Selon nos confrères de Le Figaro, les soignants de Marseille ont organisé un rassemblement pour dénoncer les violences dont ils sont victimes. Cette initiative fait suite à la journée européenne contre les violences faites aux professionnels de santé, qui a eu lieu le 12 mars.

Ce cri du cœur annuel des soignants du sud-est de la France a pour but de sensibiliser les pouvoirs publics à la recrudescence des violences dans le milieu médical. Les dernières données soulignent que près de 21 000 signalements de violences envers les soignants ont été recensés en 2024 dans tous les établissements de soin, dont 45% concernent des infirmiers.

Ce qu'il faut retenir

  • 21 000 signalements de violences envers les soignants ont été recensés en 2024
  • 45% de ces violences concernent des infirmiers
  • La région Paca est particulièrement touchée, avec 368 incidents déclarés en 2024 dans le département des Bouches-du-Rhône

Les chiffres alarmants

Le Dr Marie-Claire Tuffery, médecin généraliste dans le Var et élue de l'Union régionale des professionnels de santé médecins libéraux (URPS ML Paca), a énuméré les chiffres : « Les dernières données soulignent que près de 21 000 signalements de violences envers les soignants ont été recensés en 2024 dans tous les établissements de soin. 45% d’entre eux concernent des infirmiers ».

Ces chiffres sont en nette augmentation, et la région Paca est particulièrement touchée. Le département des Bouches-du-Rhône recense à lui seul pas moins de 368 incidents déclarés sur l’année 2024, soit 200 de plus qu’entre 2022 et 2023.

Les causes de ces violences

Les agresseurs sont le plus souvent les patients ainsi que leur famille. Généralement, les victimes ne déposent pas plainte et de nombreuses procédures sont classées sans suite car insuffisamment caractérisées, selon le Dr Tuffery.

Les espoirs des soignants de voir ces violences être plus sévèrement réprimées par l’action judiciaire et des pouvoirs publics avaient été confortés par le vote de la loi Pradal visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé en 2025. Mais près d’un an après sa publication, les décrets d’application n’ont pas tous été publiés.

Les réactions des soignants

Sophie, représentante d’un syndicat pour les infirmiers dans le sud-est de la France, a déclaré : « La loi est passée, mais rien n’a changé depuis l’an dernier ». Myriam Duplaix, infirmière libérale syndiquée, a ajouté : « Tout le monde est concerné par les violences physiques, verbales et sexuelles. Dans certaines cités des Bouches-du-Rhône, le simple fait d’être une femme nous complique la tâche, alors qu’on est probablement les derniers à venir pour soigner ces habitants ».

Et maintenant ?

Les soignants réclament une réponse pénale claire et dissuasive. Le Dr Jean-Marc Bensoussan, médecin généraliste dans les Bouches-du-Rhône et membre du collectif « Médecins pour demain », a déclaré : « On demande une réponse pénale claire et dissuasive. Il faut que la société prenne conscience que les soignants sont protégés par la loi ».

Les prochaines étapes devraient inclure des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des soignants et prévenir les violences à leur encontre. Les pouvoirs publics devraient prendre des décisions pour appliquer les décrets d’application de la loi Pradal et renforcer les sanctions contre les agresseurs.