La journée internationale de la bipolarité, fixée au 30 mars, est l'occasion de sensibiliser sur ce trouble psychique qui touche 1 à 2,5 % de la population, selon les données de Santé publique France. Selon nos confrères de Ouest France à la une, cette journée est importante pour dédier une attention particulière à ce trouble, souvent stigmatisé et mal compris. Marion Tessier, responsable de l’antenne angevine d’Argos 2001, une association d’aide aux personnes atteintes de troubles bipolaires et à leur entourage, explique que « la psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine ».
La bipolarité est un trouble psychique marqué par une alternance de phases euphoriques et dépressives, et est considéré comme l’un des plus graves. En effet, 15 % des malades mettent fin à leurs jours. L’antenne de l’association Argos 2001 en Maine-et-Loire, créée en septembre 2025 et comptant déjà plus de 80 adhérents, organise un événement à Angers pour la Journée internationale des troubles bipolaires.
Ce qu'il faut retenir
- La bipolarité touche 1 à 2,5 % de la population
- 15 % des malades mettent fin à leurs jours
- La psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine
- L’association Argos 2001 organise un événement à Angers pour la Journée internationale des troubles bipolaires
Le contexte historique
La première loi sur la santé mentale date de 1838, et les choses ont heureusement changé depuis. Aujourd’hui, les thérapies se sont très largement améliorées avec un meilleur accueil de la patientèle, la limitation de l’isolement et de la contrainte, ou la création de salles d’apaisement comme au Césame à Angers. Cependant, la santé mentale est officiellement une grande cause nationale pour les autorités, mais la psychiatrie reste sous-dotée en moyens.
Marion Tessier explique que « nous avons en effet au sein de l’association des personnes qui ont dû attendre 15-20 ans pour avoir le bon diagnostic après avoir été longtemps traitées pour de la dépression ». Les personnes bipolaires rencontrent de grandes difficultés administratives, sociales, judiciaires, familiales et d’accès à l’emploi.
Les défis de la prise en charge
L’errance médicale est évaluée entre sept et dix ans et trouver un traitement adapté prend également beaucoup de temps. Marion Tessier explique que « nous avons au sein de l’association des personnes qui ont dû attendre 15-20 ans pour avoir le bon diagnostic après avoir été longtemps traitées pour de la dépression ». Les patients vivent aussi une longue période de déni après la pose du diagnostic.
Le traitement de la bipolarité évolue rapidement, et les futurs médecins apprennent désormais que le lithium peut être prescrit en première intention. Cependant, certains anciens s’y refusent et les patients sont contraints d’expérimenter de nombreuses molécules avant de trouver la bonne.
Les raisons d’espérer
Marion Tessier explique que « plusieurs pistes de recherche nous le permettent, oui ». Le diagnostic différenciant de la dépression unipolaire et de la bipolarité par prise de sang, l’imagerie IRM du cerveau qui s’affine, une meilleure compréhension des origines génétiques et la psychiatrie de précision qui permettra de personnaliser les traitements sont autant de raisons d’espérer que demain, la bipolarité sera mieux soignée.
La pair-aidance, préconisée par l’Organisation mondiale de la santé, est une véritable solution d’avenir : rompre l’isolement représente le meilleur remède anti-suicide et le partage d’expériences peut vraiment faire gagner du temps.
En conclusion, la journée internationale de la bipolarité est une occasion importante de sensibiliser sur ce trouble psychique méconnu. Il est essentiel de comprendre les enjeux et les défis de la prise en charge de la bipolarité, et de soutenir les associations qui œuvrent pour améliorer la vie des personnes atteintes de ce trouble.
