Le 25 mars, le tribunal des activités économiques de Lyon a rejeté le projet de reprise d'une partie des activités et des infrastructures de Vencorex, Exalia, selon nos confrères de BFM Business. Ce projet, soutenu par le ministre de l'industrie en novembre dernier, visait à relancer une production française de soude, de chlore et d'acide chlorhydrique. L'entrepreneur Olivier Six, l'un des acteurs du projet Exalia, a déclaré que « à notre immense surprise ce matin, on a appris que notre offre n'était pas retenue » par le tribunal des activités économiques (TAE) de Lyon.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de reprise d'une partie des activités et des infrastructures de Vencorex, Exalia, a été rejeté par le tribunal des activités économiques de Lyon.
  • Le projet Exalia visait à produire de façon décarbonée 110.000 tonnes par an d'acide chlorhydrique, de soude et de chlore liquide.
  • Le tribunal a en revanche validé la cession d'une partie des terrains à Suez et « attribué la totalité de la ferraille de la plateforme à un ferrailleur ».

Contexte et enjeux

Le projet Exalia, « projet de souveraineté (et) stratégique », devait permettre de créer autour de 150 emplois à horizon un an et jusqu'à 500 emplois à plus long terme, selon Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. La société Vencorex avait fermé ses portes au printemps 2025, entraînant le licenciement de 400 salariés. Seule l'activité des tolonates, à plus forte valeur ajoutée, a été conservée par BosodChem et le groupe Wanhua, avec une cinquantaine de salariés.

Le contexte historique et politique de ce dossier est marqué par les difficultés de l'industrie chimique française. La production historique du groupe, la production de sel et de chlore, a donc pris fin, laissant ainsi à l'arrêt une grande partie des installations sur cet immense site industriel situé aux portes de Grenoble, avec des enjeux importants de démantèlement et de dépollution.

Reactions et conséquences

La décision du tribunal des activités économiques de Lyon a suscité de vives réactions. Olivier Six a déclaré que « c'est la totale incompréhension, un écoeurement inimaginable ». Séverine Dejoux, ancienne déléguée syndicale de Vencorex et coporteuse du projet Exalia, a ajouté que « ce qui a été décidé, c'est de donner cette offre à un ferrailleur. C'est un symbole quand même fort, c'est-à-dire qu'on préfère démanteler plutôt que se dire qu'il y a une chance que ce projet aboutisse ».

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a réagi en déclarant que « c'est le symbole de l'abandon de l'industrie française, c'est un scandale national ! ». Elle a demandé au ministre de l'industrie, Sébastien Martin, de « nationaliser, ce qui permettrait de relancer (le) projet, (...) soutenu par la BPI », la Banque publique d'investissement.

Et maintenant ?

Les porteurs du projet Exalia ont annoncé qu'ils allaient « épuiser probablement toutes les voies de recours possibles » pour contester la décision du tribunal des activités économiques de Lyon. La procureure de Lyon devra désormais porter un éventuel recours contre cette décision. Le ministre de l'industrie, Sébastien Martin, est attendu pour prendre position sur ce dossier, qui devrait être débattu dans les prochaines semaines.

En conclusion, le rejet du projet de reprise d'une partie des activités et des infrastructures de Vencorex, Exalia, par le tribunal des activités économiques de Lyon, a suscité de vives réactions et a mis en lumière les difficultés de l'industrie chimique française. Les prochaines semaines devraient être décisives pour l'avenir de ce projet et de l'industrie chimique française en général.