Le chanteur Gauvain Sers s’est adressé directement au président de la République Emmanuel Macron dans une tribune publiée sur Franceinfo - Culture, lundi 13 avril 2026. Dans un texte intitulé « Monsieur le président, seriez-vous dur d’oreille ? », il interroge l’accessibilité de l’Élysée pour les personnes atteintes de déficiences auditives, soulignant l’absence de dispositifs adaptés lors de ses précédentes interventions publiques.
Ce qu'il faut retenir
- Gauvain Sers, chanteur engagé, a publié une tribune sur Franceinfo - Culture le 13 avril 2026 pour dénoncer l’absence d’accessibilité auditive à l’Élysée.
- Il cite en exemple la conférence de presse du président Macron du 12 avril 2026, où aucun sous-titrage ou interprète en langue des signes n’était présent.
- Sers rappelle que cette problématique s’inscrit dans un cadre légal, notamment via la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances.
- Il questionne la cohérence de l’État en matière d’accessibilité, alors que des solutions technologiques existent.
Une tribune engagée pour une cause oubliée
Dans sa tribune, Gauvain Sers prend appui sur un exemple récent pour étayer son propos : la conférence de presse du président Emmanuel Macron, diffusée en direct le 12 avril 2026. À cette occasion, aucun dispositif de sous-titrage ni d’interprète en langue des signes française (LSF) n’était disponible, alors que des millions de Français sont concernés par des troubles auditifs. « Comment justifier que l’Élysée, symbole de la République, reste inaccessible à une partie de ses citoyens ? », s’interroge le chanteur, qui milite depuis plusieurs années pour les droits des personnes handicapées.
Sers, connu pour son engagement social, rappelle que la France s’est dotée d’une législation ambitieuse avec la loi du 11 février 2005, censée garantir l’accessibilité universelle. Pourtant, dans les faits, les avancées restent limitées. « Autant dire que le compte n’y est pas », souligne-t-il, avant d’ajouter que des outils comme les sous-titres automatiques ou les plateformes de traduction instantanée pourraient être déployés sans délai.
L’Élysée pointé du doigt sur son manque de moyens
La tribune de Sers ne se contente pas de pointer un manque de volonté politique : elle interroge aussi les moyens concrets mis à disposition par l’institution présidentielle. Selon lui, les annonces répétées en faveur d’une « société plus inclusive » se heurtent à une réalité bien différente lors des grands rendez-vous médiatiques. « Quand on voit les moyens déployés pour une simple allocution présidentielle, on peut se demander pourquoi les mêmes efforts ne sont pas faits pour inclure tous les citoyens », explique-t-il.
Le chanteur cite en contre-exemple des pays comme le Canada ou le Royaume-Uni, où les conférences de presse nationales intègrent systématiquement des dispositifs d’accessibilité. Une comparaison qui, selon lui, met en lumière les retards accumulés par la France. « La technologie est là. Le problème, c’est la volonté politique », insiste-t-il.
Un débat qui dépasse le cadre artistique
Si Gauvain Sers est avant tout connu pour sa carrière musicale, son engagement dépasse largement le cadre artistique. Depuis plusieurs années, il utilise sa notoriété pour porter des causes sociales, comme l’accueil des migrants ou l’inclusion des personnes handicapées. Cette tribune s’inscrit dans cette continuité, en plaçant la question de l’accessibilité au cœur du débat public.
Interrogé par Franceinfo - Culture, il précise que son action ne vise pas à critiquer personnellement le président Macron, mais à rappeler que l’État a une obligation légale en matière d’accessibilité. « Ce n’est pas une question de personne, c’est une question de principe. La République doit être exemplaire », déclare-t-il. Pour appuyer son propos, il évoque les statistiques de l’INSEE, selon lesquelles près de 8 % de la population française souffre d’une déficience auditive, dont 1 % de surdité profonde.
Contacté par Franceinfo - Culture, l’Élysée n’a pas encore réagi officiellement à la tribune. Pour autant, cette prise de parole s’inscrit dans un contexte où les associations de défense des droits des sourds et malentendants multiplient les recours contre l’État pour manquement à ses obligations. Une mobilisation qui pourrait, à terme, contraindre les pouvoirs publics à agir.
Plusieurs solutions existent, comme le sous-titrage en direct via des outils d’intelligence artificielle, la présence d’un interprète en langue des signes française (LSF) en écran partagé, ou encore l’utilisation de plateformes de retransmission adaptées. Des pays comme le Canada ou l’Australie les ont déjà mises en place lors de leurs événements officiels.
