Depuis le 10 avril et jusqu’au 3 mai 2026, l’atrium du centre commercial Beaugrenelle à Paris s’est métamorphosé en une jungle luxuriante et colorée, signée de l’illustratrice française Léona Rose. Selon Franceinfo – Culture, cette collaboration s’inscrit dans le cadre de l’événement « Beaugrenelle in Bloom », qui célèbre l’arrivée du printemps à travers une interprétation poétique de l’écosystème local, mêlant architecture urbaine et biodiversité. Suivie par plus de 450 000 abonnés sur les réseaux sociaux, Léona Rose, diplômée des Beaux-Arts de Paris, y déploie son univers végétal et onirique, marqué par des animaux emblématiques comme les abeilles, les oiseaux ou les poissons de la Seine.

Cette opération s’ajoute à la programmation culturelle annuelle du centre, qui place l’art et la création au cœur de l’expérience client. « On n’est pas qu’un lieu de shopping, mais aussi un lieu de vie », souligne Audrey Avrane, directrice de Beaugrenelle Paris, dans un entretien accordé à Franceinfo – Culture. Le centre, qui compte 8 000 m² de toits végétalisés, met en avant ses engagements environnementaux et sa responsabilité sociétale à travers des installations éphémères comme celle-ci. Les décors, co-construits avec l’artiste, s’appuient sur des matériaux non feu et des techniques d’impression numérique pour transformer la passerelle, les garde-corps et les sols de l’atrium en un espace immersif.

Ce qu'il faut retenir

  • Une collaboration artistique éphémère : Léona Rose redonne vie à l’atrium de Beaugrenelle jusqu’au 3 mai 2026, avec une fresque printanière immersive.
  • Un dialogue entre nature et architecture : Les créations mettent en lumière les symboles locaux (abeilles, oiseaux, poissons) et s’inspirent des 8 000 m² de toits végétalisés du centre.
  • Un engagement RSE mis en avant : L’événement s’inscrit dans la stratégie du centre, qui place l’art et la durabilité au cœur de son expérience client.
  • Des œuvres en édition limitée : Une partie des illustrations sera reproduite en prints vendus au profit d’associations comme la Maison des femmes.
  • Une sélection artistique réfléchie : Beaugrenelle collabore avec des artistes en vogue, dont les univers s’harmonisent avec l’identité du lieu, comme ce fut le cas avec Jo Di Bona en 2024.

Une résonance entre architecture et biodiversité

Pour Léona Rose, le principal défi de cette création résidait dans l’équilibre entre les structures existantes du centre et l’univers naturel qu’elle souhaitait y insuffler. « Le challenge, c’était d’avoir une résonance entre l’architecture existante et la nature », explique-t-elle. L’artiste, connue pour ses fresques réalisées aux quatre coins du monde (Maroc, États-Unis, Grèce, Espagne), a puisé son inspiration dans des paysages luxuriants et des cultures colorées, notamment en Amérique latine. Son approche pour « Beaugrenelle in Bloom » a consisté à fusionner ces références avec les éléments iconiques du lieu : la verrière du centre, inspirant des tons de bleu, et la biodiversité environnante, représentée par des coccinelles, des hirondelles ou des saules pleureurs.

Les décors, appliqués sur des éléments classés non feu, transforment l’espace en un écosystème hybride. Les garde-corps, les vitrines et l’escalier de l’atrium sont recouverts d’illustrations numériques, tandis qu’un espace photo et des animations complètent l’immersion. Audrey Avrane précise que ce travail a nécessité une coordination quotidienne entre l’artiste et les équipes du centre : « On s’est imprégnés de l’énergie du lieu avant de commencer. L’objectif n’était pas de plaquer une fresque, mais de la co-construire. »

Beaugrenelle, un lieu où l’art rencontre le commerce

Depuis sa création, Beaugrenelle intègre l’art dans son ADN, comme en témoignent ses partenariats avec la FIAC ou ses installations passées, comme la planète Terre de Luke Jerram en 2020. « L’art fait partie de notre ADN, car notre architecture même, signée par le cabinet Valode et Pistre, a toujours dialogué avec la création », rappelle Audrey Avrane. Pour la directrice, ces collaborations répondent à une volonté de diversifier l’expérience proposée aux visiteurs, au-delà de l’acte d’achat. « On aime faire venir des artistes, car on n’est pas qu’un lieu de shopping, mais aussi un lieu de vie », ajoute-t-elle.

La programmation annuelle de Beaugrenelle s’articule autour des saisons, avec des événements calés sur les temps forts de l’année : mode, tourisme, mobilité douce ou fêtes de fin d’année. « On intervient à chaque temps fort, en essayant d’accompagner les saisons mode, explique Audrey Avrane. Le printemps est un moment clé, car il coïncide avec le renouvellement des intérieurs et des garde-robes, ce qui nous permet de mettre en avant nos engagements RSE, comme nos toits végétalisés. » En 2024, le centre avait marqué les esprits avec un Arc de Triomphe suspendu signé Jo Di Bona, une œuvre conçue pour célébrer l’esprit parisien à l’approche des Jeux Olympiques.

Une démarche artistique ancrée dans le partage et l’engagement

Pour Léona Rose, cette collaboration avec Beaugrenelle s’inscrit dans une démarche plus large de transmission et de partage de son art. Outre ses fresques murales dans des orphelinats et des ONG à l’étranger (Bali, Guatemala, Cambodge), elle anime des ateliers participatifs, notamment avec des enfants. « Ce que je préfère, ce sont les dessins d’enfants : ils ont des idées hyperfarfelues mais se brident car ils ont trop de références, confie-t-elle. Mon but, c’est de les guider pour qu’ils osent créer, même si c’est imparfait. » Son approche artistique repose aussi sur une quête de reconnexion à soi, une philosophie qu’elle applique à sa propre pratique : « Je ne peux pas créer si je sors du métro énervée. J’ai besoin de silence et de paix, d’où l’importance du yoga et de la méditation dans mon processus créatif. »

La fresque réalisée pour Beaugrenelle ne sera pas uniquement éphémère. Une série de prints en édition limitée, dont les fonds seront reversés à des associations comme la Maison des femmes ou Un cadeau pour la vie (pour le bien-être des enfants hospitalisés), sera proposée aux visiteurs. « J’aime le principe de recevoir et de donner, souligne Léona Rose. Ces œuvres pourront aussi trouver une seconde vie dans les bureaux du centre ou dans d’autres espaces. » L’artiste collabore également avec des marques, comme la créatrice Celia B, pour laquelle elle a conçu des motifs, ou la Maison Thevenon, avec qui elle a lancé une collection de papiers peints.

Et maintenant ?

Alors que « Beaugrenelle in Bloom » se poursuit jusqu’au 3 mai 2026, le centre pourrait prolonger cette dynamique artistique en annonçant de nouvelles collaborations pour les prochaines saisons. Audrey Avrane évoque déjà des projets autour de la mobilité douce à l’automne et des fêtes de fin d’année, avec une attention particulière portée à l’innovation et à la durabilité. Quant à Léona Rose, elle devrait poursuivre ses fresques participatives à l’international, tout en développant ses propres collections. Reste à voir si cette résidence à Paris, marquée par une immersion dans l’écosystème local, inspirera de nouvelles créations pour l’artiste.

Pour les visiteurs de Beaugrenelle, cette exposition offre une parenthèse poétique dans un lieu souvent associé à la consommation. En transformant l’atrium en un espace à la fois esthétique et pédagogique, l’événement rappelle que les centres commerciaux peuvent aussi être des vitrines de la culture et de l’engagement écologique. Une initiative qui pourrait, à terme, inspirer d’autres enseignes à suivre cette voie.

Les fonds issus de la vente des prints en édition limitée seront reversés à des associations comme la Maison des femmes et Un cadeau pour la vie, qui intervient pour le bien-être des enfants hospitalisés. Ces partenariats s’inscrivent dans la démarche RSE de Beaugrenelle.