Imaginez : votre retraite pourrait bientôt inclure une pincée de Bitcoin. En Colombie, c'est en passe de devenir réalité. Le deuxième plus grand fonds de pension du pays, AFP Protección, s'apprête à lancer un fonds indexé sur la cryptomonnaie reine. Une première ? Pas tout à fait. Mais une étape de plus vers l'adoption institutionnelle des crypto-actifs.

Un fonds Bitcoin pour les investisseurs avertis

Selon nos confrères de Valora Analitik, Juan David Correa, le président de Protección SA, a confirmé le projet lors d'une interview. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'accès ne sera pas ouvert à tous. Seuls les investisseurs qualifiés, après un conseil personnalisé, pourront y accéder. (On se demande d'ailleurs si cette approche ne risque pas de creuser les inégalités d'accès aux crypto-actifs...)

Le fonds, qui ne modifiera pas l'allocation centrale des retraites, se présente comme une option complémentaire. Une sorte de bonus pour ceux qui veulent diversifier leur portefeuille. « L'élément le plus important reste la diversification », a souligné Correa. Autant dire que le Bitcoin ne remplacera pas les actions ou les obligations traditionnelles.

La Colombie dans le sillage des pionniers

Protección n'est pas le premier à sauter le pas. En septembre dernier, Skandia, un autre géant des fonds de pension colombien, avait déjà lancé un produit similaire. Résultat des courses : la Colombie devient un terrain de jeu de plus en plus attractif pour les crypto-investisseurs institutionnels.

Avec plus de 220 000 milliards de pesos colombiens sous gestion (environ 55 milliards de dollars), Protección gère les retraites de 8,5 millions de clients. À l'échelle nationale, le marché des fonds de pension obligatoires atteignait 527 300 milliards de pesos en novembre 2025. Presque la moitié de ces fonds est investie à l'étranger. Le Bitcoin pourrait-il devenir une nouvelle destination pour ces capitaux ?

La Colombie se dote d'un cadre fiscal pour les cryptos

Justement, parlons fiscalité. Plus tôt ce mois-ci, la DIAN, l'administration fiscale colombienne, a imposé de nouvelles règles de déclaration pour les prestataires de services crypto. Les plateformes d'échange, dépositaires et intermédiaires devront désormais collecter et transmettre des données sur les utilisateurs et leurs transactions.

Cette résolution aligne la Colombie sur le cadre de l'OCDE. Les prestataires devront transmettre les données d'identification et les informations de transaction des utilisateurs concernés. Sanctions en cas de non-conformité, bien sûr. (On pourrait se demander si cela ne va pas freiner l'innovation dans le secteur...)

Mais revenons à notre fonds Bitcoin. Avec ce lancement, Protección devient le deuxième grand gestionnaire de fonds de pension colombien à faire son entrée dans l'univers des actifs numériques. Une tendance qui pourrait bien s'étendre à d'autres pays d'Amérique latine.

Alors, révolution ou simple diversification ? Difficile de dire avec certitude. Une chose est sûre : le Bitcoin continue de s'imposer dans le paysage financier. Et la Colombie en est un exemple frappant.

Seuls les investisseurs qualifiés, après un conseil personnalisé, pourront y accéder. Le processus vise à évaluer le profil de risque de chaque client.

Non, ce fonds se présente comme une option complémentaire. Les instruments à revenu fixe, les actions et les autres actifs traditionnels restent au cœur des portefeuilles de pension.

La DIAN impose désormais aux prestataires de services crypto de collecter et transmettre des données sur les utilisateurs et leurs transactions. Ces règles s'alignent sur le cadre de l'OCDE.

Et vous, seriez-vous prêt à inclure du Bitcoin dans votre portefeuille de retraite ?