Selon nos confrères de BFM Bourse, les indices américains et européens résistent relativement bien au choc créé par le conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs misent sur une résolution rapide de cette guerre, persuadés que Donald Trump mettra assez vite fin aux hostilités. Mais entre résiliences et complaisance, la frontière s'avère ténue.
L'éclatement du conflit en Iran a provoqué une onde de choc pour les investisseurs. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre le pays du Golfe persique, et les ripostes de Téhéran dans la région ont déclenché une envolée des cours de l'or noir. Cette semaine, le baril de Brent a tutoyé les 120 dollars avant de refluer et de retomber autour des 100 dollars. Avant le début de l'offensive américano-israélienne, le prix du baril ne dépassait pas 73 dollars.
Ce qu'il faut retenir
- Les indices américains et européens résistent relativement bien au choc créé par le conflit au Moyen-Orient.
- Les investisseurs misent sur une résolution rapide de cette guerre, persuadés que Donald Trump mettra assez vite fin aux hostilités.
- Le baril de Brent a tutoyé les 120 dollars avant de refluer et de retomber autour des 100 dollars.
- Le trafic dans le détroit d'Ormuz est actuellement à l'arrêt.
- Les marchés actions mondiaux n'affichent un retrait que de 4% par rapport à leurs plus récents sommets.
Les conséquences du conflit
Le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale quotidienne de pétrole et de gaz, est actuellement à l'arrêt. Plusieurs pays de la région (Irak, Koweït, Qatar) ont été contraints de réduire leur production d'hydrocarbures. Le marché commence à craindre un scénario de stagflation, dans lequel les économies développées feraient face à une inflation galopante couplée à un ralentissement de la croissance.
Vincent Juvyns, responsable de l'investissement chez ING Belgium, a précisé que « face à un choc stagflationniste, il y a en général peu de protection ». Pourtant, les actions ne décrochent pas tant que cela. La baisse observée sur les différentes places s'avère relativement mesurée.
Le « Trump put »
Les investisseurs attendent le « Trump put », une expression qui renvoie au « put », un produit dérivé permettant de couvrir les risques sur une position acheteuse. L'idée est que si les marchés actions souffrent trop, le président américain - connu pour commenter bruyamment les évolutions de Wall Street - fera le nécessaire pour calmer le jeu. Il s'agit en quelque sorte du pendant boursier du fameux « TACO » (« Trump always chickens out » ou « Trump finit toujours par se dégonfler »).
Ce « Trump put » constitue l'un des deux facteurs de résilience des marchés actions américains. Alexandre Baradez, chef de l'analyse de marché chez IG Markets, a remarqué que le S&P 500 ne recule que de 4,7% par rapport à son dernier plus haut. En comparaison, la chute est de 8% pour le CAC 40 et de 8% également pour le DAX 40.
Les perspectives
Les marchés actions européens ont davantage souffert et intègrent plus de risque. Notamment parce que plusieurs membres de la Banque centrale européenne sont intervenus pour assurer que les erreurs de 2022 et 2023 ne seraient pas répétées et que donc ils étaient vigilants et prêts à intervenir pour maîtriser l'inflation. Alexandre Baradez n'exclut pas que la banque centrale a commis une « erreur de communication ».
En conclusion, le conflit en Iran a des conséquences importantes sur les marchés financiers et les investisseurs doivent rester vigilants face à cette incertitude. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de ce conflit et son impact sur les marchés financiers.
