Emmanuel Macron a déclaré vouloir rencontrer avec la ministre de l'agriculture, Annie Genevard, « chacun des syndicats qui le souhaite » lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture, samedi 21 février. « C'est un moment où tout le monde doit être derrière la ferme française, pas un moment de division », a-t-il appelé, quelques minutes avant l'inauguration.

Le président de la République a d'abord découvert le stand de l'éleveur martiniquais André Prosper, qui l'a invité à venir sur son île, après avoir dû renoncer à amener sa vache brahman Biguine, qui devait être l'égérie de l'édition 2026. Un hologramme permettra au public de découvrir cette race aux origines indiennes.

Emmanuel Macron, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, à Paris, le 21 février 2026.
Emmanuel Macron, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, à Paris, le 21 février 2026. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Les contestations de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale

La Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR) avaient affiché leur volonté de boycotter le petit-déjeuner traditionnel avec le chef de l'État. Cependant, le président de la CR, Bertrand Venteau, et le représentant du Lot-et-Garonne, José Pérez, se sont finalement entretenus pendant quarante-cinq minutes samedi matin avec Emmanuel Macron, a fait savoir l'Élysée.

À cette occasion, le chef de l'État a fait savoir, selon la présidence, qu'il était prêt à réunir l'ensemble des syndicats agricoles, ce que ne souhaitaient pas la FNSEA et les JA. M. Macron a toutefois pris l'engagement de tenir une réunion à l'Élysée réunissant l'ensemble des acteurs – les chambres d'agriculture, les syndicats et les organisations interprofessionnelles, a ajouté l'Élysée.

Les réactions des syndicats agricoles

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a déclaré que « ce qui nous intéresse, c'est l'année qui lui reste dans son mandat ». Les FNSEA et les JA ont accepté le rendez-vous matinal avec Emmanuel Macron, même s'ils ont renoncé à obtenir de lui une « vision » pour l'agriculture, un peu plus d'un an avant l'élection présidentielle.

Ils espèrent toutefois que le chef de l'État pèsera d'ici-là dans les négociations sur le budget de la politique agricole commune post-2027, après avoir obtenu environ 9 milliards d'euros par an pour l'agriculture française dans le cadre de la précédente PAC (2023-2027).

Emmanuel Macron, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, à Paris, le 21 février 2026.

Les difficultés de l'agriculture française

Trois hivers de suite, les agriculteurs ont sorti les tracteurs des hangars pour aller manifester dans les villes ou bloquer des autoroutes, en 2024 pour demander davantage de revenus, de la considération et un avenir, en 2025 pour obtenir la concrétisation des promesses, repoussées par l'instabilité gouvernementale, alors qu'en 2026 c'est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a fait déborder le vase.

« Par les choix sanitaires défendus par le gouvernement, on peut se féliciter d'être en train de gagner durablement le combat contre la dermatose », a déclaré Emmanuel Macron, samedi matin. Aucun nouveau foyer n'a été décelé depuis le 2 janvier et des restrictions ont été levées vendredi dans le Sud-Ouest.

Emmanuel Macron, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, à Paris, le 21 février 2026.

Les perspectives pour l'avenir

Les tempêtes et les crues qui ont submergé de nombreuses cultures, ces derniers jours, ont assombri encore plus l'état d'esprit des agriculteurs, dont beaucoup n'ont pas la tête à la fête. Plusieurs organismes peinent à mobiliser des bénévoles pour tenir les stands, porte de Versailles, alors que les organisateurs ont tout fait pour tenter préserver la convivialité et l'esprit familial du rendez-vous, sans ses habituelles stars bovines.

Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a confirmé sur BFM-TV son souhait de voir organiser « une rencontre avec tous les syndicats et [le chef de l'État], plutôt que se cacher par médias interposés ».

Cependant, M. Venteau estime que « la cause agricole est enterrée ». « On pensait que le président viendrait au Salon en faisant des annonces, mais on n'a eu aucune annonce », a-t-il déploré.

En amont de la présidentielle mais, surtout, des élections municipales de mars, les personnalités politiques se succéderont malgré tout jusqu'au dimanche 1er mars. Les réactions et les prises de position des différents acteurs de l'agriculture française restent attendues dans les prochains jours.