Le Brexit a entraîné une conséquence inattendue sur le marché des joueurs de football anglais de moins de 15 ans, selon Jacek Kulig, scout indépendant. Les clubs anglais, qui ne peuvent plus piocher dans le marché européen, se rabattent sur leur propre vivier, où l'offre est logiquement limitée, ce qui fait s'envoler les prix.

Les suiveurs de football le savent bien : la surface financière des clubs anglais n’a pas d’équivalent dans le monde. Portés par des droits TV colossaux, proche des deux milliards d’euros, les 20 clubs de Premier League ont une surface financière presque illimitée. Sur chaque période de transfert, ils n’ont donc aucun scrupule à enchaîner les mouvements à plusieurs dizaines de millions d’euros et des salaires en conséquence.

Les clubs anglais investissent dans les jeunes joueurs

Investir des sommes faramineuses sur de très jeunes joueurs n’est plus un tabou pour les clubs anglais. Au contraire, les clubs font désormais tout pour les attirer avant même leur majorité. Manchester United a par exemple dépensé 80 millions d’euros pour s’attacher les services de Leny Yoro, 18 ans et une saison et demie dans les pattes. Même situation pour Liverpool avec Jérémy Jacquet (18 ans, vendu 70 millions d'euros) ou Chelsea avec Estevao (18 ans, 45 millions d'euros).

Liverpool a allongé 3 millions d’euros pour s’offrir Rio Ngumoha, 17 ans, pendant que Manchester City dépensait 500.000 euros sur Leon Angel, 14 ans seulement. Et si le transfert de joueurs mineurs n’est pas nouveau, les sommes qu’il génère sont en revanche inédites, la faute au Brexit.

Le Brexit, une cause de l'inflation des prix

« Les transferts internationaux ne sont autorisés que pour des joueurs de plus de 18 ans, atteste la FIFA dans ses règlements. Avec une exception notable si « le transfert a lieu dans le territoire de l’Union européenne ». En quittant le marché européen, la Premier League s’est donc coupé des jeunes prodiges de tout le continent », a expliqué Jacek Kulig.

Un agent français bien implanté en Angleterre a observé que « depuis le Brexit, il recevait 4 à 5 fois plus d’appels pour ses joueurs mineurs. C'est devenu habituel de vendre un joueur de 16 ans plusieurs centaines de milliers d’euros alors qu’avant, il galérait à les sortir pour 100.000 euros ».

Les conséquences de cette inflation

Les clubs les plus riches se sont même spécialisés dans ces mouvements. Avec le nouveau règlement de la Premier League, qui impose de dégager des revenus avant de pouvoir dépenser, ces formations dépensent sans compter pour attirer le plus tôt possible les talents et ne pas avoir à payer le prix fort lorsqu’ils se seront développés ailleurs. « Ce sont des investissements très long-terme », a détaillé Jacek Kulig. Les recruteurs sont poussés à trouver des joueurs toujours plus jeunes pour les payer le moins cher possible et espérer une plus-value s’ils se développent bien.

Mais cet échec, ou ces dizaines d’échecs selon les clubs, sont des pertes acceptables pour les mastodontes de Premier League. Car il suffit d’une réussite, valorisée à plusieurs dizaines de millions d’euros, pour ressortir bénéficiaire de cette frénésie.

Les prochaines étapes

Il est difficile de prédire comment cette situation va évoluer, mais il est clair que les clubs anglais vont continuer à investir dans les jeunes joueurs. Les supporters de football devront suivre de près les transferts et les développements dans les prochaines semaines et mois pour voir comment cette situation se déroule.

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