Dans une tribune publiée le 30 avril 2026 dans Le Monde, trois responsables de l’Institut Andreï-Sakharov exhortent l’Organisation des Nations unies à mobiliser, malgré les contraintes structurelles de l’organisation, l’ensemble des mécanismes à sa disposition pour tenter de résoudre le conflit en cours entre les États-Unis et l’Iran. Selon Le Monde, cette intervention s’inscrit dans un contexte où la « victoire de la force sur le droit » semble de plus en plus probable, si aucune action diplomatique concertée n’est engagée rapidement.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois représentants de l’Institut Andreï-Sakharov appellent l’ONU à agir face au conflit USA-Iran via une tribune publiée dans Le Monde.
  • L’objectif est d’utiliser « l’ensemble des mécanismes » disponibles au sein de l’organisation, malgré ses limites opérationnelles.
  • La tribune souligne le risque d’une « victoire définitive de la force sur le droit » si aucune solution multilatérale n’est trouvée.
  • L’Institut Andreï-Sakharov, fondé en hommage au physicien et dissident soviétique, milite depuis des décennies pour les droits humains et le droit international.

Une alerte sur la paralysie des institutions internationales

Les trois signataires de la tribune — dont le nom n’est pas précisé dans l’article du Monde — pointent du doigt la paralysie croissante des institutions multilatérales, à commencer par l’ONU, dans la gestion des crises géopolitiques actuelles. D’après Le Monde, ils estiment que les mécanismes existants, bien que perfectibles, pourraient encore jouer un rôle clé pour éviter une escalade militaire incontrôlable. Leur appel s’adresse directement au Secrétaire général de l’ONU, dont la capacité à mobiliser une réponse coordonnée reste, selon eux, sous-exploitée.

Le texte rappelle que l’ONU dispose d’outils juridiques et diplomatiques, comme les résolutions du Conseil de sécurité, les missions de bons offices ou encore les mécanismes de médiation, qui pourraient être activés en urgence. Selon Le Monde, les auteurs insistent sur le fait que « l’inaction actuelle risque de légitimer l’usage de la force comme seule solution viable », une perspective qu’ils qualifient de « dangereuse et régressive » pour l’ordre international.

Un conflit en pleine escalade depuis plusieurs mois

Le conflit entre Washington et Téhéran, qui dure depuis près de deux ans, a connu une nette aggravation depuis le début de l’année 2026. Les tensions se sont cristallisées autour de plusieurs dossiers : le programme nucléaire iranien, les frappes israéliennes en Iran, les représailles américaines dans le Golfe persique, et les cyberattaques attribuées à chaque camp. Comme le rapporte Le Monde, les incidents se multiplient, avec des attaques contre des navires marchands, des bases militaires et des infrastructures énergétiques, sans qu’aucune des parties ne semble prête à reculer.

Les négociations directes entre les deux pays, suspendues depuis novembre 2025, n’ont pas repris, malgré les appels répétés de l’Union européenne et de plusieurs États arabes. Les États-Unis, dirigés par l’administration sortante, ont adopté une posture de « fermeté maximale », tandis que l’Iran, dirigé par un régime ultra-conservateur depuis 2024, mise sur une stratégie d’usure pour faire plier Washington. Selon Le Monde, cette dynamique crée un climat d’incertitude où le risque d’un affrontement direct, même non intentionnel, est perçu comme élevé par les observateurs.

L’Institut Andreï-Sakharov : un acteur engagé pour le droit international

Fondé en 2009 en hommage au célèbre dissident soviétique, l’Institut Andreï-Sakharov est une organisation non gouvernementale basée à Berlin, spécialisée dans la promotion des droits humains et de la justice internationale. Ses dirigeants, comme les trois signataires de la tribune, sont souvent cités pour leurs prises de position tranchées contre les violations du droit international, qu’elles émanent d’États ou de groupes armés. D’après Le Monde, leur intervention s’inscrit dans une logique de dernier recours : alerter avant qu’il ne soit trop tard.

Dans leur appel, ils rappellent que l’ONU a déjà joué un rôle crucial dans la prévention de conflits similaires par le passé, notamment lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Selon Le Monde, ils soulignent que « les institutions existent, mais leur crédibilité est en jeu » si elles ne parviennent pas à endiguer cette escalade. Leur tribune s’adresse donc autant aux États qu’à l’opinion publique internationale, pour rappeler que le multilatéralisme n’est pas une option, mais une nécessité.

Et maintenant ?

La tribune de l’Institut Andreï-Sakharov pourrait relancer le débat sur la réforme des Nations unies, notamment au sein de l’Assemblée générale où plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, militent pour une revitalisation du rôle du Conseil de sécurité. Une réunion d’urgence du Conseil est attendue pour le 15 mai 2026, à la demande de plusieurs États membres, afin d’évaluer les options disponibles. Pour autant, la question de la capacité réelle de l’ONU à agir reste entière, compte tenu des vetos récurrents des États-Unis et de la Russie. Bref, la pression est désormais sur les épaules des diplomates pour éviter que la force ne l’emporte définitivement sur le droit.

La balle est désormais dans le camp des grandes puissances, qui devront trancher entre une escalade militaire ou un retour à la table des négociations. Comme le conclut Le Monde, l’urgence est à la fois diplomatique et symbolique : prouver que les institutions internationales peuvent encore faire la différence avant qu’il ne soit trop tard.

Les auteurs citent notamment les résolutions du Conseil de sécurité, les missions de bons offices (médiation directe par un représentant de l’ONU), les enquêtes indépendantes sur les violations du droit international, ainsi que les sanctions ciblées contre les responsables de l’escalade. Ils mentionnent aussi la possibilité de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) pour des différends juridiques.