La Monnaie de Paris ouvre ce vendredi une exposition inédite, intitulée « Cling ! La bande dessinée parle cash », qui interroge le rapport entre la neuvième art et l’argent à travers le travail de huit illustrateurs renommés. Selon BFM Business, cette manifestation culturelle, visible dès aujourd’hui dans le salon d’honneur de l’institution parisienne, donne carte blanche à des auteurs pour explorer huit grands archétypes autour de la richesse, du luxe ou encore de la précarité des créateurs.
L’exposition, qui s’inscrit dans une volonté de démythifier les tabous entourant l’argent, s’appuie sur des œuvres originales réalisées pour l’occasion. Parmi les dessinateurs sélectionnés figurent des figures majeures du genre, comme Blutch, Anouk Ricard, Florence Cestac, Nicolas de Crécy ou encore Catherine Meurisse. Chacun a été invité à illustrer une facette spécifique de la relation à l’argent, des milliardaires aux marginaux, en passant par les faussaires ou les alchimistes. Autant dire que l’argent, sous toutes ses formes, devient le fil rouge d’une réflexion à la fois ludique et sociale.
Ce qu'il faut retenir
- Huit illustrateurs de bande dessinée renommés ont été invités par la Monnaie de Paris à explorer le thème de l’argent à travers huit archétypes (milliardaires, faussaires, joueurs, alchimistes, etc.).
- L’exposition « Cling ! La bande dessinée parle cash » est ouverte depuis ce vendredi 12 avril 2026 dans le salon d’honneur de la Monnaie de Paris.
- Parmi les participants figurent Blutch, Anouk Ricard, Florence Cestac, Nicolas de Crécy, Catherine Meurisse, Ugo Bienvenu, Coco et Don Rosa.
- Nicolas de Crécy y dépeint un Superman sous les traits d’Elon Musk, tandis que Catherine Meurisse transforme le menhir d’Obélix en une roche tapissée de cristaux.
- L’exposition met en lumière la précarité des auteurs de BD, alors que la richesse culturelle du médium coexiste avec des conditions de travail difficiles.
Une plongée dans huit représentations de l’argent
Dans le salon d’honneur de la Monnaie de Paris, huit immenses panneaux en toile, spécialement créés pour l’exposition, donnent à voir les interprétations des illustrateurs. Chaque panneau illustre un archétype précis, comme le milliardaire, le faussaire, le joueur ou encore l’alchimiste. Damien MacDonald, co-commissaire de l’exposition avec Lucas Hureau, souligne que « l’argent n’a jamais été tabou dans la bande dessinée ». « Comme la plupart des auteurs étaient des marginaux et des autodidactes, ils avaient par la force des choses fait un pas de côté par rapport au reste de la société et avaient moins de fausse pudeur pour parler d’argent et de manque d’argent », explique-t-il à BFM Business.
Les visiteurs découvrent ainsi des œuvres variées, allant du Picsou avide de dollars, créé par Don Rosa, au Gaston Lagaffe de Franquin en lutte contre les parcmètres, en passant par Corto Maltese, éternel chercheur de trésors imaginé par Hugo Pratt. Parmi les créations originales figurent également un « Fricopoly », conçu par la dessinatrice de presse Coco, qui détourne les codes du Monopoly, ou encore un robot perplexe devant des pièces de monnaie, intitulé « Les robots rêvent-ils de cryptomonnaies ? », imaginé par Ugo Bienvenu.
Quand la richesse culturelle de la BD contraste avec la précarité des auteurs
L’exposition prend une résonance particulière à l’heure où la précarisation des auteurs de bande dessinée s’accentue, comme en témoigne un récent rapport des États généraux de la BD. Damien MacDonald relève une « forme d’ironie » à mettre en avant la richesse esthétique et culturelle du médium, alors que les créateurs peinent à vivre de leur art. « Il y a une dimension singulière à associer bande dessinée et argent aujourd’hui, surtout quand on sait que les auteurs sont souvent en première ligne face à la précarité », précise-t-il. Pour lui, cette manifestation se veut aussi un « appel à l’imaginaire et à une plus juste compréhension du droit d’auteur ».
Parmi les pièces exposées, on trouve également des planches originales où l’argent joue un rôle central, comme la quête effrénée de richesses dans « Corto Maltese » ou les aventures de personnages confrontés à la pauvreté. Ces œuvres rappellent que, depuis ses origines, la bande dessinée a souvent abordé l’argent avec un mélange de réalisme et d’humour, sans jamais tomber dans le moralisme.
Des œuvres qui jouent avec les codes et les symboles
L’exposition mise sur des créations audacieuses pour interroger les représentations de l’argent. Nicolas de Crécy y présente ainsi un Superman transformé en une figure menaçante, inspirée par Elon Musk, tandis que Catherine Meurisse réinterprète le menhir d’Obélix en une roche scintillante de cristaux. Ugo Bienvenu, quant à lui, imagine une chercheuse d’or moderne, saturée de coordonnées GPS, symbolisant l’avidité technologique et financière.
Autre pièce forte, le « Fricopoly » de Coco reprend les codes du célèbre jeu de société pour en faire une satire du capitalisme, tandis que le robot d’Ugo Bienvenu, perplexe devant des pièces éparpillées, questionne l’avenir des cryptomonnaies. Ces œuvres, à la fois drôles et percutantes, invitent le public à réfléchir sur la place de l’argent dans nos sociétés, tout en célébrant la liberté créatrice de la bande dessinée.
Pour les visiteurs, l’exposition offre une occasion unique de redécouvrir des classiques de la bande dessinée sous un angle inédit, tout en prenant la mesure des enjeux économiques qui traversent le milieu artistique. Une expérience à la fois divertissante et stimulante, qui rappelle que l’argent, même dans l’art, n’est jamais loin du débat.
Les huit archétypes illustrés par les dessinateurs sont : les milliardaires, les faussaires, les joueurs, les alchimistes, les marginaux, les chercheurs d’or, les milliardaires grippe-sou et les aventuriers.
