Pour la première fois depuis deux semaines, le prix moyen du carburant le plus consommé en France, le SP95-E10, a de nouveau franchi ce mardi la barre symbolique des 2 euros le litre en moyenne. Selon BFM Business, cette hausse intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, dont les répercussions sur les marchés énergétiques restent sensibles.
Ce qu'il faut retenir
- Le SP95-E10 s’affiche à 2,002 euros le litre en moyenne ce mardi, en hausse de 0,7 centime par rapport à la veille.
- Le SP98 coûte 2,087 euros en moyenne, tandis que le gazole, carburant le plus vendu en France, atteint 2,208 euros le litre.
- Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix ont augmenté de 18 centimes pour le SP95-E10, 16 centimes pour le SP98 et 23 centimes pour le gazole.
- Le gouvernement assure qu’« il n’y a pas d’inquiétude » quant à l’approvisionnement en carburant pour le mois de mai, malgré cette remontée des prix.
- Les données sont issues du site www.prix-carburants.gouv.fr, où les stations-service ont l’obligation de déclarer leurs tarifs depuis 2006.
Une hausse qui s’inscrit dans une dynamique récente
Ce retour au-dessus des 2 euros pour le SP95-E10 marque un rebond après une brève accalmie. Le 15 avril dernier, le carburant avait en effet repassé sous ce seuil, une semaine seulement après la conclusion d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Pourtant, cette embellie n’aura été que de courte durée : les prix ont rapidement repris une lente tendance haussière, comme en témoigne la hausse de 0,7 centime enregistrée entre lundi et mardi.
Cette fluctuation s’explique en grande partie par les tensions persistantes au Moyen-Orient, où les craintes d’une dégradation de la situation ou d’un nouvel embrasement continuent de peser sur les approvisionnements pétroliers. Selon les données de l’AFP, compilées à partir des informations gouvernementales, le SP95-E10 a désormais retrouvé un niveau de prix proche de celui observé le 1er avril, date à laquelle il avait pour la première fois franchi le cap des 2 euros depuis plusieurs mois.
Un écart de prix significatif depuis le début du conflit
La guerre qui oppose depuis fin février Israël et les États-Unis à l’Iran a profondément perturbé les équilibres du marché pétrolier mondial. En France, les conséquences se mesurent directement à la pompe. Par rapport au 27 février, veille du déclenchement des hostilités, le litre de SP95-E10 coûte aujourd’hui 18 centimes de plus. Pour le SP98, la hausse est de 16 centimes, tandis que le gazole, carburant le plus consommé en France, voit son prix augmenter de 23 centimes sur la même période.
Cette inflation des prix des carburants intervient dans un contexte où les ménages français sont déjà soumis à une pression budgétaire accrue. Le pouvoir d’achat, déjà fragilisé par l’inflation générale, se trouve ainsi encore mis à l’épreuve par ces hausses répétées. Les professionnels du secteur rappellent que la volatilité des prix reste directement corrélée aux événements géopolitiques, et que toute escalade des tensions pourrait entraîner de nouvelles flambées.
Des carburants plus chers, mais pas de pénurie à l’horizon
Malgré cette remontée des prix, les autorités assurent que l’approvisionnement en carburants n’est pas menacé. Mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réitéré sur France Inter qu’il n’y avait « pas d’inquiétude » pour le mois de mai. « On n’a pas eu de pénurie en avril » et « je n’ai pas non plus d’inquiétude pour le mois de mai », a-t-il déclaré, reprenant des termes similaires à ceux employés par la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon.
Interrogée sur franceinfo, cette dernière a également balayé toute crainte de rupture d’approvisionnement, affirmant qu’il n’y avait « aucun risque de pénuries » d’essence, de diesel ou de kérosène « pour les semaines à venir ». Ces déclarations visent à rassurer les consommateurs, alors que les prix élevés pourraient alimenter des inquiétudes quant à une possible raréfaction des stocks.
Comment sont calculés ces prix ?
Les tarifs affichés par les stations-service sont collectés quotidiennement et mis à disposition du public sur le site www.prix-carburants.gouv.fr. Depuis 2006, les quelque 11 000 stations-service françaises ont l’obligation légale de déclarer leurs prix en temps réel. Ces données, centralisées par les services du gouvernement, sont ensuite analysées et publiées en libre accès par des médias comme BFM Business ou l’AFP.
Ce mardi, les moyennes publiées concernent un échantillon de 7 441 stations pour le SP95-E10, 7 680 pour le SP98 et 9 549 pour le gazole. Les territoires ultramarins ainsi que la Corse sont exclus de ces calculs, conformément aux pratiques habituelles.
En attendant, les automobilistes devront composer avec des prix qui, même s’ils restent en deçà des records observés en 2022, restent bien supérieurs à ceux d’avant le conflit. Une situation qui rappelle, une fois de plus, la sensibilité des marchés énergétiques aux aléas géopolitiques.
Le SP95-E10 est le carburant le plus vendu en France car il est compatible avec la quasi-totalité des véhicules essence immatriculés depuis les années 2000. Il contient jusqu’à 10 % d’éthanol, un biocarburant produit localement, ce qui en fait une option à la fois économique et écologique pour de nombreux conducteurs. Son prix, souvent inférieur à celui du SP98, contribue également à son succès.