Le fondateur de l’application SocialFi Believe, Benjamin Pasternak, a été arrêté en début de semaine et fait désormais l’objet d’une procédure judiciaire pour des faits d’agression et de strangulation, selon Cryptoast. Ces accusations interviennent alors que son projet est au cœur de soupçons de rug pull, une pratique consistant à abandonner un projet en emportant les fonds des investisseurs après avoir manipulé le cours d’un token.

Ce qu'il faut retenir

  • Benjamin Pasternak, fondateur de Believe, a été arrêté et inculpé pour agression et strangulation avec l’intention de causer des blessures physiques, des faits datant du 31 mai 2024.
  • Un recours collectif a été déposé contre lui et les autres responsables de Believe, accusés d’avoir orchestré un rug pull sur le token BELIEVE, entraînant une chute de plus de 99 % de sa valeur.
  • Le token BELIEVE, initialement coté sous le ticker LAUNCHCOIN, a été l’objet d’une migration forcée qui a dilué massivement les avoirs des investisseurs.
  • Benjamin Pasternak a plaidé non coupable et son procès est prévu pour le 11 juin 2026 à New York.

Un parcours entrepreneurial marqué par la précocité et l’innovation

Benjamin Pasternak, entrepreneur d’origine australienne, s’est fait connaître dès l’âge de 14 ans en créant des jeux pour iOS. Son parcours l’a ensuite mené dans le classement Forbes 30 Under 30 en 2020, dans la catégorie Technologies grand public, révèle Cryptoast. Cette reconnaissance a ouvert la voie à son engagement dans le secteur émergent de la SocialFi — ces plateformes sociales monétisées grâce à des tokens natifs.

En début d’année 2025, il lance Clout, un réseau de « monétisation des relations sociales », qui sera rapidement rebaptisé Believe. Ce projet visait à transformer les interactions en ligne en opportunités financières décentralisées, une approche qui a séduit de nombreux investisseurs. Pourtant, cette success story entrepreneuriale est désormais éclipsée par des accusations graves et des soupçons financiers.

Une chute brutale du token BELIEVE et des soupçons de manipulation

Le token BELIEVE, associé au projet, a enregistré une baisse de plus de 99 % depuis son sommet historique du 15 mai 2025, où il s’échangeait à 0,35 dollar. Cette chute vertigineuse s’explique notamment par une migration forcée du token, initialement enregistré sous le ticker LAUNCHCOIN. Selon les plaignants, cette opération aurait permis aux responsables du projet de créer 333 millions de nouveaux tokens réservés aux insiders, diluant ainsi la valeur des avoirs des investisseurs externes.

De plus, les tokens n’ayant pas migré ont été détruits, aggravant encore la perte pour les détenteurs. Un recours collectif a été déposé le 23 mars 2026 par des investisseurs lésés, accusant Benjamin Pasternak et son équipe d’avoir orchestré un rug pull délibéré. Depuis cette affaire, le fondateur aurait disparu des radars, laissant les investisseurs sans réponse ni explication.

« Les membres du projet Believe auraient profité de cette migration pour créer 333 millions de nouveaux tokens à destination exclusive des insiders, diluant ainsi les avoirs de leurs détenteurs de façon assez importante. »

Une procédure judiciaire pour agression et strangulation

Parallèlement aux soupçons financiers, Benjamin Pasternak a été arrêté en début de semaine et inculpé pour des faits d’agression et de strangulation survenus le 31 mai 2024, selon les documents du tribunal du district de New York. Les charges retenues évoquent une volonté de « causer des blessures physiques », un élément qui ajoute une dimension criminelle à son dossier déjà complexe.

Face à ces accusations, l’entrepreneur a plaidé non coupable lors de son audience préliminaire. Son procès est désormais fixé au 11 juin 2026, une échéance qui pourrait permettre de faire la lumière sur les événements entourant à la fois l’affaire pénale et les soupçons de fraude financière. Reste à savoir si ces deux affaires sont liées ou si elles relèvent de coïncidences troublantes.

Selon les avocats de la défense, aucune preuve directe ne relie directement l’incident du 31 mai 2024 aux activités professionnelles de Pasternak. Cependant, la concomitance des deux affaires soulève des questions sur la gestion de Believe et son impact sur les parties prenantes.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires s’annoncent déterminantes. Le procès prévu le 11 juin 2026 pourrait apporter des éclaircissements sur les soupçons de rug pull et les charges d’agression. Les investisseurs lésés, quant à eux, attendent des réponses sur la restitution de leurs fonds, un processus qui pourrait s’avérer long et incertain. Enfin, les autorités de régulation pourraient être amenées à se saisir de l’affaire, notamment si des manquements aux obligations légales sont avérés.

Cette affaire rappelle les risques inhérents aux projets décentralisés, où la transparence et la confiance jouent un rôle central. Les investisseurs sont invités à la prudence, tandis que les régulateurs pourraient renforcer leurs contrôles sur les plateformes SocialFi et les levées de fonds associées.

Un rug pull désigne une arnaque où les créateurs d’un projet de cryptomonnaie abandonnent soudainement le projet après avoir attiré des investisseurs, emportant avec eux les fonds collectés. Cela se traduit généralement par une chute brutale du cours du token et la disparition des liquidités du projet.

Les investisseurs lésés ont déposé un recours collectif le 23 mars 2026. Ils devront attendre les conclusions de l’enquête et du procès pour savoir si une restitution partielle ou totale est possible. Les procédures judiciaires pourraient prendre plusieurs mois, voire années.