Les conférences motivantes, les réseaux sociaux saturés de figures brillantes ou encore les réunions professionnelles où l’intelligence cognitive semble primer : autant de cadres où le quotient intellectuel (QI) est érigé en étalon de valeur. Selon Top Santé, le psychologue belge Victor Küppers bouscule cette hiérarchie en recentrant le débat sur une qualité autrement plus précieuse et bien moins célébrée.
Ce qu'il faut retenir
- Victor Küppers, psychologue reconnu, remet en cause la glorification systématique de l’intelligence cognitive (QI) dans les sphères professionnelles et médiatiques.
- Il place l’attitude et l’intelligence émotionnelle au cœur de la valeur d’une personne, un trait selon lui bien plus rare et utile que le QI.
- Ses conférences et publications, largement relayées par Top Santé, gagnent en visibilité depuis plusieurs années, notamment auprès des managers et des professionnels de la santé.
- Küppers souligne que l’intelligence émotionnelle se manifeste par des comportements concrets : écoute active, empathie, résilience ou encore capacité à motiver autrui.
Dans ses interventions, Victor Küppers explique que la société actuelle accorde une importance disproportionnée à la performance intellectuelle, souvent mesurée par des tests standardisés ou des diplômes prestigieux. Pourtant, selon lui, « ce qui fait vraiment la différence, ce n’est pas tant ce que l’on sait, mais la manière dont on interagit avec les autres ». Autant dire que Küppers ne nie pas l’utilité du QI, mais il en relativise l’impact face à des qualités comme la persévérance, la gestion des émotions ou encore la capacité à inspirer.
Ses prises de parole, souvent teintées d’exemples concrets, rencontrent un écho particulier dans les milieux professionnels. Küppers rappelle que les entreprises, par exemple, ont tout intérêt à privilégier des collaborateurs dotés d’une intelligence émotionnelle élevée. « Un expert en finance peut avoir un QI de 140, mais s’il ne sait pas communiquer ou écouter, son impact sera limité », précise-t-il. Ses conférences, disponibles en ligne et régulièrement mises à jour, attirent des milliers de participants, principalement des cadres et des responsables RH.
« L’intelligence émotionnelle est comme un muscle : elle se travaille, se développe, et s’avère bien plus déterminante que le QI dans la réussite à long terme. »
— Victor Küppers, psychologue
Selon Top Santé, Küppers s’appuie sur des études en psychologie sociale pour étayer ses propos. Une enquête menée par l’université de Harvard en 2019, souvent citée par le psychologue, révèle que seulement 15 % de la réussite professionnelle dépend du QI, contre 85 % pour l’intelligence émotionnelle et les compétences relationnelles. Küppers y voit la preuve que « le monde a inversé les priorités ». Il déplore notamment l’obsession des réseaux sociaux pour les « génies » ou les « prodiges », qui occultent souvent des profils bien plus humains et inspirants.
Ses détracteurs lui reprochent parfois de minimiser l’importance de l’intelligence cognitive. Küppers balaye ces critiques : « Je ne dis pas que le QI n’a aucune valeur, mais il ne suffit pas à lui seul pour réussir ou être heureux ». Il cite des exemples de figures historiques, comme Albert Einstein, dont le QI était exceptionnel, mais dont la vie personnelle fut marquée par des difficultés relationnelles. À l’inverse, il met en avant des personnalités comme Nelson Mandela, dont l’intelligence émotionnelle et la résilience ont changé l’histoire.
Les travaux de Küppers trouvent également un écho croissant dans le milieu éducatif. Plusieurs établissements scolaires en France et en Belgique ont commencé à intégrer des modules dédiés à l’intelligence émotionnelle dans leurs programmes. Ces initiatives, encore marginales, pourraient gagner en ampleur si les résultats s’avèrent concluants. Pour l’heure, Küppers reste prudent : « Changer les mentalités prend du temps ».
L’intelligence émotionnelle ne s’évalue pas par un test unique comme le QI. Elle est généralement mesurée à travers des questionnaires psychométriques, comme le MSCEIT (Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test) ou des évaluations comportementales réalisées par des psychologues. Ces outils analysent des compétences comme l’empathie, la gestion du stress ou la reconnaissance des émotions.
Certaines entreprises, notamment dans les secteurs du conseil et de la santé, ont déjà adopté des programmes de développement de l’intelligence émotionnelle pour leurs équipes. Cependant, beaucoup restent prudentes, faute de données suffisantes sur le retour sur investissement. Küppers souligne que les organisations les plus avancées sont celles qui intègrent ces compétences dans leurs processus de recrutement et de formation.
