Le 19 mars 2026, la figure antiraciste tunisienne Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison, selon son avocate, comme le rapporte Le Monde. Cette condamnation intervient après près de deux ans d'emprisonnement pour des accusations de malversations financières. Mme Mosbah, âgée de 66 ans, est également condamnée à une lourde amende de 100 000 dinars, environ 30 000 euros.

Saadia Mosbah, présidente de l’association M’nemty (« mon rêve »), a été en première ligne pour défendre les migrants provenant d’Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed. Ce discours dénonçait l’arrivée de « hordes de migrants clandestins » et un complot « pour changer la composition démographique » du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison pour des accusations de malversations financières.
  • Elle a également été condamnée à une amende de 100 000 dinars, environ 30 000 euros.
  • Mme Mosbah est une figure antiraciste tunisienne qui a défendu les migrants provenant d’Afrique subsaharienne.

Contexte de la condamnation

La condamnation de Saadia Mosbah intervient dans un contexte de répression croissante de la société civile en Tunisie, marqué par des poursuites judiciaires contre des défenseurs des droits humains, des campagnes de dénigrement dans les médias et des restrictions visant les organisations travaillant sur les questions migratoires, selon l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Dans sa plaidoirie, l’avocate de Mme Mosbah, Ibtissem Jebabli, a souligné que la source de ces fonds était « bien identifiée » et qu’il s’agissait d’« organisations reconnues au niveau international ». Quant à l’accusation d’enrichissement personnel, l’avocate a noté qu’« aucun des accusés ne possède sa propre habitation » et que Mme Mosbah puise sur sa retraite pour aider l’association.

Réactions et soutien

Une dizaine de militants d’ONG s’étaient rassemblés jeudi à Tunis devant le tribunal en soutien aux membres de M’nemty. Romdhane Ben Amor du FTDES, une ONG spécialisée dans les questions migratoires, a dénoncé à plusieurs reprises une « criminalisation » des actions de la société civile et de l’aide aux migrants.

Dhouha Yahyaoui, une militante de la société civile, a estimé que la décision finale serait « politique plutôt que juridique ». Depuis un coup de force à l’été 2021 du président Saïed, les ONG locales et internationales ont régulièrement dénoncé une régression des droits et libertés en Tunisie.

Et maintenant ?

La condamnation de Saadia Mosbah pourrait avoir des conséquences importantes pour la société civile tunisienne et les défenseurs des droits humains. Il est à craindre que cette décision ne renforce la répression contre les voix dissidentes et les organisations de la société civile.

En conclusion, la condamnation de Saadia Mosbah à huit ans de prison est un événement significatif qui reflète la répression croissante de la société civile en Tunisie. Il est essentiel de continuer à surveiller la situation et de soutenir les défenseurs des droits humains dans leur lutte pour la justice et la liberté.