Un passeport pour l'Europe

Imaginez : vous êtes russe, ukrainien ou transnistrien, et du jour au lendemain, vous avez la possibilité d'obtenir un passeport moldave. Autant dire que ça donne des idées. Surtout quand on sait que ce petit pays de 2,5 millions d'habitants est vu comme une porte d'entrée vers l'Union européenne. Résultat des courses : des dizaines de milliers de demandes ces dernières années.

Mais depuis fin 2025, le gouvernement moldave a mis un frein à cet engouement. La maîtrise du roumain est désormais obligatoire. Et ça, ça change tout.

Un engouement sans précédent

On pourrait se demander pourquoi la Moldavie ? C'est simple : ce pays partage une frontière avec l'Ukraine et la Roumanie, et surtout, il est plus facile d'y obtenir la nationalité qu'en Russie ou en Ukraine. (D'ailleurs, saviez-vous que la Moldavie a été un temps sous domination soviétique ?)

Selon les chiffres officiels, plus de 50 000 Russes ont obtenu la nationalité moldave entre 2023 et 2025. Un chiffre impressionnant pour un pays de cette taille. Et puis, côté Transnistrie, une région séparatiste de la Moldavie, l'engouement est encore plus fort. On y compterait près de 10 000 demandes par an.

Le truc, c'est que cette vague d'immigration a des conséquences. Les villes frontalières comme Bălți ou Ungheni ont vu leur population augmenter de manière significative. Et les infrastructures locales peinent à suivre.

La maîtrise du roumain, un frein brutal

Fin 2025, le gouvernement moldave a décidé de durcir les conditions d'obtention de la nationalité. Désormais, il faut prouver sa maîtrise du roumain. Une langue qui, rappelons-le, est très proche du moldave, mais qui reste un obstacle pour beaucoup.

Résultat : les demandes ont chuté de manière drastique. D'après nos confrères de [Source], on serait passé de plusieurs milliers de demandes par mois à quelques centaines. Autant dire que le gouvernement a réussi son coup.

Mais pourquoi cette décision ? Officiellement, il s'agit de préserver l'identité nationale. (On pourrait aussi se demander si cette mesure ne vise pas à limiter l'influence russe dans le pays.)

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle réglementation a provoqué des réactions très vives. Certains y voient une mesure discriminatoire, tandis que d'autres la jugent nécessaire pour préserver la langue et la culture moldaves.

Et maintenant ?

Difficile de dire avec certitude comment cette situation va évoluer. Le gouvernement moldave semble déterminé à maintenir cette mesure, mais la pression internationale pourrait le faire fléchir. (Rappelons que la Moldavie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne, et que Bruxelles suit de près la situation.)

Côté Russes, Ukrainiens et Transnistriens, l'engouement pour la nationalité moldave semble s'être calmé. Mais on peut parier que cette question reviendra sur le devant de la scène, surtout si la situation politique en Europe de l'Est continue de se dégrader.

En attendant, la Moldavie reste un pays fascinant, à la croisée des influences russes, ukrainiennes et roumaines. Et son avenir dépendra en grande partie de la manière dont il gérer cette diversité.

La Moldavie est attractive pour les Russes car elle offre une porte d'entrée vers l'Union européenne. De plus, les conditions d'obtention de la nationalité y sont plus souples qu'en Russie ou en Ukraine. Enfin, la proximité géographique et culturelle joue également un rôle important.

Cette vague d'immigration a des conséquences importantes pour la Moldavie. Les villes frontalières voient leur population augmenter rapidement, ce qui pose des défis en termes d'infrastructures et de services publics. De plus, cette situation soulève des questions sur l'identité nationale et la préservation de la langue et de la culture moldaves.