Selon Numerama, une étude récente menée par Brett Hemenway Falk et Gerry Tsoukalas, publiée en mars 2026, avertit que l'automatisation par l'IA pourrait avoir des conséquences négatives sur l'économie. En effet, en détruisant des emplois plus rapidement qu'ils ne se recréent, l'IA pourrait éroder la demande et fragiliser l'équilibre macroéconomique. Cette étude souligne que les entreprises qui licencient pour réduire leurs coûts grâce à l'IA pourraient collectivement provoquer une contraction de la demande, ce qui aurait des conséquences négatives sur l'ensemble de l'économie.
Ce qu'il faut retenir
- L'automatisation par l'IA pourrait éroder la demande et fragiliser l'équilibre macroéconomique.
- Les entreprises qui licencient pour réduire leurs coûts grâce à l'IA pourraient collectivement provoquer une contraction de la demande.
- La destruction d'emplois se traduirait par une baisse des revenus, puis de la consommation, fragilisant l'ensemble de l'équilibre économique.
Le mécanisme de l'automatisation
Le mécanisme est relativement simple : si l'IA remplace les travailleurs plus rapidement que l'économie ne crée de nouveaux emplois, les revenus des ménages diminuent, entraînant une baisse de la consommation globale. Cette demande agrégée constitue pourtant le moteur des ventes de l'ensemble des entreprises. Lorsque les revenus du travail reculent, une partie de la clientèle disparaît mécaniquement.
Les auteurs de l'étude formalisent ce phénomène à travers un modèle en « tâches », dans lequel chaque entreprise choisit la part de travail humain qu'elle remplace par de l'IA. À mesure que le niveau moyen d'automatisation augmente, la demande globale se contracte, ce qui pèse sur les revenus de toutes les entreprises, y compris celles qui ont peu automatisé.
Les conséquences de l'automatisation
Il s'agit là d'un cas typique d'externalité négative : en réduisant ses effectifs, une entreprise impose un coût indirect à l'ensemble des autres acteurs économiques, via l'érosion de la demande, sans en supporter directement les conséquences. Ce piège ne s'exerce toutefois pas avec la même intensité selon la structure des marchés. Dans leur modèle, les auteurs montrent qu'un acteur en situation de monopole internalise davantage les effets de ses licenciements qu'un ensemble d'entreprises en concurrence, souvent très fragmenté, où chaque acteur capte les gains privés de l'automatisation tout en diffusant ses effets négatifs à l'ensemble de l'économie.
Poussé à l'extrême, ce mécanisme concurrentiel s'apparente à un classique de la théorie des jeux : le dilemme du prisonnier. Dans ce cas limite, dit « sans friction », les auteurs supposent que toutes les tâches sont également faciles et peu coûteuses à automatiser, et que les entreprises peuvent ajuster leur niveau d'automatisation sans contrainte technique majeure.
Les solutions pour corriger ce piège
Les auteurs de l'étude défendent dès lors le recours à une taxe pigouvienne, un instrument classique visant à internaliser les externalités négatives — à l'image des taxes sur la pollution. Appliquée à l'IA, cette approche consisterait à taxer chaque tâche automatisée à hauteur du coût qu'elle impose à la demande globale.
En renchérissant le coût de l'automatisation, une telle taxe inciterait les entreprises à ne substituer le travail humain que lorsque les gains de productivité compensent réellement la perte de pouvoir d'achat induite. Dans leur modèle, ce mécanisme permet de rapprocher le niveau d'automatisation d'un optimum social, dans lequel ni les entreprises ni les travailleurs ne sont durablement pénalisés.
En conclusion, l'automatisation par l'IA peut avoir des conséquences négatives sur l'économie si elle n'est pas gérée de manière responsable. Les entreprises et les gouvernements doivent travailler ensemble pour trouver des solutions pour corriger ce piège et promouvoir un développement plus équilibré de l'automatisation.
Le piège de l'IA est un phénomène où les entreprises qui licencient pour réduire leurs coûts grâce à l'IA pourraient collectivement provoquer une contraction de la demande, ce qui aurait des conséquences négatives sur l'ensemble de l'économie.
