Un nouveau rapport publié le 21 avril par l’organisation Human Rights Watch met en lumière les exactions commises à l’encontre des Tigréens vivant dans l’ouest de leur région historique, le Tigré. Selon l’ONG, les autorités de la région voisine de l’Amhara — qui administre cette zone depuis le conflit armé — y multiplient les violations des droits humains, contraignant une partie de la population à fuir.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rapport de Human Rights Watch publié le 21 avril 2026 dénonce des persécutions contre les Tigréens de l’ouest du Tigré.
  • Ces exactions sont attribuées aux autorités de la région de l’Amhara, qui administre la zone depuis le conflit.
  • De nombreux habitants fuient la région en raison des violations des droits humains subies.

Un territoire sous administration contestée

L’ouest du Tigré, province du nord de l’Éthiopie, est aujourd’hui sous le contrôle des autorités de la région de l’Amhara. Cette situation résulte du conflit armé qui a opposé, entre 2020 et 2024, le gouvernement éthiopien — soutenu par les forces de l’Amhara — aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Selon Human Rights Watch, cette occupation s’accompagne d’un ensemble de mesures répressives à l’encontre des populations tigréennes.

Parmi les pratiques dénoncées figurent des déplacements forcés, des restrictions d’accès aux services publics, et des actes de violence visant spécifiquement les Tigréens. Ces exactions poussent une partie de la population à quitter la région, souvent dans des conditions précaires.

Des violations documentées et systématiques

Le rapport de Human Rights Watch s’appuie sur des témoignages recueillis auprès de centaines de résidents et de réfugiés ayant fui l’ouest du Tigré. « Les autorités de l’Amhara utilisent des méthodes de persécution ciblées pour marginaliser les Tigréens », a déclaré Laetitia Bader, directrice pour la Corne de l’Afrique au sein de l’ONG, dans un communiqué.

Parmi les exemples cités : l’imposition de taxes discriminatoires, l’interdiction d’accès à certaines terres agricoles, ou encore des arrestations arbitraires. L’organisation souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à modifier la composition démographique de la région.

Un contexte humanitaire déjà fragile

La situation dans l’ouest du Tigré s’ajoute à une crise humanitaire déjà profonde dans la région. Depuis le début du conflit en 2020, des milliers de personnes ont été tuées et des millions déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées dans les pays voisins. Les Nations unies estiment que plus de 90 % de la population du Tigré dépend aujourd’hui de l’aide humanitaire pour subvenir à ses besoins.

Les exactions signalées par Human Rights Watch aggravent encore les conditions de vie des habitants, rendant leur retour ou leur maintien dans la région particulièrement difficile. Les organisations internationales, dont le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, ont déjà alerté à plusieurs reprises sur la dégradation de la situation dans cette partie du pays.

Et maintenant ?

Le rapport de Human Rights Watch appelle à une enquête indépendante sur les violations commises dans l’ouest du Tigré et à des sanctions ciblées contre les responsables présumés. Une mission de l’ONU devrait se rendre sur place dans les prochains mois pour évaluer la situation. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été formulée par les autorités éthiopiennes ou celles de la région de l’Amhara.

La communauté internationale, quant à elle, pourrait renforcer la pression diplomatique sur Addis-Abeba afin d’obtenir des garanties pour la protection des civils. Reste à voir si ces appels trouveront un écho auprès des décideurs locaux et nationaux.

Ce rapport s’inscrit dans une série de dénonciations répétées contre les violations des droits humains en Éthiopie depuis le début du conflit. Les organisations de défense des droits, comme Human Rights Watch ou Amnesty International, continuent de documenter ces exactions afin de faire pression pour une résolution durable de la crise.