise, deux formations que Copé place sur le même plan dans son rejet du populisme.
« L’égalité qu’il formule avec force entre l’extrême droite et LFI devrait inviter la gauche républicaine à la même exigence de son côté. » — Édouard Philippe, dans La Tribune Dimanche, 12 avril 2026
Pour Philippe, les dérives populistes ont un « coût : financier, politique, démocratique, et hélas parfois aussi humain ». Il cite pêle-mêle les « renoncements intellectuels, les facilités électorales, les myopies collectives » qui, selon lui, ont conduit à des erreurs en matière de sécurité, d’école, de finances publiques ou encore d’adaptation technologique.
Un cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite
L’un des points de convergence les plus nets entre les deux hommes concerne leur opposition à toute alliance avec le Rassemblement national. Philippe rappelle que Copé a toujours tracé un cordon sanitaire autour de l’extrême droite, une position qu’il partage pleinement. « On n’a jamais rien inventé de mieux que la vérité pour résoudre des problèmes », assène-t-il, tout en reconnaissant que cette posture peut « faire mal ».
Cette ligne les place en opposition frontale avec une partie de la droite, notamment avec les partisans d’un rapprochement avec le RN, comme Éric Zemmour ou certains élus Les Républicains. Philippe et Copé s’inscrivent ainsi dans la continuité de l’héritage gaulliste et chiraquien, qui prônait une droite ancrée dans les institutions et hostile aux extrêmes.
Le maire de Meaux a réagi rapidement à la tribune de Philippe, remerciant son ancien camarade de l’UMP sur X pour cette « lecture attentive et exigeante ». Il a ajouté, dans un message qui n’est pas sans arrière-pensée électorale : « Comme maire, il sait combien le réel s’impose toujours... et combien, face à lui, il n’y a pas de place pour les illusions ni pour les promesses faciles. » Une formule qui, à l’évidence, vise aussi à se positionner dans la course à la présidentielle.
Deux livres, deux approches complémentaires contre le populisme
Cette convergence intervient alors que les deux hommes viennent de publier des ouvrages engagés contre les dérives politiques. Philippe a signé en 2025 Le prix de nos mensonges (JC Lattès), où il dénonçait les solutions simplistes et court-termistes, tandis que Copé publie en 2026 Quand les populistes trahissent le peuple (Plon), un essai où il analyse les mécanismes du populisme et ses effets sur la démocratie.
Dans sa tribune, Philippe souligne que les deux livres partagent une même « exigence » et une même volonté de « faire œuvre utile » en luttant contre les « facilités électorales ». Pour lui, le populisme prospère sur les réseaux sociaux, où les « contrevérités » et l’« obscurantisme » se propagent à une vitesse inégalée, « confinant à l’obscurantisme, qu’il soit scientifique, religieux ou politique ».
D’ici là, les deux hommes devraient continuer à multiplier les prises de parole communes, notamment sur les thèmes de la sécurité, de l’Europe ou de la réforme de l’État. Leur objectif ? Montrer qu’une alternative existe à la montée des populismes, en misant sur le pragmatisme et l’expérience du pouvoir local.
Reste à voir si leur alliance convaincra au-delà de leur cercle. Pour l’instant, elle a au moins le mérite de clarifier les lignes : d’un côté, ceux qui prônent le réalisme et la vérité ; de l’autre, ceux qui misent sur les émotions et les promesses faciles.
Tous deux incarnent une ligne politique ancrée dans l’héritage gaulliste et chiraquien, marquée par le refus des alliances avec l’extrême droite et une défense des institutions républicaines. Philippe, proche d’Alain Juppé, et Copé, ancien ministre sous Chirac, ont toujours prôné une droite pragmatique, éloignée des discours démagogiques.
Édouard Philippe a publié Le prix de nos mensonges en 2025 (JC Lattès), où il critique les solutions simplistes. Jean-François Copé a sorti Quand les populistes trahissent le peuple en 2026 (Plon), un essai où il analyse les mécanismes du populisme et ses dangers pour la démocratie.
