Le 13 avril 2016, au port autonome de Conakry en Guinée, a débuté un processus qui a conduit, entre janvier et mai 2025, à l'acheminement de trois importantes cargaisons d'équipement militaire russe vers Bamako, la capitale malienne. Selon une enquête du consortium The Sentry sur les crimes de guerre, publiée le 21 avril, ces cargaisons comprenaient des camions, des chars, des véhicules blindés et des bateaux.

Ce qu'il faut retenir

  • L'extension de l'influence militaire russe au Sahel via un corridor logistique guinéen
  • La mise en place d'un réseau logistique traversant l'Afrique de l'Ouest depuis le port de Conakry
  • Un changement de stratégie avec la priorité donnée à l'installation de bases arrière pour protéger l'expansion au Sahel

Un réseau logistique stratégique

D'après l'enquête, le Kremlin a mis en place ce réseau logistique passant par le port guinéen de Conakry pour étendre son empreinte militaire dans la région. Cette nouvelle architecture logistique marque un changement de cap de l'organisation paramilitaire russe Africa Corps, désormais orientée vers l'établissement de bases arrière pour sécuriser sa présence croissante au Sahel.

Une influence grandissante

Le Groupe Wagner, suivi de l'Africa Corps, a accru son influence au Sahel suite au retrait progressif des forces occidentales et à l'arrivée au pouvoir de juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Ces pays se sont regroupés sous le nom de l'Alliance des États du Sahel (AES) et ont développé des liens étroits avec Moscou.

Et maintenant ?

La consolidation de la présence militaire russe au Sahel soulève des questions sur l'équilibre des puissances dans la région et les implications géopolitiques à venir.