Plus de deux ans après le début de l’invasion russe, la guerre en Ukraine continue de faire des victimes civiles chaque jour, alors que l’attention internationale se porte davantage sur le conflit au Moyen-Orient. Ouest France publie un entretien avec le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, qui analyse les enjeux actuels de ce conflit meurtrier aux portes de l’Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • La guerre en Ukraine, bien que moins médiatisée, cause encore des victimes civiles quotidiennes, selon Ouest France.
  • Le général Jérôme Pellistrandi, expert en stratégie militaire, évoque les dynamiques actuelles du conflit dans un entretien exclusif.
  • Les combats persistent malgré l’éclipse médiatique par la crise au Moyen-Orient.

Un conflit toujours meurtrier malgré l’actualité dominante

Alors que les caméras et les reportages se tournent vers le Moyen-Orient, la guerre en Ukraine n’a pas pris fin. Selon les données disponibles, des civils continuent de tomber sous les bombardements et les combats, même si ces drames sont moins visibles dans les médias. Le général Jérôme Pellistrandi, spécialiste des questions de défense, souligne que cette situation n’est pas nouvelle : « Le conflit est éclipsé par l’Iran, mais il continue à faire des victimes chaque jour », a-t-il déclaré à Ouest France.

Les observateurs notent que l’intensité des combats a pu varier selon les périodes, mais que la guerre, elle, n’a jamais vraiment cessé. Les frappes sur les infrastructures civiles, comme les réseaux électriques ou les systèmes d’approvisionnement en eau, restent une réalité. Ces attaques, souvent qualifiées de tactiques de guerre totale, visent à affaiblir la résistance ukrainienne et à fragiliser la population.

Les enjeux stratégiques analysés par un expert militaire

Dans son entretien accordé à Ouest France, le général Pellistrandi revient sur les enjeux militaires et géopolitiques de cette guerre. Il rappelle que l’Ukraine, soutenue par ses alliés occidentaux, tente de résister à une armée russe mieux équipée, mais confrontée à des problèmes logistiques et humains. « La Russie mise sur l’épuisement de l’Ukraine et de ses partenaires », explique-t-il, avant d’ajouter que « la résistance ukrainienne repose en grande partie sur l’aide militaire occidentale, dont l’ampleur reste un sujet de débat ».

Le général Pellistrandi évoque également la question des négociations de paix, souvent évoquées mais jamais concrétisées. Pour lui, le cessez-le-feu reste une possibilité lointaine, tant les positions des deux camps restent éloignées. « Les conditions posées par Moscou, notamment la reconnaissance de l’annexion des territoires occupés, sont inacceptables pour Kiev », précise-t-il.

Une guerre aux conséquences humanitaires et économiques

Les répercussions de ce conflit dépassent largement le cadre militaire. Les pertes civiles, les déplacements de populations et la destruction des infrastructures ont des conséquences durables sur la société ukrainienne. Selon les dernières estimations, plus de six millions de personnes ont quitté le pays depuis 2022, tandis que des millions d’autres sont déplacées à l’intérieur des frontières.

Sur le plan économique, la guerre a causé des dommages estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars. La reconstruction, déjà en cours dans certaines régions, nécessitera des décennies et des financements internationaux massifs. Les sanctions contre la Russie, quant à elles, ont bouleversé les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agroalimentaire.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient être déterminants. Plusieurs échéances diplomatiques sont attendues, notamment en juin 2026, où une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN pourrait relancer les discussions sur un soutien accru à l’Ukraine. Par ailleurs, la capacité des deux belligérants à maintenir leur effort de guerre sur la durée reste un facteur clé. La Russie, malgré ses difficultés internes, continue de mobiliser des ressources importantes, tandis que l’Ukraine dépendra de l’engagement de ses alliés à long terme.

Pour le général Pellistrandi, la situation reste « précaire », mais il rappelle que « l’Ukraine a déjà prouvé sa résilience face à des défis bien plus grands ». L’évolution du conflit dépendra en grande partie de la capacité des parties à trouver un compromis, ou à défaut, à imposer leur rapport de force.

Selon le général Pellistrandi, les principaux défis pour l’Ukraine sont le manque de ressources humaines et matérielles, malgré l’aide occidentale, ainsi que la capacité à maintenir la cohésion de sa population face à une guerre prolongée. La Russie, de son côté, souffre de problèmes logistiques et de sanctions économiques, mais conserve un avantage en termes d’effectifs et d’armements conventionnels.