Le 4 mai 2026 marque, selon Le Figaro, une date symbolique pour les actifs français : celle où ils ont, en théorie, « fini de financer » les pensions et les dépenses de santé des retraités pour le reste de l’année. Cet indicateur, baptisé « Jour de Libération des Actifs », a été calculé par deux économistes libéraux, Erwann Tison, directeur des études de l’Institut de l’Entreprise, et Maxime Sbaihi, de l’Institut Montaigne. Leur objectif ? Donner une mesure concrète de la solidarité intergénérationnelle, souvent perçue comme abstraite.
Ce qu'il faut retenir
- Le Jour de Libération des Actifs 2026 tombe le 4 mai, symbolisant le moment où les actifs français ont « fini de payer » pour les retraités.
- Les cotisations retraites (salariés + employeurs) et les dépenses de santé des personnes âgées représentent 37 % du salaire brut médian.
- L’indicateur a été conçu par Erwann Tison (Institut de l’Entreprise) et Maxime Sbaihi (Institut Montaigne).
- Cette année, le débat sur l’équilibre générationnel est alimenté par les incertitudes sur l’avenir des retraites.
Un indicateur pour matérialiser un coût souvent invisible
Chaque année, les actifs français financent, via leurs cotisations sociales, les pensions de retraite et une partie des dépenses de santé des retraités. Pour rendre ce coût plus tangible, les deux économistes ont établi un profil type de salarié au revenu médian et ont additionné les contributions. Selon leurs calculs, les cotisations retraites (part salariale et patronale) s’élèvent à environ 29,5 % du salaire brut total. En y ajoutant les dépenses de santé des personnes âgées, ce taux atteint 37 % du salaire brut.
L’idée derrière le « Jour de Libération des Actifs » est simple : une fois cette date passée, les actifs n’auraient plus à « payer » pour les retraités jusqu’à la fin de l’année. Autant dire que ce seuil symbolique met en lumière l’ampleur de la solidarité intergénérationnelle, un sujet récurrent dans les débats économiques et sociaux.
Une méthode qui soulève des questions sur l’équilibre des comptes
Erwann Tison et Maxime Sbaihi ont publié leur analyse sur le site des Électrons libres, un média libéral, où ils expliquent leur démarche. Leur approche repose sur un calcul basé sur le revenu médian, mais ils précisent que ce seuil varie selon les profils. « Le coût réel supporté par les actifs dépend de leur niveau de salaire et de leur situation familiale », a souligné Maxime Sbaihi. « Pour un célibataire sans enfant, le taux peut dépasser 40 %, tandis qu’une famille nombreuse verra ce poids relativisé. »
Cette méthode a le mérite de donner une vision chiffrée, mais elle ne tient pas compte des autres dépenses sociales, comme les allocations familiales ou le chômage. Elle se concentre uniquement sur la retraite et la santé des retraités, ce qui en fait un indicateur partiel, mais utile pour alimenter le débat.
Un débat qui dépasse le cadre économique
Le « Jour de Libération des Actifs » intervient dans un contexte où les incertitudes sur l’avenir des retraites sont fortes. Entre les discussions sur le report de l’âge légal, l’équilibre du système par répartition et les projections démographiques, la question du financement des retraites reste au cœur des préoccupations. « Les actifs d’aujourd’hui s’interrogent légitimement sur ce qu’ils recevront demain », a rappelé Erwann Tison. « Cet indicateur permet de visualiser concrètement ce que coûte la solidarité intergénérationnelle. »
Le gouvernement, qui prépare une réforme des retraites, pourrait être amené à se saisir de ce type d’outil pour justifier ses choix. Cependant, la méthode des deux économistes, bien que pédagogique, reste critiquable. Certains y verront une simplification excessive, d’autres un outil utile pour rappeler aux Français l’ampleur des transferts sociaux.
Pour les salariés, cette date symbolique rappelle que la solidarité entre générations a un coût. Que ce soit pour financer les pensions ou les dépenses de santé, les actifs contribuent chaque mois à hauteur de près de 40 % de leur salaire brut. Un poids qui, selon les auteurs de l’indicateur, mérite d’être mieux compris et discuté.
La date est calculée en fonction des cotisations sociales annuelles moyennes et du revenu médian. En 2026, le 4 mai correspond au moment où, selon les économistes, les actifs ont « fini de payer » pour les retraités. Ce calcul dépend donc des montants totaux collectés et des dépenses prévisionnelles pour l’année.