Selon Le Monde, près de 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans en France ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Un chiffre qui illustre les difficultés persistantes d’une partie de la jeunesse à s’insérer durablement sur le marché du travail. Derrière ces statistiques se cachent des parcours variés, mais souvent marqués par des ruptures sociales et des expériences professionnelles précaires.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,5 million de jeunes concernés en France, selon les données disponibles en 2026.
  • Cette catégorie, appelée NEET (Not in Education, Employment or Training), regroupe des profils très divers.
  • Les difficultés sociales et les expériences professionnelles instables sont des caractéristiques récurrentes de ces parcours.
  • Le terme NEET désigne une situation durable, pas une simple période de transition.

Qui sont ces jeunes et quels sont leurs défis ?

Les NEET forment un groupe hétéroclite, allant des décrocheurs scolaires aux jeunes en situation de grande précarité. Leur point commun ? Une absence de rattachement à un système éducatif ou professionnel, souvent liée à des obstacles économiques ou sociaux. Certains cumulent les emplois précaires, enchaînant CDD et intérims sans jamais parvenir à une stabilité, tandis que d’autres, plus éloignés du marché du travail, peinent à y accéder.

Les freins sont multiples : manque de qualifications, problèmes de santé mentale, contraintes familiales ou encore désillusion face à un marché du travail perçu comme inaccessible. « Je suis prête à bosser n’importe où », confie l’une d’entre eux à Le Monde. Pourtant, cette disponibilité ne suffit pas toujours à briser le cercle vicieux de l’exclusion professionnelle.

Un phénomène structurel qui dépasse les crises conjoncturelles

Contrairement à une idée reçue, le statut de NEET n’est pas toujours temporaire. Pour une partie de ces jeunes, cette situation peut s’étendre sur plusieurs années, voire devenir permanente. Les données montrent que les femmes sont légèrement plus représentées que les hommes dans cette catégorie, en raison notamment des charges familiales précoces ou de l’accès inégal aux formations.

Les régions les plus touchées sont celles où l’industrie ou les secteurs porteurs sont en déclin, comme le Nord ou certaines zones rurales. Les politiques publiques peinent parfois à s’adapter à ces réalités locales, malgré des dispositifs comme les missions locales ou les contrats d’apprentissage.

Des parcours marqués par l’instabilité et l’absence de filet de sécurité

Les témoignages recueillis par Le Monde révèlent des histoires de ruptures : abandon scolaire précoce, licenciements successifs, ou encore discriminations à l’embauche. Beaucoup évoquent un sentiment de découragement face à un système qui semble leur tourner le dos. « On nous demande de nous former, mais personne ne nous donne les moyens de le faire », déplore un jeune interrogé.

Les dispositifs d’insertion, comme les Écoles de la deuxième chance ou les Epide, offrent des solutions partielles, mais leur couverture reste insuffisante face à l’ampleur du phénomène. Les associations de terrain pointent aussi le manque de coordination entre les acteurs publics et privés, qui laisse de nombreux jeunes sans accompagnement adapté.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées pour inverser la tendance. La généralisation de l’accompagnement personnalisé, avec un référent unique pour chaque jeune, est évoquée par les spécialistes. Une autre piste consisterait à renforcer les liens entre les entreprises et les dispositifs de formation, afin de mieux adapter l’offre aux besoins du marché.

À l’horizon 2027, les résultats des réformes récentes sur la formation professionnelle et l’apprentissage pourraient apporter des premiers éléments de réponse. Reste à savoir si ces mesures suffiront à réduire significativement le nombre de NEET, ou si la situation continuera de se dégrader pour une partie de cette génération.

Alors que les débats sur l’emploi des jeunes s’intensifient, ce chiffre de 1,5 million rappelle l’urgence d’agir. Entre précarité économique et manque de perspectives, le risque est de voir une partie de la jeunesse s’éloigner durablement des radars institutionnels.

Les NEET sont identifiés à partir des enquêtes annuelles de l’Insee ou des données du ministère du Travail, qui croisent les registres de Pôle Emploi, les inscriptions dans les établissements scolaires et les suivis en formation. Ces chiffres sont ensuite affinés par tranches d’âge et par région.