Le patron de McLaren, Zak Brown, a critiqué publiquement mercredi les liens financiers entre certaines écuries de Formule 1, un sujet qui menace selon lui l’intégrité du sport. Dans une déclaration relayée par RMC Sport, il a pointé du doigt des situations où des équipes partagent des actionnaires ou des structures communes, sans pour autant nommer directement ses concurrents.
Intervenant lors d’une prise de parole publique, Zak Brown a expliqué que ces dépendances financières pourraient compromettre l’équité des compétitions et éloigner les fans. « L’ensemble des 11 équipes de F1 devraient être aussi indépendantes que possible, car je crois qu’il existe un risque élevé que l’intégrité de notre sport soit compromise, ce qui détournerait nos fans plus rapidement que n’importe quoi d’autre », a-t-il déclaré. Le dirigeant, en poste depuis près de dix ans à la tête de McLaren, n’a pas cité explicitement les écuries concernées par ces discussions, mais les regards se tournent vers Alpine et Mercedes, dont les négociations pour un partenariat financier ont été évoquées par la presse.
Ce qu'il faut retenir
- Zak Brown, patron de McLaren, a dénoncé mercredi les liens financiers entre écuries de F1, jugeant qu’ils menacent l’intégrité du sport.
- Il a évoqué un risque élevé de compromission de l’équité entre les équipes, susceptible de décourager les supporters.
- Les discussions entre Alpine et Mercedes pour un accord financier (24% du capital d’Alpine détenu par Otro Capital, en négociation avec Mercedes) sont dans le viseur.
- McLaren et Mercedes collaborent déjà techniquement : Mercedes fournit des moteurs à McLaren, Williams et depuis 2026 à Alpine.
- Brown a rappelé en 2024 le cas de Red Bull Racing et Racing Bulls, deux équipes du même groupe, dont les performances sont optimisées ensemble.
Des liens financiers qui brouillent les frontières entre écuries
Zak Brown a insisté sur le fait que les copropriétés ou participations croisées entre équipes créent des déséquilibres. Il a notamment cité l’exemple de Red Bull, propriétaire de deux structures distinctes : Red Bull Racing, où évoluent Max Verstappen et Isack Hadjar, et Racing Bulls. « Cela s’applique à n’importe qui et à tout un chacun, aux équipes A-B, à toute copropriété », a-t-il souligné, sans exclure sa propre écurie. Ces liens permettent selon lui de maximiser les performances au détriment de l’équité sportive.
Le patron de McLaren a déjà alerté en 2024 sur un incident impliquant Racing Bulls : un pilote de cette équipe aurait, en course, permis à Red Bull Racing de marquer des points au détriment de McLaren. « Si on parle de performances, on peut effectivement maximiser ces performances lorsque deux équipes dépendent du même groupe. C’est un vrai problème en termes d’intégrité du sport (...) et une question grave pour son équité », avait-il alors affirmé. Ces déclarations interviennent dans un contexte où la transparence des structures actionnariales en F1 est de plus en plus scrutée.
Alpine et Mercedes au cœur des spéculations
Bien que Zak Brown n’ait pas mentionné nommément les écuries concernées, la presse spécialisée évoque depuis plusieurs semaines des négociations entre Alpine et Mercedes. Selon RMC Sport, le constructeur allemand discuterait l’acquisition de 24% du capital d’Alpine, actuellement détenu par le fonds d’investissement américain Otro Capital, qui possède 24% du capital depuis 2023. Renault conserve quant à lui la majorité (76%) du constructeur franco-britannique. Ces discussions, si elles aboutissaient, créerait un lien financier direct entre Mercedes et Alpine, deux écuries engagées en F1.
Par ailleurs, le partenariat technique entre les deux entités est déjà bien établi. Depuis cette saison, Alpine utilise les moteurs Mercedes, tout comme McLaren, Williams et Aston Martin. Cette collaboration illustre la complexité des relations en F1, où les interdépendances techniques et financières se multiplient. Mercedes équipe ainsi non seulement sa propre écurie, basée à Brackley dans le nord-ouest de Londres, mais aussi trois autres équipes, dont Alpine dont le siège social est partagé entre Viry-Châtillon (près de Paris) et Enstone (nord-ouest de Londres).
Un débat récurrent sur l’indépendance des écuries
Les tensions autour de l’indépendance des équipes ne sont pas nouvelles en Formule 1. Dès 2024, Zak Brown avait critiqué les structures où un même groupe contrôle plusieurs écuries, estimant que cela fausse la compétition. Son intervention actuelle s’inscrit dans une dynamique plus large, où la FIA et les instances dirigeantes du championnat examinent les règles encadrant les participations croisées. En 2022, l’instance avait déjà durci les réglementations pour éviter les conflits d’intérêts, notamment après les révélations sur les liens entre Red Bull et Racing Bulls.
Pour autant, ces règles peinent à endiguer les stratégies de certains groupes industriels. Les constructeurs comme Mercedes, Ferrari ou Renault utilisent souvent leurs équipes en F1 comme des vitrines technologiques, tout en entretenant des partenariats financiers avec d’autres structures. Cette situation pose la question de la légitimité des performances : une écurie peut-elle être totalement indépendante lorsqu’elle partage des ressources avec une autre ? La réponse divise, entre ceux qui y voient une optimisation légitime et ceux, comme Zak Brown, pour qui cela porte atteinte à l’esprit sportif.
Quoi qu’il en soit, le débat sur l’intégrité financière du championnat risque de s’intensifier à l’approche des prochaines saisons. Les fans, de plus en plus attentifs à la transparence des structures actionnariales, pourraient exiger des clarifications supplémentaires de la part des écuries et des instances dirigeantes.
Le patron de McLaren estime que ces liens compromettent l’équité sportive et menacent l’intégrité de la Formule 1. Selon lui, des équipes partageant des actionnaires ou des structures communes peuvent optimiser leurs performances au détriment des autres, ce qui fausse la compétition.
Les discussions évoquées par RMC Sport concernent principalement Alpine et Mercedes. Le constructeur allemand négocierait l’acquisition de 24% du capital d’Alpine, actuellement détenu par le fonds Otro Capital. Renault conserve 76% du capital d’Alpine.