Alors que la Convention pour la conservation des espèces migratrices (CMS) a tiré la sonnette d’alarme fin mars à l’occasion de la Cop15 sur la biodiversité au Brésil, les associations environnementales de Guadeloupe continuent de dénoncer des actes de braconnage « réguliers » contre des oiseaux protégés. Un cas récent, survenu en début d’année, illustre cette problématique persistante.
Ce qu'il faut retenir
- La Convention pour la conservation des espèces migratrices (CMS) a alerté ses signataires, dont la France, sur la nécessité de protéger trois espèces migratrices chassables aux Antilles françaises.
- Les associations locales dénoncent des actes de braconnage répétés, malgré les mesures de protection existantes.
- Un cas de braconnage sur des oiseaux protégés a été signalé en début d’année en Guadeloupe.
- Le Petit Chevalier, la Barge hudsonienne et le Courlis hudsonien sont particulièrement menacés.
Des espèces migratrices sous pression malgré les alertes
Lors de la Cop15 sur la biodiversité organisée au Brésil fin mars, la Convention pour la conservation des espèces migratrices (CMS) a mis en garde ses États membres, dont la France, contre le déclin alarmant de trois oiseaux migratrices aux Antilles françaises. Selon un rapport publié par l’organisation, le Petit Chevalier, la Barge hudsonienne et le Courlis hudsonien – tous trois chassables dans la région – font l’objet d’une pression croissante. « La situation est d’autant plus préoccupante que ces espèces sont protégées par des réglementations nationales et internationales », a rappelé un porte-parole de la CMS.
Un braconnage endémique en Guadeloupe
Malgré ces alertes, les associations environnementales de Guadeloupe confirment que le braconnage persiste. « On constate un sentiment d’impunité chez certains chasseurs », a déclaré à Ouest France une responsable de l’association Guadeloupe Nature Environnement. En début d’année, un cas de braconnage a été signalé sur des oiseaux protégés, rappelant que les infractions restent fréquentes. Les associations pointent du doigt le manque de moyens alloués aux contrôles sur le terrain, malgré les engagements pris par les autorités locales.
Les chiffres disponibles restent parcellaires, mais selon les estimations des ONG, plusieurs centaines d’oiseaux pourraient être braconnés chaque année en Guadeloupe. « Les espèces migratrices comme la Barge hudsonienne sont particulièrement ciblées pour leur viande et leur plumage », a expliqué un expert ornithologue contacté par Ouest France.
Des mesures de protection insuffisantes ?
La réglementation française interdit la chasse des espèces protégées, mais les contrôles peinent à être appliqués. Les associations réclament un renforcement des effectifs dédiés à la surveillance, ainsi que des sanctions plus lourdes pour les contrevenants. « Aujourd’hui, les amendes sont rarement appliquées, et lorsqu’elles le sont, elles sont souvent trop légères pour dissuader », a souligné un membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Antilles-Guyane.
Côté autorités, la préfecture de Guadeloupe a indiqué que des patrouilles supplémentaires avaient été déployées dans les zones sensibles, sans préciser de chiffres concrets. « Des actions de sensibilisation sont également menées auprès des chasseurs, mais le braconnage reste une réalité », a reconnu un responsable des services de l’État.
Cette problématique dépasse le cadre guadeloupéen. Elle interroge plus largement sur la capacité des États à faire respecter les réglementations environnementales, alors que les espèces migratrices sont de plus en plus menacées par la destruction de leurs habitats et les activités humaines. Autant dire que l’enjeu dépasse les frontières de l’archipel antillais.
Le Petit Chevalier, la Barge hudsonienne et le Courlis hudsonien sont ciblés pour leur viande et leurs plumes, qui font l’objet d’un commerce local ou d’une consommation traditionnelle. Leur statut d’espèces migratrices les rend également vulnérables aux prélèvements excessifs tout au long de leur trajet.