Alors que le Marathon de Paris approche, avec plus de 60 000 coureurs inscrits, dont 49% de primo-participants, la question se pose : tout le monde peut-il vraiment devenir marathonien ? Selon Franceinfo - Sport, une expérience originale menée à l'université de Saint-Etienne se penche sur cette question.

Le projet « 0 to 100 » vise à transformer 20 hommes et 20 femmes sédentaires en finishers d’un ultra-trail de 100 km. L’un des objectifs est de tenter de transformer des non-sportifs en super marathoniens, pour les amener à terminer l'ultra-trail du Mont-Blanc, l’une des courses les plus difficiles au monde.

Ce qu'il faut retenir

  • 49% des participants au Marathon de Paris sont des primo-participants.
  • Le projet « 0 to 100 » à l’université de Saint-Etienne vise à transformer des sédentaires en finishers d’un ultra-trail de 100 km.
  • L'ultra-trail du Mont-Blanc est considéré comme l’une des courses les plus difficiles au monde.

Le défi de l'entraînement

Une des volontaires pour ce test, Blandine, 44 ans et mère de famille, vient de se racheter une paire de baskets roses pour l'expérience. Elle n’a pas fait de sport depuis plus de 20 ans et travaille en télétravail, ce qui rend son quotidienrather sédentaire. « Je travaille de chez moi, en télétravail, c'est un peu une vie de feignante, j'ai des difficultés à m'activer pour quoi que ce soit », explique-t-elle.

Pendant les 18 mois de préparation prévus, jusqu'à l'été 2027, Blandine bénéficie d'un coach à distance et de trois week-ends d'entraînement collectifs. « On a commencé le programme depuis un mois, ça reste des séances relativement courtes, décrit-elle. Pour l'instant, en semaine, c'est une trentaine de minutes. Le week-end, ça peut être une heure, une heure et quart. »

Les tests médicaux

Ces 40 volontaires ont d'abord passé une batterie de tests médicaux juste à côté du CHU de Saint-Étienne, dans l'un des laboratoires de l’université Jean Monnet. « On a mesuré l'endurance cardio-respiratoire et la force musculaire », explique Guillaume Millet, le responsable scientifique du projet.

Les images des participants qui courent sur un tapis roulant, bardés de capteurs, montrent clairement les défis auxquels ils sont confrontés. « Les images parlent d'elles-mêmes. On a vraiment des participants et des participantes qui ne savent littéralement pas courir ! » souligne Guillaume Millet.

La sécurité des coureurs

L’organisation du marathon de Paris ne badine pas avec la sécurité des coureurs. Ceux-ci sont sensibilisés en amont à l'importance d’un suivi médical et d'un entraînement régulier. Il n’y a que 3% d'abandon sur le marathon de Paris, rappelle Thomas Delpeuch, directeur des épreuves grand public.

« Ça se joue aussi beaucoup dans la tête, pour les marathoniens, assure-t-il. Ce ne sont pas forcément des blessures, c'est plutôt une faiblesse physique, des crampes, des difficultés gastriques qui peuvent aussi pénaliser ce type d'effort. »

Et maintenant ?

Alors que le Marathon de Paris approche, les organisateurs et les participants restent vigilants. Les résultats de l'expérience de Saint-Étienne seront attendus avec intérêt pour comprendre mieux les défis de l'entraînement et les limites de l'endurance humaine. Pour l'instant, les coureurs se préparent pour l'événement du 12 avril, avec l'espoir de réussir leur marathon.

En conclusion, devenir marathonien nécessite un entraînement régulier, une préparation minutieuse et une prise en compte sérieuse de la sécurité. Les défis sont nombreux, mais avec de la détermination et du travail, tout le monde peut y arriver, comme le souligne Guillaume Millet : « L'entraînement paie toujours, tout le monde va s'améliorer sur les paramètres dits 'aérobie', c'est-à-dire l'endurance, la consommation maximale d'oxygène. »