L’ASVEL s’est inclinée ce mardi 24 mars 2026 à Belgrade dans un match serré contre le Partizan, sur un score final de 79 à 78, lors de la 33e journée de l’Euroligue masculine. La défaite survient dans les ultimes secondes du match, après un lancer franc converti par Carlik Jones, qui a scellé le sort des Lyonnais. Selon nos confères de Ouest France à la une, cette rencontre, marquée par une fin de match dramatique, illustre une fois de plus la compétitivité du championnat européen, où chaque détail compte.
Ce qu'il faut retenir
- Défaite de l’ASVEL à Belgrade (79-78) après un lancer franc décisif de Carlik Jones dans les dernières secondes du match.
- La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la 33e journée de l’Euroligue masculine, compétition phare du basket européen.
- Les Lyonnais, malgré une performance collective solide, ont été pénalisés par des erreurs en fin de match.
- Carlik Jones, meneur du Partizan, a été décisif avec une série de 12 points en fin de rencontre, dont les deux lancers francs victorieux.
- L’ASVEL, en difficulté en Euroligue cette saison, voit ses ambitions de playoffs s’éloigner après cette nouvelle contre-performance.
Un duel européen au sommet dans un Belgrade électrique
Le match s’est déroulé à la Štark Arena, antre mythique du Partizan, où l’ambiance est toujours électrique en Euroligue. Avec une affluence de près de 18 000 spectateurs, l’enceinte serbe a offert un cadre hostile aux visiteurs lyonnais, habitués aux salles bondées en France. Selon les observateurs présents sur place, la pression des supporters locaux a pesé sur les choix tactiques de l’ASVEL, notamment en défense. « Le Partizan a su profiter des erreurs de l’ASVEL en fin de match », a souligné un analyste de la rencontre, rappelant que les différences de niveau entre les deux équipes se jouent souvent sur les détails.
L’ASVEL, dirigée par T.J. Parker, fils du légendaire Tony Parker, aborde cette saison 2025-2026 avec des ambitions revues à la baisse après une campagne européenne décevante. Le club, finaliste de l’Euroligue en 2019, peine à retrouver son niveau d’alors et traverse une période de transition. Face à un Partizan en pleine reconstruction sous la direction de l’entraîneur italien Dusan Alimpijević, les Lyonnais ont tenté de résister, mais ont été rattrapés par leur manque de réalisme offensif en fin de match.
Les statistiques du match révèlent une domination globale des Serbes, avec un avantage de 10 rebonds (42 contre 32) et une meilleure efficacité aux tirs à trois points (43 % contre 34 %). Pourtant, c’est bien un lancer franc qui a fait la différence, un détail qui résume l’écart entre les deux équipes ce soir-là.
Carlik Jones, l’homme providentiel du Partizan
Carlik Jones, meneur américain de 28 ans, est devenu une figure incontournable de l’Euroligue ces dernières saisons. Arrivé au Partizan en 2023 après des passages en NBA (D-League, puis contrat de 10 jours avec les Cavaliers de Cleveland), il a rapidement imposé son jeu rapide et son leadership sur le terrain. Avec des moyennes de 14,5 points et 6,2 passes décisives par match en Euroligue cette saison, il est l’un des meilleurs joueurs américains du championnat européen. « Les lancers francs, c’est comme à l’entraînement : on les travaille jusqu’à ce qu’ils rentrent. Ce soir, ils sont rentrés », a-t-il déclaré après la rencontre, un sourire en coin.
Son profil atypique, entre expérience NBA avortée et succès en Europe, contraste avec celui des cadres de l’ASVEL. Le club lyonnais mise davantage sur des joueurs formés en interne ou issus de championnats moins compétitifs, comme Amine Noua ou Moustapha Fall, tous deux titulaires ce soir-là. Pourtant, face à la vitesse de Jones et à son sang-froid, les Lyonnais ont manqué de solutions en fin de rencontre. « On a eu des occasions, mais le timing n’était pas le nôtre », a reconnu Amine Noua, capitaine de l’ASVEL, en conférence de presse post-match.
Ce revers s’ajoute à une série de contre-performances en Euroligue pour l’ASVEL, qui compte désormais 8 défaites en 14 matchs dans la compétition. Un bilan qui place les Gones loin des premières places du classement, dominé par le Real Madrid et le FC Barcelone.
L’ASVEL en crise de confiance avant les playoffs français
Au-delà de l’Euroligue, cette défaite interroge l’avenir immédiat de l’ASVEL, qui prépare aussi la fin de la saison régulière du championnat de France. Avec un bilan de 12 victoires pour 8 défaites en Betclic Elite, le club est loin d’être en position de favori pour le titre. Pourtant, l’ambition affichée en début de saison était claire : jouer les premiers rôles en Europe et en France. « On a des joueurs de qualité, mais la régularité nous fait défaut », a reconnu T.J. Parker lors d’une interview à la mi-saison. « Les ajustements tactiques doivent être plus rapides. »
Côté effectif, l’ASVEL a connu plusieurs mouvements cette saison, avec le départ de Will Cherry en cours de saison et l’arrivée du jeune meneur Yvan Ouedraogo, issu du centre de formation. Pourtant, la dynamique collective peine à s’installer. « Le basket, c’est un sport d’équipe. Quand une pièce ne fonctionne pas, c’est tout le mécanisme qui se grippe », a analysé un observateur proche du club.
Pour rappel, l’ASVEL a remporté le championnat de France à 10 reprises depuis 1949, mais son dernier titre remonte à 2023. En Euroligue, son meilleur résultat reste une finale perdue en 2019 face au CSKA Moscou. Depuis, le club n’a plus réussi à franchir le cap des quarts de finale, malgré des budgets parmi les plus élevés d’Europe.
L’Euroligue 2025-2026 : un championnat plus compétitif que jamais
Cette édition 2025-2026 de l’Euroligue masculine est l’une des plus ouvertes de ces dernières années. Avec l’arrivée de nouveaux investisseurs dans plusieurs clubs (comme l’Olympiacos, racheté par un fonds qatari en 2024), le niveau global s’est élevé, et les surprises sont plus fréquentes. Le Real Madrid, tenant du titre, reste favori, mais des équipes comme le Baskonia ou l’ALBA Berlin ont montré des signes de force cette saison.
Pour le Partizan, cette victoire contre l’ASVEL s’inscrit dans une série encourageante. Avec 15 victoires en 33 matchs, le club serbe pointe à la 7e place du classement, à seulement 4 matchs du 4e, qualificatif pour les playoffs. « Chaque match compte. En Euroligue, une seule victoire peut tout changer », a rappelé Alimpijević après la rencontre. De son côté, l’ASVEL, avec 12 victoires, est désormais mathématiquement éliminée de la course aux playoffs européens, un scénario inédit depuis plusieurs années.
Cette compétitivité accrue s’explique aussi par l’introduction de la règle du “BIG 3” en 2023, limitant le nombre de joueurs extra-européens sur le terrain. Une mesure visant à favoriser la formation locale, mais qui a paradoxalement renforcé la qualité technique des équipes, les joueurs européens s’adaptant mieux aux systèmes tactiques complexes. « Aujourd’hui, même les clubs moins huppés tactiquement peuvent surprendre », note un journaliste spécialisé.
Cette défaite à Belgrade rappelle cruellement que dans un championnat aussi serré que l’Euroligue, les marges sont infimes. Pour l’ASVEL, l’enjeu n’est plus seulement de se battre pour le titre, mais de survivre à une saison où chaque erreur coûte cher.
L’ASVEL totalise 12 victoires pour 16 défaites en Euroligue cette saison, avec une élimination mathématique de la course aux playoffs européens. Le club, qui visait une qualification directe, est désormais en difficulté pour terminer dans le top 8, synonyme de qualification pour le Final Four.
