Le monde de l'édition a été secoué récemment par le départ de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal de son éditeur historique, Gallimard, pour Grasset, filiale du groupe Hachette Livre, contrôlé par Vincent Bolloré, comme le rapporte Le Monde. Cette décision a été rendue publique le 12 mars et a suscité une vague d'émois dans le monde littéraire.
C'est dans ce contexte que Jean-Marie Laclavetine, éditeur de Boualem Sansal pendant vingt-sept ans, a exprimé son sentiment de tristesse et de perte. Dans un texte sensible publié sur le site de Libération le 16 mars, Laclavetine décrit sa réaction face à ce départ, utilisant des mots qui traduisent une profonde affection et une relation qui va au-delà du simple éditeur-auteur : « Mais voilà, tu as largué les amarres, je te regarde t’éloigner. Bonne route, mon vieux Sachem. Ne te perds pas. »
Ce qu'il faut retenir
- Le départ de Boualem Sansal de Gallimard pour Grasset a été annoncé le 12 mars.
- Jean-Marie Laclavetine, éditeur de Sansal pendant vingt-sept ans, a exprimé son sentiment de tristesse.
- Boualem Sansal a justifié son départ par une « divergence » de stratégie avec Gallimard.
Un éditeur et son auteur : une relation de confiance
Jean-Marie Laclavetine est une figure emblématique dans le monde de l'édition française. Depuis son arrivée au sein du comité de lecture de Gallimard en 1989, il a été l'éditeur de quelques-uns des auteurs les plus prestigieux du catalogue de la maison, notamment au sein de la collection « Blanche ». Outre Boualem Sansal, il travaille avec des écrivains comme Muriel Barbery, Marie NDiaye, Carole Martinez, Daniel Pennac, et Jean-Christophe Rufin. Laclavetine a également une réputation pour repérer de jeunes talents, comme Tristan Garcia, dont il a publié La Meilleure Part des hommes en 2008, ou Leïla Slimani, future lauréate du Prix Goncourt 2016 pour Chanson douce.
C'est dans ce contexte de collaboration étroite et de confiance mutuelle que le départ de Boualem Sansal pour Grasset prend tout son sens. Laclavetine a assuré sur France Inter que son ami fait une « énorme erreur » en quittant Gallimard, soulignant qu'il est « absurde de penser qu’il va trouver la liberté chez Bolloré et qu’il était en prison chez Gallimard ».
Les raisons du départ
Boualem Sansal, quant à lui, justifie son départ par une « divergence » de stratégie avec Gallimard, notamment durant sa « détention en Algérie », comme il l'a expliqué dans une tribune publiée sur le site du Monde le lendemain de la publication du texte de Laclavetine. Il affirme avoir préféré rejoindre « une maison qui partage [sa] ligne de clarté et de combat ».
En conclusion, le départ de Boualem Sansal de Gallimard pour Grasset est un événement marquant dans le monde de l'édition, qui reflète à la fois les complexités des relations entre éditeurs et auteurs et les stratégies éditoriales en constante évolution. Cette décision, motivée par des désaccords sur la stratégie éditoriale, laisse place à de nouvelles collaborations et à l'émergence de nouveaux talents dans un paysage littéraire en perpétuelle mutation.
