Selon Le Figaro, une divergence persistante oppose depuis 2013 deux méthodes de mesure de la constante de Hubble, qui détermine le taux d’expansion de l’Univers. D’un côté, les observations du satellite européen Planck, dédié à l’étude du fond diffus cosmologique – cette première lumière émise après le Big Bang –, suggèrent une expansion plus lente que prévu. De l’autre, les astrophysiciens « traditionnels », dont le Prix Nobel Adam Riess, défendent une valeur plus élevée, étayée par des mesures répétées à l’aide des télescopes les plus performants. Autant dire que la communauté scientifique est divisée, et que cette « tension » persiste sans solution à l’horizon.

Ce qu’il faut retenir

  • Depuis 2013, les cosmologistes sont confrontés à une divergence de 10 % sur la mesure de la constante de Hubble, clé pour comprendre l’expansion de l’Univers.
  • Les données du satellite Planck (ESA) indiquent un taux d’expansion inférieur à celui estimé par les méthodes traditionnelles.
  • Adam Riess, codécouvreur de l’énergie noire, défend une valeur plus élevée, basée sur des observations complémentaires.
  • Malgré des années de recalibrage et d’harmonisation des méthodes, aucun consensus n’émerge.

Un désaccord qui s’enracine dans l’histoire de la cosmologie

Le débat remonte à la publication, en 2013, des premières données du satellite Planck. En analysant le fond diffus cosmologique, les scientifiques européens ont estimé que l’Univers s’étendait à un rythme inférieur de près de 10 % à celui calculé par leurs confrères. « Il y a quelque chose de pourri au royaume de la cosmologie », avait lancé un chercheur de manière provocatrice pour décrire cette situation, selon Le Figaro. Depuis, les équipes de Riess ont multiplié les vérifications : utilisation du télescope Hubble, affinement des méthodes d’étalonnage, recoupement avec d’autres instruments comme le James Webb. Rien n’y fait. La majorité de ces experts restent convaincus de la justesse de leurs résultats, mais le doute persiste.

L’énergie noire, cette inconnue qui aggrave les tensions

Au cœur du problème se trouve l’énergie noire, cette force mystérieuse qui compose près des trois quarts du contenu de l’Univers et accélère son expansion. Découverte par Riess et ses collègues en 1998 – une trouvaille récompensée par un Prix Nobel en 2011 –, elle reste aujourd’hui l’un des plus grands mystères de la physique. Les mesures de Planck suggèrent que son influence pourrait être moins forte que prévu, tandis que les approches traditionnelles, elles, confirment son rôle dominant. Pour Le Figaro, cette opposition illustre les limites actuelles de notre compréhension : « Qui a raison ? » s’interrogent les chercheurs, sans réponse tranchée.

Des pistes pour résoudre l’énigme, mais aucune solution en vue

Face à cette impasse, plusieurs pistes sont explorées. Certains scientifiques tentent de concilier les deux approches en réévaluant les modèles théoriques, tandis que d’autres misent sur des instruments encore plus précis. Le télescope Euclid, lancé en 2023 par l’ESA, devrait fournir des données complémentaires d’ici 2027. D’autres projets, comme le futur observatoire LSST au Chili, pourraient apporter des éclairages inédits. Pourtant, comme le souligne Le Figaro, « cela pourrait n’être qu’un débat de spécialistes » si la communauté ne parvient pas à un accord d’ici là. En attendant, la polémique reste ouverte, et chaque camp campe sur ses positions.

Et maintenant ?

Les prochaines années s’annoncent décisives. Les données du télescope Euclid, dont les premières livraisons sont attendues pour 2026, pourraient soit atténuer les divergences, soit les exacerber. Si les écarts se creusent, les cosmologistes devront revoir leurs modèles, voire envisager l’existence d’une physique encore inconnue. Une conférence majeure, prévue en 2027 à l’occasion des résultats finaux de Euclid, sera probablement l’occasion de faire le point. Pour l’instant, la communauté reste en attente, tandis que les spéculations vont bon train dans les laboratoires.

Un débat qui dépasse le cadre scientifique

Au-delà des chiffres et des équations, cette divergence illustre les défis auxquels fait face la cosmologie moderne. « La tension actuelle rappelle que nos modèles, bien que performants, restent incomplets », explique un chercheur sous couvert d’anonymat. Le Figaro rappelle que cette situation n’est pas unique dans l’histoire des sciences : des désaccords similaires, comme celui sur la nature de la lumière au XIXe siècle, ont finalement conduit à des avancées majeures. Reste à savoir si l’Univers saura, cette fois encore, lever le voile sur ses propres secrets.

La constante de Hubble mesure le taux d’expansion de l’Univers. Elle permet de dater le Big Bang et de prédire son avenir. Sa valeur influence directement notre compréhension de l’énergie noire, de la matière noire et de la structure à grande échelle du cosmos.

Si la divergence ne se résout pas, les cosmologistes devront peut-être revoir leurs modèles fondamentaux. Cela pourrait impliquer l’existence de nouvelles particules, de forces inconnues, ou même une révision de la théorie de la relativité générale d’Einstein.