Si l’on vous demande de situer le Groenland à côté de l’Afrique, la plupart d’entre nous imaginent sans doute deux masses terrestres de taille comparable. Pourtant, le Groenland est en réalité 15 fois plus petit que le continent africain. Cette distorsion, que l’on doit à la projection de Mercator, reste aujourd’hui la représentation cartographique la plus répandue dans le monde, selon France 24.
Ce qu'il faut retenir
- La projection de Mercator, publiée en 1569, est à l’origine de la représentation standard des cartes géographiques.
- Cette méthode déforme les tailles relatives des pays : les régions proches des pôles (Groenland, Canada) apparaissent beaucoup plus grandes qu’elles ne le sont en réalité.
- L’Afrique, continent de 30 millions de km², est ainsi sous-représentée par rapport à une vision où le Groenland, soit 2,16 millions de km², occupe un espace similaire.
- Malgré ses limites, la projection de Mercator reste la référence dans les manuels scolaires et les logiciels de cartographie en ligne.
Conçue par le cartographe flamand Gérard Mercator il y a plus de quatre siècles et demi, cette projection a été imaginée à une époque où les explorateurs européens cherchaient à perfectionner leurs outils de navigation. D’après France 24, son objectif était avant tout de représenter les routes maritimes avec précision, en conservant les angles entre les méridiens et les parallèles — une propriété dite « conforme ».
Pourtant, cette méthode a un inconvénient majeur : elle agrandit démesurément les surfaces au fur et à mesure que l’on se rapproche des pôles. Ainsi, l’Europe et l’Amérique du Nord, situées dans les latitudes tempérées, bénéficient d’une représentation plus fidèle que les régions boréales ou australes. «
Le Groenland apparaît aussi grand que l’Afrique alors qu’il n’occupe en réalité que 14 % de sa superficie,» précise Alain Mionnet, géographe à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), cité par France 24.
Cette distorsion n’est pas qu’un simple détail technique. Elle influence notre perception du monde et, dans certains cas, peut alimenter des représentations géopolitiques biaisées. Par exemple, l’Europe, souvent perçue comme un continent dominant, apparaît sur les cartes de Mercator comme une puissance équivalente à l’Afrique — alors que cette dernière est 14 fois plus étendue. France 24 souligne que ces représentations ont pu, historiquement, renforcer des stéréotypes liés à la taille des territoires et à leur importance relative.
Les enseignants et les éditeurs de manuels scolaires sont de plus en plus sensibilisés à cette question. Certains pays, comme la France, commencent à intégrer des cartes alternatives dans leurs programmes éducatifs, mais cette transition reste lente. France 24 note que l’Union européenne réfléchit à des recommandations pour promouvoir des représentations plus équitables des continents.
Quant aux géants du numérique, comme Google Maps ou Apple Plans, ils continuent de s’appuyer sur Mercator pour des raisons de compatibilité technique et de simplicité. Pourtant, des voix s’élèvent pour demander une refonte des standards cartographiques, surtout à l’ère du numérique où les cartes sont consultées par des milliards d’utilisateurs chaque jour.
Reste à savoir si, un jour, le monde adoptera une nouvelle manière de se représenter — ou si Mercator, malgré ses défauts, restera à jamais ancré dans notre imaginaire collectif.
Cette projection conserve les angles, ce qui la rend pratique pour la navigation maritime et aérienne. De plus, son adoption massive depuis des siècles en a fait une référence technique difficile à remplacer, malgré ses biais géométriques.
Parmi les plus connues figurent la projection de Peters, qui met l’accent sur les tailles réelles des continents, et celle de Robinson, qui cherche un compromis entre fidélité des formes et des superficies. D’autres, comme la projection de Mollweide, sont utilisées en astronomie.
