Alors que la Coupe du monde de football 2026 s’annonce comme l’un des événements sportifs majeurs de l’été prochain aux États-Unis, les quelque 46 000 Français installés dans la région de Boston voient leur impatience grandir à l’approche de deux rendez-vous footballistiques majeurs. Comme le rapporte RMC Sport, c’est d’abord le match amical entre la France et le Brésil, prévu jeudi 26 mars 2026 au Gillette Stadium de Foxborough, qui suscite un enthousiasme débordant parmi la communauté tricolore. Mais c’est surtout la perspective de voir l’équipe de France évoluer sur le sol américain, et potentiellement dans leur propre État, qui fait battre leur cœur plus fort.
Ce qu'il faut retenir
- Les 46 000 Français de Boston et sa région se préparent à vivre deux événements footballistiques majeurs en 2026 : le match amical France-Brésil et la Coupe du monde organisée aux États-Unis.
- Le match amical du 26 mars 2026 à Foxborough est perçu comme un « avant-goût » de la Coupe du monde, avec une forte mobilisation des supporters malgré les défis logistiques.
- La communauté française de Boston, souvent issue de milieux aisés et démocrates, exprime une fierté nationale teintée d’arrogance sportive, estimant figurer parmi les cinq meilleures nations mondiales.
- L’engouement pour le football progresse aux États-Unis, même s’il reste derrière les sports majeurs comme le basketball ou le hockey, avec une croissance notable chez les jeunes.
- Les prix élevés des billets pour la Coupe du monde et la présence de la police d’immigration américaine (ICE) dans certaines villes hôtes suscitent des interrogations et des craintes au sein de la communauté française.
Cette semaine marque donc un temps fort pour les expatriés français de Nouvelle-Angleterre, qui voient dans ces rencontres une opportunité rare de vivre leur passion à domicile. « Pour nous, les expatriés, c’est top car c’est l’équipe de France qui vient à nous », confie Renaud, installé à Boston depuis douze ans, soulignant l’aspect exceptionnel de l’événement. « Avoir le camp de base ici, c’est la cerise sur le gâteau avec même la bougie », renchérit Jean, entraîneur de jeunes footballeurs et supporter inconditionnel du Real Madrid. Entre fierté sportive et opportunité de croiser les joueurs dans la rue, l’ambiance est électrique, même par des températures proches de 0°C et des vents glacials balayant les rues de la ville.
Un match amical perçu comme une répétition générale avant le Mondial
Le match France-Brésil, qui oppose deux géants du football mondial, est loin de passer inaperçu. D’autant que le Brésil dispose d’une communauté importante dans l’État du Massachusetts, notamment dans la région de l’« Western Mass », à l’ouest de Boston. « Le Brésil, ça va être énorme », s’enthousiasme Sam, un expatrié arrivé avant la pandémie de Covid-19. « Il y a une grosse communauté brésilienne qui attend ce match avec impatience, donc l’ambiance sera au rendez-vous. Personnellement, ce sera ma finale jeudi soir car ce sera trop difficile d’avoir des places ensuite pour la Coupe du monde. » Une déception partagée par de nombreuses familles, freinées par les prix élevés des billets pour les matchs de la compétition internationale.
Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus, dirige une équipe en pleine reconstruction après les déceptions récentes, notamment l’élimination en quarts de finale de l’Euro 2024 face à l’Allemagne. Avec des joueurs comme Kylian Mbappé, malgré sa récente blessure au genou, ou des jeunes talents en progression, l’enjeu est double : préparer au mieux la Coupe du monde et rassurer les supporters. Théo, employé chez Veolia et passionné de football, résume l’état d’esprit : « Mon rêve, c’est de discuter avec Deschamps. Peut-être qu’ici ils seront plus incognitos qu’en France. Donc l’espoir, c’est même de les croiser dans la rue. On ne sait jamais… » Une opportunité qui ajoute une dimension presque intime à l’événement, bien loin des stades surchargés d’Europe.
Boston, une ville « bulle » loin des tensions politiques américaines
Si l’enthousiasme est palpable, les expatriés français de Boston bénéficient aussi d’un contexte local particulièrement favorable. Le Massachusetts, et Boston en particulier, sont connus pour leur ancrage politique démocrate et leur positionnement progressiste, à l’opposé des tensions qui traversent d’autres régions des États-Unis. « Le Massachusetts, c’est une bulle démocrate », rappelle Théo. « Et Boston encore plus, donc on est protégés de certaines choses. » Une bulle qui s’étend aussi à la vie quotidienne, où les questions de sécurité ou de tensions sociales semblent bien éloignées des préoccupations des Français installés dans la ville.
Pourtant, certains sujets sensibles, comme la présence de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence fédérale chargée de l’immigration, dans les villes hôtes de la Coupe du monde, restent sous surveillance. « La présence de l’ICE dans la majorité des villes hôtes va être très surveillée », explique Sam. « Je ne l’ai jamais croisée ici, mais le déploiement va commencer dans toutes les villes hôtes. À commencer probablement par jeudi soir, au Gillette Stadium, pour France-Brésil. » Une vigilance qui s’inscrit dans un contexte plus large de tensions migratoires aux États-Unis, où l’administration Trump a durci les politiques en la matière. Boston, ville universitaire et multiculturelle, reste cependant à l’abri de ces excès, contrairement à d’autres métropoles américaines.
Le football, un sport en progression mais encore marginal aux États-Unis
Si l’engouement des Français est évident, l’intérêt des Américains pour la Coupe du monde 2026 reste, pour l’heure, limité. « La Coupe du monde, ici, ça reste loin car il se passe pas mal de choses avec les Celtics (NBA) et les Bruins (NHL) », constate Jean. Les deux franchises sportives locales, respectivement de basket-ball et de hockey sur glace, monopolisent l’attention des médias et du public, reléguant le football au rang de sport secondaire. Pourtant, une évolution est en marche, notamment chez les jeunes. « Depuis vingt ans que je suis là, j’ai pu noter un gros développement chez les jeunes », souligne Jean, qui entraîne des équipes de football pour adolescents. « Même si ça reste le quatrième ou cinquième sport, il y a plus de clubs et d’adhérents. »
L’intérêt pour les joueurs français, et notamment pour Kylian Mbappé, est un marqueur de cette progression. « Les jeunes portent de plus en plus de maillots floqués Mbappé », observe Jean. « Avec mon fils, on avait peur de ne pas le voir à cause de sa blessure. » L’égérie de Nike, omniprésente dans les campagnes publicitaires de la marque, est sans doute le joueur français le plus connu outre-Atlantique. Une notoriété qui profite indirectement à l’image du football français, même si le sport peine encore à détrôner les géants locaux comme le baseball, le basketball ou le football américain.
Pourtant, les initiatives locales pourraient changer la donne. Renaud, autre figure de la communauté française, se félicite du lancement du maillot vert, clin d’œil à la statue de la Liberté : « Pour faire parler ici, c’est un super clin d’œil. Ils vont adorer ça, les Américains. » Une stratégie marketing qui pourrait, à terme, ancrer davantage le football dans le paysage sportif local. Reste à savoir si l’effet Coupe du monde 2026 sera suffisant pour inverser la tendance et faire du soccer un sport majeur aux États-Unis.
Entre fierté nationale et défis logistiques
La fierté des expatriés français de Boston transparaît dans chaque déclaration. « On a un sentiment de fierté et d’arrogance, car on est dans les cinq meilleures équipes du monde. Ça nous fait quelque chose », explique Sam. Une certitude qui tranche avec la modestie affichée par les joueurs, mais qui reflète l’attachement viscéral des supporters à leur équipe nationale. « Donc on va essayer d’aller voir des entraînements », ajoute-t-il, évoquant la possibilité de suivre les Bleus lors de leur stage préparatoire avant la Coupe du monde.
Pourtant, les défis logistiques et financiers ne sont pas négligeables. Les prix des billets pour la Coupe du monde, annoncés comme élevés par les organisateurs, risquent de priver une partie de la communauté française de l’événement. « Beaucoup de familles se sentent lésées par le prix des tickets », confie Sam. Un frein qui s’ajoute aux difficultés d’accès aux stades, dispersés sur tout le territoire américain, et à la concurrence avec d’autres événements sportifs ou culturels. Malgré ces obstacles, l’optimisme reste de mise, porté par la passion et l’espoir de voir les Bleus briller à nouveau sur la scène mondiale.
Gillette Stadium, Foxborough (Massachusetts)
Pour les Français de Boston, l’enjeu est double : vivre pleinement ces événements footballistiques et, pourquoi pas, en faire des souvenirs inoubliables. Alors que le Mondial approche, l’excitation est à son comble, même si les défis restent nombreux. Une chose est sûre : entre fierté nationale, passion du football et défis logistiques, la communauté tricolore de Nouvelle-Angleterre s’apprête à vivre une période intense, sous le signe du ballon rond.
Le match amical France-Brésil à Foxborough (Massachusetts) est perçu comme un « avant-goût » de la Coupe du monde 2026 par les expatriés français. Il représente une opportunité rare de voir les Bleus évoluer près de chez eux, dans une région où la communauté française est nombreuse et active. De plus, l’événement permet de créer une ambiance festive avant le Mondial, tout en offrant une chance de croiser les joueurs dans la vie quotidienne, un privilège peu accessible en France.
La Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, pourrait accélérer la croissance du football dans le pays. Bien que le sport reste derrière le basketball, le football américain ou le hockey sur glace, une progression est visible, notamment chez les jeunes. L’événement pourrait aussi servir de tremplin pour attirer de nouveaux supporters et promouvoir le soccer auprès du grand public.
