Alors que le trafic maritime est presque à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, les conséquences de la fermeture quasi totale de cette voie navigable sont déjà tangibles pour les pays dépendants du pétrole qui transite par cette zone. Selon nos confrères de Courrier International, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) propose une mesure sans précédent pour mettre fin à la flambée de cours du pétrole : le déblocage de 400 millions de barils de pétrole.
Ce « déblocage représenterait plus du double » du précédent record établi par l’agence en 2022, lorsque ses États membres avaient mis 182 millions de barils sur le marché après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, souligne le quotidien économique américain The Wall Street Journal. L’AIE a mis ce chiffre sur la table lors d’une réunion d’urgence des responsables de l’énergie des 32 pays membres, mardi 10 mars.
Ce qu'il faut retenir
- L’AIE propose un déblocage de 400 millions de barils de pétrole pour lutter contre la flambée des cours.
- Ce déblocage représenterait plus du double du précédent record établi en 2022.
- La proposition pourrait être adoptée dès ce mercredi si aucun pays ne s’y oppose.
- Le détroit d’Ormuz est une voie navigable qui relie le golfe Arabo-Persique aux marchés mondiaux et quelque 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transitent chaque jour par ce détroit.
Contexte
La situation actuelle est critique, avec le cours du brent, le baril de référence, qui frôlait les 120 dollars (103 euros) lundi 9 mars. Une première réunion d’urgence du G7 avec le directeur de l’AIE, Fatih Birol, avait été organisée pour discuter des moyens d’atténuer la crise énergétique. Les ministres des Finances du G7 s’étaient dits prêts à prendre « les mesures nécessaires », sans parvenir toutefois à se mettre d’accord sur le recours aux réserves stratégiques.
La proposition de l’AIE vise à lutter contre les perturbations massives causées par la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, rappelle The Wall Street Journal. Depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran le 28 février, la République islamique menace de s’en prendre à tout pétrolier qui franchirait la zone.
Conséquences
En douze jours de conflit, le cours du pétrole a grimpé de près de 40 %, dépassant la barre des 100 dollars avant de redescendre cette semaine, les investisseurs suivant de près les déclarations du président Trump sur la durée de la guerre. Le baril se négocie ce mercredi à 89 dollars (77 euros), mais le prix des carburants comme le diesel continue de monter en flèche.
Cette situation a des conséquences directes sur les pays qui dépendent fortement du pétrole, avec des impacts potentiels sur l’économie et la stabilité politique. La communauté internationale est donc aux aguets, attendant les prochaines décisions qui pourraient influencer le cours des événements.
Prochaines étapes
Une visioconférence du G7 à l’initiative du président français, Emmanuel Macron, à 15 heures, devrait permettre aux dirigeants du groupe des principaux pays industrialisés d’en discuter. La proposition de l’AIE pourrait être adoptée dès ce mercredi si aucun pays ne s’y oppose, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur les marchés énergétiques mondiaux.
La situation reste donc sous haute surveillance, avec des enjeux considérables pour l’économie et la politique mondiales. Reste à voir comment les événements évolueront et quelles seront les prochaines étapes pour tenter de résoudre cette crise énergétique.
