Alors que le gouvernement réfléchit à des aides pour les professions de gros rouleurs, certains infirmiers libéraux installés en zone rurale ont d’ores et déjà franchi le pas de l’électrique. Une transition qui, pour eux, s’avère économiquement pertinente, mais qui ne résout pas les défis structurels de leur rémunération.
Ce qu'il faut retenir
- Certains infirmiers libéraux en zone rurale ont adopté la voiture électrique pour réduire leurs coûts de carburant
- Le gouvernement envisage des aides à la location pour les gros rouleurs, mais cela ne règlerait pas les problèmes de rémunération
- La hausse du prix des carburants a accéléré la conversion de ces professionnels de santé
Une conversion motivée par l’économie
En zone rurale, les infirmiers libéraux parcourent souvent des distances importantes pour leurs tournées. Face à la flambée des prix des carburants, certains ont choisi de troquer leur véhicule thermique contre un modèle électrique. « Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière », déclare l’un d’eux à Libération, soulignant les économies réalisées sur le long terme. Selon des témoignages recueillis par le quotidien, le coût à l’usage d’une voiture électrique – électricité, entretien réduit – est bien inférieur à celui d’un véhicule thermique, surtout avec des tarifs du carburant en constante augmentation.
Ces professionnels, qu’ils soient pionniers ou néoconvertis, estiment avoir fait le bon choix. Les trajets quotidiens, parfois supérieurs à 100 kilomètres, sont désormais assurés sans la contrainte des pleins d’essence ou des fluctuations des prix. « On ne subissait plus les annonces des gouvernements sur les taxes », explique un infirmier basé dans la Creuse, où les distances entre patients peuvent être importantes.
Un modèle qui ne résout pas tout
Si la transition vers l’électrique apporte un soulagement sur le poste carburant, elle ne règle pas les autres difficultés financières auxquelles font face les infirmiers libéraux. Les professionnels interrogés par Libération rappellent que leurs revenus restent soumis aux tarifs fixés par l’Assurance maladie, souvent jugés insuffisants pour couvrir l’ensemble des charges. « L’aide à la location d’une voiture électrique ne suffirait pas à compenser les baisses de rémunération », précise l’un d’eux.
Le gouvernement plancherait sur un dispositif d’aide, notamment pour les professions de gros rouleurs, mais les contours en restent flous. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée, et les infirmiers doivent composer avec des budgets serrés. « On fait des économies sur le carburant, mais les charges fixes restent lourdes », constate un professionnel en Ardèche, où les tournées s’étendent sur des zones montagneuses.
Un enjeu de santé publique
Les infirmiers libéraux jouent un rôle clé dans l’accès aux soins en milieu rural. Leur mobilité est un facteur déterminant pour assurer le suivi des patients, souvent âgés ou isolés. La hausse des coûts de déplacement menace leur activité, ce qui explique en partie l’engouement pour l’électrique. « Si on ne peut plus se déplacer, c’est toute une population qui sera privée de soins », s’alarme un infirmier de Mayenne.
La conversion à l’électrique s’inscrit donc dans une logique de pérennité de leur métier. Pourtant, le coût initial d’un véhicule électrique – bien que compensé par des économies à l’usage – reste un frein pour certains. Les aides publiques pourraient faciliter cette transition, mais leur mise en place prendra du temps.
Pour l’heure, la question de la rémunération des infirmiers libéraux reste en suspens, tout comme celle de la viabilité économique de leur activité dans un contexte de tensions budgétaires.
Selon Libération, le gouvernement étudie la possibilité d’une aide à la location de véhicules électriques pour certaines professions, dont les infirmiers libéraux. Aucune mesure concrète n’a encore été annoncée, et les modalités restent à définir.
