Dimanche 1er mars, le chancelier allemand Friedrich Merz a donné une conférence de presse sur la situation au Moyen-Orient à la chancellerie de Berlin, selon nos confrères de Courrier International. Lors de cette conférence, Merz a abordé la question de la guerre en Iran sans nommer explicitement une « violation du droit international ». Il a préféré légitimer l'intervention en rappelant que « la condamnation des violations du droit par l'Iran, et même les vastes ensembles de sanctions n'ont eu que peu d'impact ces dernières années », rapporte le quotidien berlinois Tagesspiegel.
Ces déclarations ont provoqué la colère du vice-chancelier Lars Klingbeil et du SPD (parti social-démocrate), qui ont dénoncé un discours différent de « ce sur quoi s'étaient entendus les dirigeants de la coalition ». Le chancelier CDU a ensuite affirmé qu'« il n'est pas dans notre intérêt d'entrer dans une guerre sans fin ». Puis, le 10 mars, il a déclaré que l'Allemagne n'a « aucune volonté de porter atteinte à l'intégrité territoriale, la souveraineté ou la viabilité économique de l'Iran ».
Ce qu'il faut retenir
- Le chancelier allemand Friedrich Merz a donné une conférence de presse sur la situation au Moyen-Orient le 1er mars.
- Merz n'a pas nommé explicitement une « violation du droit international » concernant la guerre en Iran.
- Le vice-chancelier Lars Klingbeil et le SPD ont dénoncé les déclarations de Merz.
- Merz a affirmé qu'il n'est pas dans l'intérêt de l'Allemagne d'entrer dans une guerre sans fin.
- L'Allemagne n'a aucune volonté de porter atteinte à l'intégrité territoriale, la souveraineté ou la viabilité économique de l'Iran.
La réaction de l'Espagne
Depuis la rencontre entre Friedrich Merz et Donald Trump le 3 mars, « les relations entre Madrid et Berlin sont glaciales », rapporte le magazine hebdomadaire Der Spiegel. Le président américain a critiqué le Royaume-Uni et l'Espagne après leur refus d'accorder aux États-Unis l'accès à leurs bases aériennes dans la guerre menée contre l'Iran. Trump a qualifié l'Espagne d'alliée « déplorable ».
Rather que de prendre la défense de Madrid, Friedrich Merz a fini par « reprendre à son compte les critiques de Trump, qui reproche [aux autres pays de l'Otan] la faiblesse de leurs dépenses de défense », relate l'hebdomadaire allemand. Et bien que le chancelier ait ensuite nuancé ses propos, expliquant à Trump qu'« une guerre économique contre l'Espagne serait une guerre contre toute l'UE », le mal était fait.
Les conséquences pour l'Allemagne
Pour l'Espagne, en se positionnant ainsi, l'Allemagne n'a fait qu'agir en « vassal » des États-Unis, pointe le quotidien britannique The Times. Merz « plonge dans l'embarras un des pays dont la population compte parmi les plus pro-européennes », déplore Steffen Lüdke dans les colonnes du Spiegel, et ravive, dans le même temps, « de vieilles blessures ».
Car comme le rappelle le journaliste, « durant la crise de l'euro, Berlin avait obligé Madrid à adopter des mesures d'austérité qui ont privé toute une génération de ses perspectives d'avenir ». La continuité d'une politique étrangère controversée se poursuit, avec des conséquences qui pourraient être importantes pour l'Allemagne et l'Union européenne.
En conclusion, les déclarations de Merz sur l'Iran ont provoqué une vague de critiques et de tensions, tant à l'intérieur de l'Allemagne qu'à l'échelle internationale. Il reste à voir comment ces événements évolueront dans les prochaines semaines et quelles conséquences ils auront pour l'Allemagne et l'Union européenne.
