Le CAC 40 a connu une journée difficile jeudi, avec une perte de 0,29% - autant dire que les investisseurs sont nerveux. Et pour cause : la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) a semé le doute sur l'évolution de la monnaie unique.

Un scénario attendu, mais avec des nuances

Comme on pouvait s'y attendre, la BCE a maintenu ses taux inchangés - 2,00% pour le dépôt, 2,15% pour le refinancement et 2,40% pour le prêt marginal. Mais ce qui a retenu l'attention, c'est l'absence de signal nouveau sur la trajectoire à venir. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, s'est efforcée de rester neutre, sans donner de hint sur les décisions futures.

(Et on peut se demander si cette neutralité est vraiment rassurante pour les marchés...)

Les conséquences d'un euro fort

Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management, nous rappelle que l'appréciation de l'euro face au dollar pourrait avoir des conséquences importantes sur l'inflation. Le communiqué de la BCE mentionne expressément le taux de change comme risque sur l'inflation - et c'est là que les choses se compliquent.

Un euro durablement fort n'est pas neutre, comme le souligne Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire d'Auris Gestion. Il freine la compétitivité, pèse sur les exportations et exerce une pression désinflationniste via la baisse des prix importés. Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un scénario inquiétant pour les entreprises exportatrices.

Les chiffres qui font mal

Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties jeudi au-dessus des attentes, à 231 000 demandes - un plus haut depuis début décembre. Le rapport JOLTS a relevé lui un nombre d'offres d'emplois en décembre au plus bas depuis 2020. Et si l'on ajoute à cela les 108 435 postes supprimés en janvier, selon les chiffres du cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas, on commence à avoir une idée de la situation.

Et pour couronner le tout, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi dans le rouge - le Dow Jones a perdu 1,20%, le Nasdaq Composite 1,59% et le S&P 500 1,23%.

Un point sur les autres classes d'actifs à risque

Sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1790$ ce matin. Le baril de WTI s'échangeait autour de 64,10$. Les Treasuries 10 years se négociaient légèrement au-dessus des 4,21%. Et le VIX, cet indicateur de volatilité, valait 21,77 à la dernière clôture du S&P 500.

Resultat des courses, notre avis est négatif sur le CAC 40 à court terme - autant dire que les investisseurs devraient rester prudents. Et pour couronner le tout, les données préliminaires de l'indice de confiance des consommateurs américains (U-Mich) seront publiées ce vendredi à 16h00 - on attend avec impatience de voir comment les choses vont évoluer.

La Banque centrale européenne (BCE) est l'institution chargée de la politique monétaire de la zone euro. Son rôle est de maintenir la stabilité des prix, de promouvoir la croissance économique et de garantir la stabilité financière.

L'euro fort rend les exportations plus chères pour les pays étrangers, ce qui peut entraîner une baisse des ventes et des bénéfices pour les entreprises exportatrices. Cela peut également rendre les produits européens moins compétitifs sur les marchés internationaux.

Le VIX est un indicateur de volatilité qui mesure la volatilité attendue du S&P 500 sur les 30 prochains jours. Il est souvent utilisé comme un indicateur de l'humeur des marchés et de la confiance des investisseurs.