D’après nos confrères de Courrier International, le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, a pris officiellement ses fonctions le 11 mars, marquant l’avènement d’une « nouvelle droite » au pouvoir. Ce changement à la tête du pays est historique à bien des égards, car pour la première fois depuis 1938, la droite contrôle à la fois la Moneda (le palais présidentiel), le Congrès et le Sénat, comme le souligne le journal chilien La Tercera.

Le quotidien conservateur chilien La Tercera, à la une de son édition du 12 mars, titre que le nouveau président « commence son mandat sur la promesse de restaurer l’ordre et les institutions ». José Antonio Kast est un « président pour l’urgence », souligne le journal, en référence à sa promesse de concentrer tous ses efforts sur la sécurité, l’éducation et l’économie durant les premiers mois de son mandat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, a pris ses fonctions le 11 mars.
  • Ce changement est historique car la droite contrôle pour la première fois depuis 1938 le palais présidentiel, le Congrès et le Sénat.
  • La Tercera le qualifie de « président pour l’urgence » en raison de ses priorités sur la sécurité, l’éducation et l’économie.

Le contexte politique

Ancien membre du parti de la droite traditionnelle Rénovation nationale, José Antonio Kast a fondé son propre parti en 2019, le Parti républicain. Cette autonomie lui a permis d’exprimer sa nostalgie pour la dictature de Pinochet, de combattre le droit à l’avortement ou de promettre d’expulser plus de 330 000 immigrés en situation irrégulière, et de leur faire payer leur billet d’avion. Il a quitté son parti mercredi, promettant de gouverner pour tous les Chiliens.

Les principaux dirigeants de la droite dure d’Amérique latine, à commencer par l’Argentin Javier Milei, avec lequel il a échangé une chaleureuse « accolade », étaient présents, souligne le journal de centre droit. Auparavant, José Antonio Kast avait signé les premiers décrets de son « gouvernement d’urgence », en commençant par ceux visant à limiter l’immigration illégale, grand leitmotiv de sa campagne.

Les premières mesures

Il a nommé un militaire en charge de la « macrozone nord », qui correspond aux 1 300 kilomètres de frontière avec le Pérou et la Bolivie, et autorisé la création de « barrières physiques pour arrêter les migrants » avec une augmentation des « moyens militaires » et de la surveillance par drones. Issu d’une famille allemande et fils d’un ancien soldat de la Wehrmacht, José Antonio Kast a aussi annoncé un audit des dépenses du précédent gouvernement de gauche, qui était dirigé par Gabriel Boric.

« Ce gouvernement n’est pas venu pour gérer ce qui existe, mais pour corriger ce qui ne va pas, récupérer ce qui a été perdu et construire ce qui n’a jamais été fait », a ajouté José Antonio Kast, avant de reprocher au gouvernement sortant l’état des finances publiques (avec un déficit fiscal structurel de 3,6 % du PIB, selon le Conseil fiscal autonome) ou l’avancée du crime organisé dans le pays.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la manière dont le nouveau gouvernement mettra en œuvre ses promesses, notamment en ce qui concerne la sécurité et l’immigration. Les réactions de la communauté internationale et des différents acteurs politiques chiliens seront également à suivre de près.

La prise de fonction de José Antonio Kast marque une nouvelle étape dans l’histoire politique du Chili, avec des défis à relever dans les domaines de la sécurité, de l’économie et des relations sociales. Le pays attend avec intérêt les premiers résultats de cette nouvelle orientation politique.