Selon nos confrères de Le Monde, le président du Ghana, John Dramani Mahama, a récemment souligné l'importance de la reconnaissance pleine et entière de l'histoire de l'esclavage pour l'humanité tout entière. Cette déclaration intervient alors que le Ghana a célébré le 69ᵉ anniversaire de son indépendance, le 6 mars. Dans son allocution à la nation, le président Mahama a évoqué le courage et la détermination de ses dirigeants fondateurs, qui ont lutté pour assurer la liberté du pays.

Kwame Nkrumah, le premier ministre et président du Ghana de 1952 à 1966, avait toujours rappelé que l'indépendance politique demeure incomplète tant que le système international qui structure les économies et les opportunités n'est pas transformé. C'est dans cet esprit que le Ghana présentera, le 25 mars, une résolution à l'Assemblée générale des Nations unies appelant à la reconnaissance formelle de la traite transatlantique et de la mise en esclavage des Africains comme crime contre l'humanité, ainsi que la nécessité d'engager un processus de réparation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Ghana demande une reconnaissance internationale de l'esclavage comme crime contre l'humanité.
  • Le président John Dramani Mahama a souligné l'importance de la reconnaissance de l'histoire de l'esclavage pour l'humanité.
  • Le Ghana présentera une résolution à l'Assemblée générale des Nations unies le 25 mars.

Contexte historique

La traite transatlantique et la mise en esclavage des Africains sont considérées comme l'une des plus grandes tragédies morales de l'histoire humaine. Selon les estimations, entre 15 et 20 millions d'Africains ont été déportés vers les Amériques entre le 15ᵉ et le 19ᵉ siècle. Cette période a eu des conséquences dévastatrices pour les populations africaines et leurs descendants, qui ont subi des siècles de discrimination, de marginalisation et de violence.

Le Ghana, qui était alors connu sous le nom de Côte-de-l'Or britannique, a été l'un des principaux centres de la traite transatlantique. Les Portugais, les Néerlandais, les Britanniques et les Français ont tous établi des forts et des comptoirs le long de la côte ghanéenne pour faciliter la traite des esclaves. Les esclaves étaient déportés vers les Amériques pour travailler dans les plantations, les mines et les maisons des colons.

La résolution du Ghana

La résolution que le Ghana présentera à l'Assemblée générale des Nations unies est soutenue par l'Union africaine, la Communauté des Caraïbes (Caricom) et une coalition croissante de pays du Sud global. Cette initiative vise à obtenir une reconnaissance internationale de la traite transatlantique et de la mise en esclavage des Africains comme crime contre l'humanité, et à engager un processus de réparation pour les descendants des esclaves.

Le président Mahama a souligné que cette initiative ne vise pas à rouvrir de vieilles blessures, mais à les reconnaître avec honnêteté et à œuvrer pour la justice et la réparation. Il a également rappelé que la quête de justice n'a jamais cessé, depuis les premiers dirigeants africains qui protestaient contre la capture et la vente de leurs peuples jusqu'aux mouvements post-indépendance qui ont façonné le monde moderne.

Les enjeux

La reconnaissance de la traite transatlantique et de la mise en esclavage des Africains comme crime contre l'humanité a des implications importantes pour les relations internationales, la justice et la réparation. Elle pourrait également avoir des conséquences pour les pays qui ont bénéficié de la traite des esclaves et pour les descendants des esclaves qui continuent de subir les conséquences de cette histoire.

Le Ghana et ses alliés espèrent que cette résolution contribuera à une meilleure compréhension de l'histoire de la traite transatlantique et de ses conséquences, et à une reconnaissance plus large de la nécessité de réparation et de justice pour les descendants des esclaves. Ils espèrent également que cela contribuera à une plus grande solidarité et à une coopération internationale pour lutter contre les discriminations et les inégalités qui persistent aujourd'hui.

Et maintenant ?

La résolution du Ghana sera présentée à l'Assemblée générale des Nations unies le 25 mars. Il est attendu que les débats et les discussions autour de cette résolution soient intenses et passionnés, avec des positions divergentes entre les pays qui soutiennent la résolution et ceux qui s'y opposent. Les prochaines semaines et les prochains mois seront cruciaux pour déterminer l'issue de cette initiative et les conséquences qu'elle aura pour les relations internationales et la justice mondiale.

En conclusion, la demande du Ghana pour une reconnaissance internationale de l'esclavage comme crime contre l'humanité est un événement important qui pourrait avoir des conséquences significatives pour les relations internationales, la justice et la réparation. Il est essentiel de suivre de près les développements autour de cette initiative et de continuer à soutenir les efforts pour une reconnaissance plus large de l'histoire de la traite transatlantique et de ses conséquences.