Le 21 février 2026, une étude scientifique a été publiée, mettant en avant l'importance de la prévention dans la lutte contre la démence. Selon cette étude, dirigée par des chercheurs de l'University College London (UCL), il est possible d'éviter ou de retarder près de la moitié des cas de démence en ciblant 14 facteurs de risque spécifiques.

Ces facteurs de risque incluent un faible niveau d'éducation, une déficience auditive, l'hypertension artérielle, le tabagisme, l'obésité, la dépression, la sédentarité, le diabète, une consommation excessive d'alcool, des lésions cérébrales traumatiques, la pollution de l'air et l'isolement social. Deux nouveaux facteurs de risque viennent d'être identifiés : un taux élevé de lipoprotéines de basse densité, communément appelé « mauvais cholestérol », et une perte de vision non traitée à un âge avancé.

Les chiffres de la démence

La démence touche plus de 55 millions de personnes à travers le monde, avec près de 10 millions de nouveaux cas chaque année, selon des données partagées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2023. Ce chiffre pourrait grimper à 78 millions en 2030 et à 139 millions en 2050, soulignant l'importance de mettre l'accent sur la recherche et la prévention.

Les experts estiment que ces facteurs de risque sont associés à 40% des cas de démence dans le monde. Les deux nouveaux facteurs identifiés sont liés à 9% des cas de démence, dont 7% pour le « mauvais cholestérol » et 2% pour la perte de vision.

La prévention

La prévention est essentielle pour lutter contre la démence. Les experts appellent à mettre en place des actions pour traiter la dépression, améliorer la prise en charge de la déficience auditive, réduire l'exposition aux bruits nocifs, traiter le « mauvais cholestérol » dès 40 ans, réduire l'exposition du public à la pollution de l'air et au tabagisme, et favoriser les relations sociales.

Comme le souligne Gill Livingston, professeure de psychiatrie à l'UCL et principale auteure de ces recherches, « Notre nouveau rapport révèle que l'on peut et que l'on doit faire beaucoup plus pour réduire le risque de démence. Il n'est jamais trop tôt ni trop tard pour agir, et il est possible d'avoir un impact à tous les stades de la vie ».

Les recommandations

Les experts mondiaux ont formulé de nouvelles recommandations à l'attention du gouvernement et des populations. Ils recommandent de mettre en place des actions pour promouvoir des modes de vie sains, tels que l'exercice physique régulier, l'absence de tabagisme, une activité cognitive au milieu de la vie et l'absence d'excès d'alcool.

Ces recommandations visent à réduire les inégalités en matière de risque et à faire en sorte que des modes de vie sains soient accessibles à tous, en particulier aux habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire et aux groupes défavorisés sur le plan socio-économique.

Conclusion

La démence est un problème de santé publique majeur qui nécessite une attention particulière. En comprenant les facteurs de risque et en mettant en place des actions de prévention, il est possible de réduire le risque de démence et d'améliorer la qualité de vie des individus. Il est essentiel que les gouvernements et les populations travaillent ensemble pour promouvoir des modes de vie sains et réduire les inégalités en matière de risque.

Comme le rappelle Gill Livingston, « Des modes de vie sains impliquant un exercice physique régulier, l'absence de tabagisme, une activité cognitive au milieu de la vie et l'absence d'excès d'alcool peuvent non seulement réduire le risque de démence, mais aussi retarder l'apparition de la démence ».

Le mauvais cholestérol et la perte de vision non traitée à un âge avancé viennent d'être identifiés comme des facteurs de risque de la démence. © Jacob Wackerhausen, iStock
La démence pourrait se prédire grâce à l'étude des mouvements oculaires. © Canva Pro
Une étude s'est intéressée à l'impact de la fumée sur le cerveau. © Perfect Wave, Shutterstock.com
L'analyse des IRM cérébrales a permis aux chercheurs d'une nouvelle étude d'identifier une « signature » de la démence. © Tryfonov, Adobe Stock
Un taux très élevé de « bon » cholestérol est associé à un risque accru de démence selon une nouvelle étude australienne. © Chanelle Malambo, Adobe Stock