Alors que le secteur des transports urbains et touristiques s’oriente vers des solutions toujours plus innovantes, un acteur français se distingue sur la scène européenne. Poma, leader mondial des systèmes de transport par câble, annonce avoir remporté un contrat significatif outre-Rhin, tout en opérant déjà le plus grand téléphérique du continent. Côté Allemagne, le groupe a signé un accord pour la construction d’une ligne de téléphérique urbain dans une métropole allemande — un projet dont les détails précis n’ont pas encore été dévoilés par l’entreprise. Côté France, Poma exploite le téléphérique de Grenoble Bastille, qui détient le record européen de capacité avec plus de 1 800 passagers par heure et par sens.

Ce qu'il faut retenir

  • Poma est l’opérateur du plus grand téléphérique d’Europe, situé à Grenoble, avec une capacité de 1 800 passagers/heure/sens.
  • Le groupe français vient de signer un contrat en Allemagne pour un nouveau projet de téléphérique urbain, sans que la ville ou les caractéristiques techniques n’aient été précisées.
  • Cette annonce intervient dans un contexte de croissance des projets de transport par câble en Europe, portés par leur faible empreinte carbone et leur intégration urbaine.

D’après nos confrères de BFM Business, qui ont évoqué ces informations dans leur édition du 19 mars 2026, Poma confirme ainsi sa position de référence dans le domaine. Le téléphérique de Grenoble Bastille, inauguré en 1934 et modernisé à plusieurs reprises, reste un symbole de l’innovation française en matière de mobilité douce. Avec une longueur de 760 mètres et un dénivelé de 266 mètres, il transporte chaque année plusieurs millions de voyageurs, aussi bien locaux que touristes.

Un contrat allemand pour renforcer l’expansion européenne de Poma

Côté Allemagne, Poma n’a pas encore révélé l’identité de la ville concernée ni les caractéristiques techniques du projet. Les contrats récents dans ce secteur en Europe concernent souvent des lignes de téléphérique urbain destinées à désenclaver des quartiers périphériques ou à relier des pôles multimodaux. Avec des villes comme Berlin, Munich ou Hambourg étudiant des solutions similaires, ce contrat pourrait s’inscrire dans une dynamique plus large. Selon les observateurs du secteur, les atouts des téléphériques — absence de trafic au sol, rapidité de déploiement, coût d’exploitation réduit — en font une alternative crédible aux tramways ou bus en site propre.

Poma, qui fait partie du groupe HTI Group, précise que ce projet s’ajoute à son portefeuille déjà dense en Europe. En 2025, le groupe avait notamment remporté un contrat pour une ligne de téléphérique à La Paz, en Bolivie, confirmant son ancrage international. En France, outre Grenoble, Poma opère également le téléphérique de Brest et participe à des projets comme celui du téléphérique de Toulouse, dont l’ouverture est prévue pour 2027.

Un marché en pleine expansion, tiré par la transition écologique

Le développement des téléphériques urbains s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des émissions de CO₂ dans les transports. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, les systèmes de transport par câble émettent en moyenne 10 à 20 fois moins de CO₂ par passager/km qu’un bus diesel. En Allemagne, où la transition énergétique est une priorité nationale, plusieurs villes ont lancé des appels d’offres pour ce type d’infrastructures ces deux dernières années.

— « Les téléphériques urbains répondent à un double enjeu : désengorger le trafic et réduire la pollution en milieu urbain », a indiqué un porte-parole de Poma à nos confrères de BFM Business. « Leur intégration paysagère et leur rapidité de mise en service en font une solution idéale pour les collectivités. »

Et maintenant ?

Le calendrier exact du projet allemand devrait être précisé dans les prochains mois, une fois les études techniques et les consultations publiques achevées. Côté France, l’ouverture du téléphérique de Toulouse en 2027 pourrait servir de référence pour d’autres métropoles. D’ici la fin 2026, Poma devrait également annoncer de nouveaux contrats en Europe de l’Est et en Asie, où la demande pour des solutions de mobilité durable explose. Reste à voir si ces projets se concrétiseront dans les délais impartis, dans un contexte économique encore marqué par des tensions sur les coûts des matières premières.

Pour l’heure, une chose est sûre : les téléphériques, longtemps cantonnés aux stations de ski ou aux sites touristiques, s’imposent peu à peu comme un pilier des réseaux de transport du futur. Avec un portefeuille de projets qui s’étend désormais sur quatre continents, Poma illustre cette tendance, tout en rappelant que la France reste un laboratoire d’innovation en la matière.

Le téléphérique de Grenoble Bastille, exploité par Poma, transporte jusqu’à 1 800 passagers par heure et par sens. Il est composé de deux cabines de 60 places chacune, avec une fréquence de passage d’environ 1 cabine toutes les 45 secondes en heure de pointe.

Parmi les principaux concurrents de Poma figurent le suisse Garaventa (groupe Doppelmayr Garaventa) et l’autrichien Leitner Ropeways. Ces trois groupes dominent le marché mondial des téléphériques, avec une forte présence en Europe et en Amérique du Nord.