Depuis quelques années, l'intelligence artificielle (IA) est devenue un sujet de discussion majeur dans le monde des affaires et de la technologie. Selon nos confrères de Numerama, un rapport fictif de Citrini Research imagine qu'une IA « trop » performante pourrait déclencher une crise économique mondiale en juin 2028. Le scénario décrit explique que la substitution massive des cols blancs par des IA comprimerait salaires et consommation, créant un « PIB Fantôme » où la production n'a plus d'acheteurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rapport fictif de Citrini Research imagine qu'une IA « trop » performante pourrait déclencher une crise économique mondiale en juin 2028.
  • La substitution massive des cols blancs par des IA comprimerait salaires et consommation, créant un « PIB Fantôme » où la production n'a plus d'acheteurs.
  • Des analystes comme Sébastien Krier (DeepMind) relativisent toutefois la thèse, estimant que l'IA transformera les emplois et que préférences humaines et frictions institutionnelles limiteront une automatisation totale d'ici 2028.

Le scénario de Citrini Research

Le scénario décrit par Citrini Research est alarmant. En 2028, tout le monde utilise l'IA et les principales entreprises ont globalement toutes passé le cap de l'automatisation. Mais voilà, tout fonctionne bien, voire trop bien. Le mécanisme mis en exergue par Citrini est assez simple : c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue. D'abord, les entreprises remplacent leurs employés les plus coûteux (avocats, codeurs, chefs de projet) par des IA. Les coûts s'effondrent, la productivité explose et les profits s'envolent.

Le problème, c'est que ces employés licenciés étaient aussi les principaux consommateurs. En coupant les salaires de la classe moyenne, les entreprises ont, sans le voir, coupé leur propre chiffre d'affaires futur. C'est ce que Citrini appelle le « PIB Fantôme » (ou Ghost GDP) : une économie zombie où les machines produisent énormément de richesses et de services, mais où plus personne n'a d'argent pour les acheter.

Les limites de l'automatisation

Si la thèse vendue par Citrini a le mérite de poser les bonnes questions, elle reste volontairement alarmiste et surtout très précoce selon plusieurs analystes. En deux années seulement, rien ne garantit que les progrès promis seront au rendez-vous, tant les infrastructures dédiées peinent déjà à se développer. À côté de ce scénario noir, beaucoup remettent aussi en cause cette théorie en invoquant un mécanisme vieux comme le monde : les évolutions technologiques ne détruisent pas le travail, elles le transforment.

C'est précisément l'avis de Sébastien Krier, responsable des politiques d'IA chez Google DeepMind. Dans une analyse publiée avant le billet de Citrini, il démonte l'idée d'une obsolescence humaine à cause de l'IA d'ici 2028. Son argument tient en une image simple : celle du barman. Même si un robot peut théoriquement servir une bière plus vite et moins cher, la plupart des gens préféreront toujours l'interaction avec un humain.

Et maintenant ?

Pour l'instant, il est difficile de prédire avec certitude ce qui va se passer. Les progrès de l'IA sont constants et rapides, mais il est important de considérer les conséquences potentielles de ces progrès. Les entreprises et les gouvernements devraient prendre en compte les risques potentiels de l'automatisation et travailler à trouver des solutions pour minimiser les impacts négatifs sur l'économie et la société.

En conclusion, le scénario de Citrini Research est un avertissement important sur les risques potentiels de l'IA. Il est essentiel de prendre en compte les conséquences potentielles de ces progrès et de travailler à trouver des solutions pour minimiser les impacts négatifs sur l'économie et la société.